Carnet de bord 2019, semaine 16 21/04/2019 – Publié dans : Carnet de bord – Mots-clé : , , , , , , , , , , , , ,

publie.net, le feuilleton, à retrouver chaque semaine, par GV.

lundi

Réservation d'un AR Paris - Montpellier pour la Comédie du livre en mai où nous aurons cette année un stand : 126€. Envoi des précommandes de Nouvelles de la ferraille et du vent à temps pour que chacun reçoive le livre le jour de la parution, ce mercredi : 32.90€. Envoi d'un Je les revois en service de presse au Royaume Uni en tarif lettre internationale : 10.40€. La confirmation que les Nouvelles de la ferraille et du vent plait à la journaliste télé qui en a fait la demande la semaine dernière et la préparation d'un rendez-vous pour l'enregistrement très bientôt : ça n'a pas de prix. Et on peut dire que c'est cool. Je termine aussi de reporter mes corrections et remarques dans l'ODT de Joachim pour Hh : j'ai eu le temps de cogiter un peu certaines de mes interrogations sur le texte, j'ai laissé reposer mes pensées. Parfois, tout est très factuel et je signale aussi ce qui me touche (***) :

D'autres fois, c'est plus nébuleux (et, bien sûr, si je me permets de commenter ainsi, c'est qu'avec Joachim on se connait un peu) :

XB, dont nous publierons le premier roman dans les prochains mois m'enverra bientôt la dernière version revue de son manuscrit. J'ai gardé, écrit-il, la première partie pour le nouveau chapitre 4 tandis que la seconde a été placée en nouveau chapitre 6 divisant ainsi l'ancien chapitre 5 en deux nouveaux chapitres 5 et 7 (j'espère être clair !)

 

mardi

La poésie (l'art) ne va pas, ne peut pas aller du silence à la parole mais, inversement et nécessairement, de la parole au silence. (J. Ancet)

Au lendemain de l'incendie de Notre Dame on s'interroge avec Julie sur la taille des piles de poches de Notre-Dame de Paris en vitrine des librairies, et qui dégainera le premier, quelle édition, qui va mettre en place des opérations avec surremise pour les libraires, etc., etc. (c'est un peu triste). Nos autres interrogations sont beaucoup plus terre à terre : quand déclencher les commandes groupées prises ces derniers jours (les librairies qui ont pris Rilke + Ferraille + Je les revois grosso modo), faire plusieurs envois ou un seul. Plutôt opter pour une commande globale mercredi prochain à parution du Fleury, c'est mieux d'imaginer Nouvelles de la ferraille et Je les revois ensemble (Rilke c'est un peu différent). Aussi : s'assurer que le Monte en l'air a bien reçu les exemplaires commandés pour le lancement mercredi prochain (oui) et appeler Sauramps pour savoir comment s'organisera la Comédie du livre cette année (notamment s'agissant des signatures de Michel Torres). Là, une libraire nous demande un Nouvelles de la ferraille en urgence, sa cliente en ayant besoin avant la fin de la semaine. Je l'enverrai donc moi-même par la Poste et nous régulariserons ensuite pour la facturation (autrement, devoir attendre la parution demain pour déclencher la commande, même si le délai est rapide, j'ai peur que ce soit trop juste). Le livre arrivera juste à temps vendredi (ouf).

Paysage augmenté avance bien. Deux fils de mail distincts (l'un pour le fichier intérieur, l'autre pour la couverture) à remonter qui reprend plusieurs échanges de ces derniers jours. Je lis des trucs comme pas d'effets d'accordéon gênantspropositions de mots à redescendre et à remonterça allait de pair avec le drapeau, ou Sur Jour 6 je trouve que c’est encore un peu trop balancé. Que de mystères... Mathilde suggère que pour la postface (il y aura une postface), nous gardions une sorte de fond pour ces pages, pour qu'elles proposent le même décor que l'ensemble du livre (il s'agirait alors de fonds très sobres, genre presque unis, mais gardant le côté matière) et on est tous sur la même longueur d'ondes semble-t-il. Roxane, dont le cerveau est un gros bouillon :  j'avais commencé à faire du calage sur certains mots (pour éviter peut-être quelques gros trous dans les lignes — le drapeau !), mais en fait j'ai eu peur de tout "casser". Je ne sais pas s'il y a des paragraphes qui vous "choquent" dans l'équilibre, des mots que vous verriez plutôt à la ligne, etc. ? Ou est-ce que ça vous va comme ça ? Quant à moi, je chipote pour savoir si on utilise des tirets cadratins ou demi-cadratins dans le livre. On en est à la V4. Il y aura une V5.

C'est aussi le moment du rapport du mois précédent (mars donc) à envoyer à l'ensemble de l'équipe élargie (associés mais aussi membres du comité éditorial et directeurs-trices de collection). Ça se présente grosso modo comme un gros tableau à plusieurs onglets qui détaillent l'ensemble des canaux de ventes du mois, la répartition par titres et collections, la répartition par libraires. Par exemple, en mars (pour les livres imprimés, sachant que la part de la vente en ligne – notamment Amazon – est variable de mois en mois et dépend aussi de la timidité des libraires à commander ; par ailleurs cela n'inclut pas les ventes via notre site à nous) :

mercredi

Jour J pour Nouvelles de la ferraille et du vent, qui paraît aujourd'hui. Ça implique de faire tout un tas de tâches bien précises, à commencer par consulter les ventes office réalisées par Amazon (qui peuvent là encore être assez variables en fonction de leur algorithme), relâcher les commandes prises au fur et à mesure de notre approche des libraires ces dernières semaines (Julie), passer le statut du livre de à paraître à disponible dans Electre (oui, il faut le faire manuellement, passons), mettre en ligne un article sur le site signalant la parution (ici il y aura un laïus par bibi, la quatrième de couverture, les visuels réalisés par Roxane, la préface de Charles Pennequin et l'affiche signalant le lancement au Monte-en-l'air la semaine prochaine), faire un mailing libraires pour annoncer que le livre est paru ainsi qu'un message aux journalistes et critiques qui ont reçu le livre en service de presse (grosso modo le message, c'est coucou, le livre est disponible, ce serait pas super cool de faire un article dessus ou d'en parler d'une façon ou d'une autre ?). L'un d'entre eux a déjà publié sa chronique : c'est à retrouver sur La viduité.

Les mails d'Hachette sont parfois un peu anxiogènes. Ils ont un système de blocage automatique des commandes en impression à la demande si elles dépassent un certain nombre (pour ne pas se retrouver avec une erreur de commandes, par exemple 100 exemplaires au lieu de 10, avec la difficulté que ce serait derrière pour les retourner). En l'occurrence, cela donne un sujet de mail qui apparaît comme suit : ALERTE SUR COMMANDE POD (!). On se demande un peu quel genre de shitstorm nous est encore tombé dessus. Là, c'est un client fidèle qui prend 40 exemplaires d'un titre pour une rencontre, c'est donc plutôt un genre de doux shitstorm (débats dans les coulisses du carnet : faut-il écrire un shitstorm ou une ? Faut-il tenir un carnet de bord du carnet de bord pour dévoiler les coulisses d'écriture du carnet de bord ? Votez en commentaire pour nous aider à élucider ça).

Mais aujourd'hui rien ne marche : bugs sur le site à foison indépendamment de notre volonté, site du dépôt légal mou, site qui sert à gérer les métadonnées Hachette down, FTP Lightning Source aux abonnés absents. C'est la vie. Discute un moment avec Philippe des prix, pas de ceux que l'on pratique, qui peuvent s'avérer trop cher ou bien bas (comme par exemple pour le Bonnot qu'on a mis volontairement agressivement bas pour ne pas trop peser face à la concurrence de ces deux textes en poche – ça marche moyen), mais de ceux auxquels on souhaiterait prétendre, ou du moins figurer dans une sélection. Il y a plusieurs pistes. Certains nous sont passés sous le nez car il faut respecter le calendrier de chacun (et c'est bien normal). Là, tu te crois un moment en janvier, et le temps de tourner la tête on approche déjà du mois de mai...

Pour une rencontre à venir, je passe un certain temps dans les stocks à chercher un exemplaire du Silence des chiens, introuvable. En revanche ceux de La mémoire des visages sont pléthoriques (façon de parler), comment ça se fait ? Je crois me souvenir d'avoir fait une erreur de référence une fois, et d'avoir trop pris de Mémoire des visages par rapport à un autre, Silence des chiens peut-être, mais ce n'est pas la seule raison. L'écart porte sur un exemplaire et en fait notre première impression du livre était décevante sur le rendu couleur du bleu sur la couverture (trop sombre, il se confondait avec le noir). Roxane avait donc modifié le fichier couv pour que ça sorte mieux (c'est le cas). Mais au dernier Marché de la poésie j'ai réalisé qu'il nous restait un de ces exemplaires trop sombres, que j'ai ensuite mis de côté et offert à l'occasion d'un abonnement... mais en oubliant de le sortir du stock. C'est rageant car il ne manque qu'un livre pour envoyer cette commande moi-même, alors faire un retrait spécifique pour un titre, ça m'enchante bof. Panade panade. Jusqu'à ce que je réalise que nous avons récupéré il y a peu nos exemplaires du stock de L'autre livre, qui avait certains de nos titres en dépôts jusqu'au début de cette année. Des Silence des chiens y sont et voilà comment l'histoire se termine (bien). Voilà pourquoi (entre autres), il me faut faire cet inventaire annoncé dans l'épisode un. En définitive, l'impression aujourd'hui d'enchaîner des micro-tâches qui ont certes leur importance mais de n'avoir avancé dans absolument rien (pesant). Rayon de soleil en fin de journée à quelques encablures de Notre dame sauvée des flammes (j'ai vérifié) quand on me dira, au cours d'un rendez-vous, que notre catalogue relève d'une forme d'éclectisme raisonné.

 

jeudi

Nous apprenons ce matin la disparition de Dominique Dussidour. Pilier de remue.net, auteure d'une œuvre forte, elle nous avait confié quelques textes et notamment ses Petits récits d'écrire et de penser que nous avons réédités il y a à peine deux ans. À cette occasion, elle avait participé avec beaucoup de bonne humeur à une rencontre organisée à L'autre livre avec Jean-Pierre Suaudeau et moi-même. Elle y avait lu plusieurs extraits de ce livre, à réécouter ici.

 

Je repense également à des rencontres littéraires qu'elle avait animées, par exemple à la Maison de la poésie à plusieurs reprises. Après, forcément, on n'est plus bon qu'à ne rien capter d'un manuscrit qui compte trop de point-virgules et à checker des césures sur une épreuve sans fin (c'est déjà bien).

vendredi

Des questions pleuvent (liste non exhaustive) : va-t-on proposer une rentrée black & white en terme de couvertures (Paysages augmentés et l'édition papier de Au canal) ? Faut-il écrire puelapeur ou pue-la-peur (c'est important) ? Nous reste-t-il en stock un exemplaire de tel livre ou le stock est-il fictif ? L'incendie dans telle librairie a-t-elle touché du stock à nous ? Arriverai-je ou non chargé à Sète la veille de la Comédie du livre pour passer un moment avec Juliette ? Se dirige-t-on vers un petit sac à dos casual façon âne citadin ou mullet chargé prêt à faire l'ascension d'un col hors catégorie ? Ai-je bien écrit les mots flops commerciaux, attractif pour les traducteurs, peser sur vos enthousiasmes et conscients de la réalité dans le même mail ? Et l'expression hauts les cœurs s'est-elle bien retrouvé deux fois dans ma bouche (et au bout de mes doigts) au cours d'une même journée, ce qui n'a plus dû m'arriver depuis avant le passage à l'euro (au moins) ? Et quand j'écris à un auteur, que c'est sans doute un défaut de lecture de ma part, mais il ne faut pas le négliger : si après deux lectures attentives je n'ai pas saisi ce glissement, c'est peut-être qu'il est mal mis en valeur, ou un peu trop à distance, est-ce que je tiens quelque chose ? Et dans ces listes excel de noms et de contacts presse pour nos deux prochains essais à paraître, est-on encore dans les temps ? Pour Erased, table-t-on plutôt sur des pistes philo, de Kooning et Rauschenberg, nouvelles formes d'écritures et effacement ? Pour Le tournant numérique de l'esthétique, on s'orienterait plutôt sur l'art ou sur le numérique ? Tout ça à la fois ? Serait-ce bien pertinent ?

 

Mon rendez-vous téléphonique de vendredi dernier a été déplacé à aujourd'hui, je prends en note sur un carnet papier (!) les différents points à aborder avec LSF pour un possible effort de diffusion de leur côté avec l'édition d'un catalogue pour une région ciblée.

Jacques Ancet encore :

Il y a dans tout poème (...) une bouche obscure, muette, qui compte. Et ce qu’elle compte, c’est l’irréversible qui revient. Elle dit ce qui est là et n’y est pas, ce qui s’éloigne, ce qui s’approche. Elle est la bouche du présent.