Notre métamorphose

Quatre mois après la disparition de notre président et ami, Philippe Aigrain, il nous semble important de prendre un moment pour vous présenter nos réflexions et nos interrogations actuelles. Et aussi, nos projets. Pas de panique, nous disait souvent Philippe. Ce n'était pas une parole en l'air. Aujourd'hui, on ne sait pas très bien si on reprend la formule à notre compte et si on vous l'adresse, si on se la dit à nous-mêmes, ou si c'est devenu une sorte de mantra qui rassure. Sans doute un peu tout ça à la fois. Vous ne le savez sans doute pas, mais à plusieurs reprises au cours des années passées, Philippe nous a répété qu'un plan était prévu, au cas où il lui arrivait quelque chose, vis-à-vis de publie.net. Il était prévoyant. Le plan était (ce sont ses mots) de fermer la société en douceur. • Lire la suite

Temps réel : accueillir les récits & fictions d'aujourd'hui

Bienvenue dans le métavers !

Logbook de la Colonie est un récit polyphonique écrit et édité Facebook. Des profils de fiction animés par plusieurs auteurs se sont agrégés autour d’une trame narrative qui met en abyme la structure hégémonique de la plateforme. Publication par publication, ils racontent une bureaucratie techno-politique sous tension, maintenue en marche par ses contributeurs mêmes.

Lorsqu’ils chantent à l’unisson, le tueur et la protectrice, qu’est-ce que ça dit ?

Elle regarde le film de Charles Laugthon, La nuit du chasseur, avec dans une main un livre de Marguerite Duras, dans l'autre un souvenir de Raimu, dans l'autre l'araignée de Louise Bourgeois. Cela fait trois mains et non deux, c'est donc impossible. Ou alors c'est qu'elle jongle ? C'est qu'elle jongle.

J’aimerais ne plus me souvenir de tant de choses.

Aussi généreux dans l'humour que dans la mélancolie propre à qui se replonge dans un passé qui lui manque, Je ne me souviens plus fait partie de ces lectures de l'intime qui nous retournent en même temps qu'elles nous élèvent.

Les essais : réfléchir autour du numérique et de l'écriture

Réflexion sur le langage et le silence

Notes silencieuses est un essai qui se partage entre analyse et écriture. Ici le silence est envisagé comme une modalité du langage. Sur ce paradoxe apparent repose l’énigme de la pensée, de la parole et de la création littéraire. Suivi de La littérature en instance.

Lire écrire

Livre hybride, entre lecture et écriture, essai osant parfois sa part de fiction, l’enquête de Benoît Vincent vise à sonder l’incertitude voire l’ambivalence dans la production contemporaine de ces dernières décennies. En un mot, l’inquiétude. Car la littérature inquiète, dans toutes les porosités des deux versants d’une même pièce : lire & écrire.

Dresser la carte de ses voix d'écriture

Pour ce volume, à travers les siècles, nous suivons un sillon majoritairement franco-hispanique qui va de Cervantès à Claude Simon via Quevedo, Mallarmé ou María Zambrano, sans oublier Borges. Quant à savoir qui s’exprime en marge de ces textes, c’est à la fois le poète, l’écrivain, le professeur, le lecteur, le traducteur, tant tout est intriqué dans l’acte littéraire.

L'Esquif : le lieu des écritures poétiques contemporaines

et c’est ainsi qu’
aujourd’hui passe

Dans cette adresse au lecteur, à l’autre, à l’ami, qui fait le titre du recueil, il s’agit de livrer une voix intime, presque oralisée, et d’accorder totalement sa confiance à la nécessité de l’écriture. Recherchant une manière d’« être dans le présent », l’auteur recueille des épiphanies, tente de rapprocher le poème de ces moments du quotidien qui nous font nous sentir vivants.

L'utopie est permise

Dans Climats, les forces à l’œuvre sont plurielles : les lois de la physique et la chimie des atmosphères sont les magies de notre temps ; les scientifiques nos sages ; les victimes de Katrina le chœur des sacrifiés d’hier ; les peuples en résistance contre les puissants les héros anonymes nous montrant la voie, pendant que les planètes voisines, aux noms de dieux romains oubliés, nous offrent un aperçu de notre avenir si nous ne faisons rien pour remédier au pire. Mais d’autres horizons s’offrent à nous.

« Tu emmènes mon corps jusqu'à très loin »

Un poème en prose à la façon d’un journal, pour dire les lieux que l’on conserve en soi, ces condensés de temps et d’espace, des départs, des voyages car le regard y est mieux aiguisé – dans cet ailleurs, ce qui fait l’éclat d’un amour, d’un geste, d’une parole subtilement s’accroche.

ArchéoSF : aventures extraordinaires et science-fiction ancienne

Il n'en finit pas de mourir…

Le livre papier va-t-il disparaître ? Certains annoncent, regrettent ou s’enthousiasment de la disparition de l’objet-livre tandis que d’autres imaginent des possibilités de lecture à distance (préfigurant le Web), l’utilisation d’une encre volatile, la production de contenus littéraires à la chaine... ce qui conduirait la galaxie Gutenberg à être supplantée par de nouvelles technologies.

Un autre monde était déjà possible en 1897…

Auteur en 1888 de Dans cent ans ou l’an 2000 qui connut un succès mondial et de multiples éditions en France à partir de 1891, Edward Bellamy propose une suite de ce classique de l’anticipation utopique avec Égalité (Equality). La place des femmes, les progrès technologiques, les innovations économiques, la défense de l'environnement, la protection des animaux, la création d'une langue universelle sont autant de thèmes abordés dans ce récit majeur de la littérature d'anticipation utopique.

Le triomphe de la Commune

Dès 1871, anti-communards et pro-communards ont cauchemardé ou rêvé d’un triomphe à venir de la Commune, imaginant des anticipations, dystopies, uchronies et utopies. Chacun des textes rassemblés dans Demain, la Commune ! imagine, pour le pire ou pour le meilleur, la victoire de la Commune.

La Machine ronde : une inscription dans le mouvant du monde

Un récit de voyage en forme d'aventure pop

Le problème quand on voyage avec un auteur mort depuis plus de quatre siècles, c’est que le monde que l’on traverse n’est plus tout à fait le même. C’est en 1580 que Montaigne entreprend son célèbre Voyage en Italie et de toute évidence, en 2019, lorsque Lou Sarabadzic part sur ses traces pour suivre les mêmes étapes, l’Europe a beaucoup changé. Littéralement, les frontières ont bougé. Le tourisme de masse revisite à son tour l’antiquité gréco-latine, et les réseaux sociaux les guerres de religion. Mais au fond qui voyage ? Et pourquoi ?

Un livre-repère pour une génération et le renouvellement du road book.

Les images qu’induit la route, quand on arpente les plaines de l’Est ou que l’on roule en taxi vers Damas dont on ne sait encore que le nom. Les sensations, surtout : la poussière à la traîne des bus, le son des caoutchoucs sur l’asphalte, l’odeur du diesel brûlé.

L’Asie. Les villes monstres. Des noms qui sonnent comme des poèmes ou étranglent comme des cris.

D’une petite hutong aux larges boulevards sans nom, d’une nuit à dormir dans une rue de Kolkata à la fièvre qui terrasse, devant l’agitation d’un carrefour ou face à un corps nu allongé sur le béton, de l’intérieur d’un taxi ou sous les néons d’un girlie bar, Big Bang City mêle l’irrésistible et étrange désir de lecture à celui, non moins étonnant, d’aventure et de réel.

Classiques & nouvelles traductions

À la découverte du monde

Abeilles, fleurs, termites, fourmis et l’espace tout entier : le poète belge nobélisé Maurice Maeterlinck pose sur l’univers qui l’environne le regard de celui qui souhaite percer à jour les mystères des civilisations. Se plongeant dans les mondes minuscules et majuscules, c’est aussi sur l’humanité qu’il se penche. Pour la première fois, l’ensemble de ce Cycle de la nature est proposé en intégrale.

Tirons sur le fil et déroulons-le

Orpheline pauvre, bergère en Sologne, couturière à Paris, rien ne prédispose Marguerite Audoux à écrire. « Vous êtes le plus grand écrivain féminin d’aujourd’hui » estime une figure très respectée, critique d’art, auteur et journaliste, dans une lettre qu’il lui adresse. Elle est une sorte d’anicroche, une anomalie. Elle obtient contre toute attente le Prix Fémina Vie Heureuse en 1910. À partir de cette consécration qui lui accorda un peu de célébrité, remontons vers son enfance puis suivons-la à Paris dans son atelier de couture, avant qu’elle n’entre en écriture…

« Je ne suis pas femme de lettres ; je n’écris pas, je chante. »

Ce livre s’ouvre comme une enquête sur Louise Ackermann (1813-1890). Qui était-elle ? 
L’Histoire – avec sa grande hache – l’a en partie effacée, son nom étant peu mentionné dans les anthologies, les encyclopédies qui touchent à la littérature du XIXe siècle. Sans doute qu’en plus d’avoir le défaut d’être une femme, elle n’avait pas le goût d’organiser elle-même sa propre publicité et ne cherchait pas la gloire.

À paraître

Réflexion sur le langage et le silence qui lui est propre

La littérature ne serait rien si elle n’avait ce pouvoir d’exploration de terres inconnues, de terres vierges où tout parait gelé et demeure dans l’attente d’un mot qui redonnera vie à des formes endormies.

Parution le 13/04

Le carnet de bord de l'éditeur