Entretien avec Julien Boutonnier pour la revue Mange Monde (2/3) 29/09/2017 – Publié dans : Le grand entretien – Mots-clé : , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Pour son numéro 12 de juillet dernier, la revue Mange monde, par l’intermédiaire de Julien Boutonnier, nous a convié à un entretien au long cours afin de retracer quasiment dix ans d’histoire publie.net et d’évoquer ensemble les défis à venir. Il en découle une discussion très riche, menée à plusieurs voix, dont nous sommes heureux de mettre en ligne la version longue intégrale ici-même. Compte tenu de la richesse de cet échange, nous la publions ici en trois parties : le premier volet est accessible ici.

 

JB : À ce stade de l’entretien, j’invite Virginie Gautier (VG) et Jean-Yves Fick (JYF) à nous rejoindre pour nous centrer sur la poésie chez Publie.net. Dans la présentation de la nouvelle collection L’esquif vous affirmez : «  Qu’elle soit ou non identifiée comme telle, la création poétique a toujours occupé une place au cœur de nos sensibilités et de nos publications. Elle est partout dans notre catalogue, sous plusieurs formes. » Pouvez-vous nous présenter quelle est la conception de la création poétique chez publie.net ?

 

GV : Je crois que ce qui nous définit le mieux, c’est encore le mot contemporain. Cela implique, à mon sens, une forme de porosité dans les genres traversés. Quand Marie Cosnay écrit un roman, par exemple, il emprunte autant au genre romanesque avec ses codes (l’intrigue, la tension narrative, les personnages…) qu’à la création poétique car l’attention apportée à la langue est une constante. Ce n’est pas forcément étiqueté comme de la poésie sur les rayonnages des librairies ou des bibliothèques, mais il y a clairement quelque chose du travail de la langue qui se joue ici. Même chose dans un livre comme Ce qu’il faut, de Corinne Lovera Vitali. On pourrait le qualifier de récit, mais c’est surtout une formidable série de monologues poétiques. Je crois que ce qui nous intéresse, c’est de travailler avec des auteurs et des poètes qui ont une écriture transversale. Laurent Grisel, quand il se lance dans l’écriture de son Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après, met un pied hors de la poésie en tant que genre, pourtant tout son geste d’écriture est poétique : c’est une forme de rapport au monde par le biais des pulsations qui rythment sa langue. Il suffit de l’écouter lire à voix haute des extraits du journal pour réaliser que ce n’est pas simplement un essai ou un récit, qu’il y a d’autres rythmes en jeu. Au-delà de toute l’exigence de sa démarche pour aller décrypter des faits et des mécanismes à l’œuvre dans la complexité des rapports qu’il analyse, il y a une vraie démarche, à ce qu’il me semble, qu’on peut qualifier de poétique. Sans doute parce son exigence d’écriture est aussi importante que son exigence de vérité (et peut-être qu’à un certain degré cette recherche d’écriture est nécessairement une recherche de vérité). Parallèlement à cela, il écrit Climats qui est un texte complètement différent, une épopée didactique comme on en voit assez peu dans le paysage littéraire actuel. Finalement, nous publions peu de recueils de poésie traditionnels, même si nous en recevons beaucoup. Ce qui nous intéresse, c’est la singularité de ces voix et de voir comment elles débordent la question des genres et ce qu’elles vont inventer, recouvrir.

 

Lectures d’automne 2016 : Extraits du Journal de la crise (2007), lu par Laurent Grisel from publie.net on Vimeo.

 

JB : Avant de s’appeler « L’esquif », la collection poésie de publie.net se nommait « L’inadvertance ». Elle était dirigée par François Rannou. Peux-tu nous raconter l’histoire de cette collection ? Était-elle présente dès la création de publie.net ? Quand François Rannou a-t-il pris la direction ? Je crois que d’autres personnes étaient impliquées au début (Fred Griot notamment) ?

 

GV  : Ça a fait sens assez vite qu’une collection soit dédiée à la poésie, et c’est intervenu je crois dans les premières semaines ou les premiers mois d’existence de publie.net. François Rannou la dirigeait lors de sa première incarnation (on était là dans les balbutiements de l’édition numérique, il n’y avait pas encore de livre papier, et les fichiers proposés l’étaient directement en PDF puisque les outils servant à lire ces fichiers étaient eux-mêmes plutôt limités : on lisait essentiellement sur son ordinateur) et c’est naturellement que, lorsque nous avons repris publie.net en 2014, nous lui avons demandé de poursuivre cette collection. Les possibilités techniques étant alors tout autre (lecture sur tablettes ou smartphones notamment, mais aussi d’autres formats), nous avons pu développer avec lui des champs d’écritures plus ouverts sur d’autres disciplines (images, photos, enregistrements sonores voire vidéos). Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire, déjà mentionné tout à l’heure, en est un parfait exemple. Mais c’est exact, d’autres personnes sont également intervenues au fur et à mesure, accompagnant bénévolement le développement de publie.net : ce fut le cas de Fred Griot, qui a beaucoup travaillé avec François Bon à l’époque, mais aussi d’Armand Dupuy ou plus récemment de Christine Jeanney et Jean-Yves Fick, notamment sur les textes de poésie.

 

JB : La collection regroupe des poètes tels que Jean-Philippe Cazier, Dominique Quélen, Michaël Glück, Laurent Grisel, Emmanuel Adély, Jacques Ancet, André Markowicz, Cécile Guivarch, Lucien Suel, Jean-Yves Fick, Virginie Gautier, Jacques Josse, Romain Fustier, Yann Miralles, etc… Ces auteurs sont très différents. Faut-il y voir un choix éditorial lié à une grande ouverture dans le domaine du contemporain ? Ou bien est-ce le signe d’une évolution de la collection en fonction des gens qui s’en sont occupés ?

 

GV  : Les deux. L’équipe ayant comme on a vu évolué au fil du temps, l’esprit du collectif se manifeste selon les sensibilités de chacun. Il y a surtout une vraie richesse et une grande variété d’écritures dans le paysage éditorial actuel, en tant que lecteurs on ne peut que s’en réjouir. Et en presque dix ans d’existence, il est naturel que nous couvrions différents univers de création. Je dirais que, dans le domaine de la poésie et plus généralement dans le champ de la littérature contemporaine, publie.net depuis ses débuts s’intéresse à la fois à des auteurs ayant déjà publié par le passé et possédant des œuvres conséquentes (comme Jacques Ancet ou Michaël Glück par exemple), dont il est parfois nécessaire de rééditer certains textes, et à des auteurs qui investissent tout particulièrement le champ de l’écriture sur le web et qui jouent avec la question des supports, de la complémentarité des disciplines (Jean-Yves Fick et Virginie Gautier par exemple, mais aussi Sébastien Ménard, liste non exhaustive). Et puis il y aussi des poètes qui font un peu tout ça à la fois, comme par exemple Lucien Suel qui mène un travail quotidien sur son blog, en parallèle de ses publications papier, réellement passionnant (de ses poèmes en vers justifiés aux poèmes express en passant par sa limace à tête de chat). Il y a donc une certaine logique à se retrouver au même endroit dans des énergies similaires.

 

 

JB : Au fait, pourquoi « L’esquif », pourquoi ce nom ? Et pourquoi pas continuer avec «  L’Inadvertance  » ?

 

VG : L’Inadvertance est le titre d’un recueil de François Rannou paru en 2008, or nous ne souhaitions plus associer le nom de la collection à l’un de ses titres mais plutôt trouver une désignation qui puisse tous les relier. Tâche ardue, qui a abouti au choix d’un mot qui ne qualifie pas la collection mais qui la contient, une embarcation donc (une hétérotopie dirait Foucault), un bateau de petite taille. L’esquif certes n’embarque pas de foule mais gagne en maniabilité, ce qui lui permet d’accoster partout. Ça n’est pas sa fragilité que nous voulions mettre en avant, mais une agilité qui serait plutôt une ruse, une tactique, ouvrant des voies vers de nouveaux rivages (je continue de filer la métaphore, elle est riche).

 

JB : Dans votre présentation de la collection sur le site de Publie.net, j’ai pu lire que vous entendez « donner un lieu » à des écritures poétiques contemporaines. Est-ce à dire que, pour vous, un livre est un objet appelé à prendre place dans un environnement, que publier un texte est une entreprise visant à le« territorialiser » ? Si c’est le cas, à quoi tient ce lieu ? Qu’est-ce qui le manifeste ? Y a-t-il une cartographie propre à Publie.net ? Faut-il voir dans cette approche une singularité que l’on pourrait lier à l’espace du web ?

 

VG : Je parlais d’hétérotopies ci-dessus, ce ne ne sont pas des utopies mais des espaces-autres, qui s’appuient bien sur des territoires. Oui, il y a quelque chose, dans notre envie de poésie, qui peut tenir de la définition d’un territoire, y compris dans notre intérêt pour les espaces indéfinis, ou qui déplacent les frontières, et pour l’exploration. D’ailleurs, c’est un beau projet pour une collection que le tracé d’une carte, mais alors ce tracé devra rester un geste et cette carte un work in progress, un chantier à ciel ouvert.

Dans notre présentation de la collection, donner un lieu à la poésie, c’est lui permettre d’exister dans un espace, de la rendre publique. Je pense à la fois à la dimension numérique, papier, mais aussi performée du texte. Beaucoup d’auteurs de la collection ont eu l’occasion de proposer des lectures : lectures-déambulées, performances sonores, musicales…

Pour esquisser notre définition de la collection, nous avons mis en avant quelques éléments qui nous semblaient importants comme l’expérimentation, la contemporanéité, la plasticité, le croisement des voix (mais aussi des langues, des langages). On pourrait s’arrêter sur chaque terme mais il me semble qu’ils sont pertinents dans leur articulation les uns avec les autres. Encore une fois, nous ne voulions pas qualifier une forme, une voix ou un style, mais tenter de définir ce qui nous semblait pouvoir faire sens aujourd’hui pour que la poésie soit une force vive.

Et effectivement, nous sommes très liés à l’espace du web, qui est un espace mouvant, proche de l’effacement, il a une capacité à se redéfinir sans cesse. Sa dimension multimédiatique et sa labilité produisent des formes expérimentales propres, ou réactivent des formes poétiques plus anciennes, qui s’interrogeaient sur les blancs, l’image, la mise en page par exemple.

Qu’est-ce qu’un site d’auteur sinon une œuvre dans laquelle le récit est sans cesse repoussé vers un ensemble toujours en construction, en transformation ?

Par ailleurs la temporalité de l’écriture est très différente sur le web. Il y a une simultanéité entre la création et la publication qui n’existe pas dans l’objet livre : là où le livre serait la condensation d’un temps long, le texte numérique entretient un rapport d’actualité avec sa création qui produit une tension différente entre le texte et le monde. La poésie est perméable, poreuse. Nous sommes influencés par nos lectures et écritures web, tout comme nous le sommes par les lectures et écritures papier dont nous héritons.

 

 

JB : Vous parlez d’expérimentation, de contemporanéité, de plasticité, de croisement des voix. Ces notions sont fortes et très ancrés dans le présent. Pour autant, y a-t-il des œuvres du passé dans la filiation desquelles la collection «  L’esquif  » pourrait se situer ? Après tout, l’avant-garde est centenaire désormais.

 

VG : Pour répondre à cet ancrage dans le présent, effectivement, je pense que si nous nous sommes très vite entendus sur ces notions, avec Jean-Yves Fick et l’équipe de publie.net, c’est parce que la poésie, quoiqu’elle soit une façon non normative d’utiliser la langue, ne se tient pas à distance du monde tel qu’il est, ni de la langue commune. Et que, dans ses écarts et ses rapprochements d’avec le monde et la langue commune, la poésie bouge sans cesse, elle se transforme. C’est à ces tentatives-là que nous avons envie de nous intéresser.
Cela ne nous empêche pas d’avoir des cheminements de lecteurs différents et des héritages littéraires variés. En ce qui me concerne, je me questionne finalement peu sur les questions génériques lorsque je lis, peut-être parce que j’écris moi-même. J’écris bien sûr avec d’autres livres, d’autres auteurs, mais pas dans un genre. Je crois que mon rapport à la poésie vient aussi de ma formation en école d’art, mon regard s’est formé conjointement au contact des œuvres des écrivain(es) et de celles des plasticien(ne)s. Aussi, le mot, la phrase ont tout de suite soulevé pour moi des problématiques de formes et de matières (beaucoup plus que de narration). Je suis très sensible à cette matérialité de la poésie, qui peut s’exprimer aussi bien dans une façon de nommer les choses, que dans une dimension sonore ou graphique. Pour moi la poésie doit avoir un corps. Je résiste ici encore à nommer des auteur(e)s, car cela serait vraiment personnel, et je cherche plutôt à faire ressortir ce qui nous relie et fera collection.

Enfin, l’espace web — outre le fait qu’il rende possible d’expérimenter, comme le disait Guillaume — est ce qui, de par sa dimension multimédiatique, fait lien entre les arts. Grace au multimédia, la littérature est de plus en plus perçue comme un des arts contemporains. La poésie entre dans les écoles d’art, où elle est performée, exposée (c’est aussi une des définitions du contemporain en littérature pour Lionel Ruffel, Brouhaha. Les mondes du contemporain). Et ce qui a constitué les avant-gardes passées, j’en suis convaincue, c’est en grande partie le dialogue entre les artistes. Qu’ils soient musiciens, chorégraphes, plasticiens, écrivains, ils ont à certaines époques pensé le monde ensemble. Nos formats, nos supports, nos outils nous donnent la possibilité d’être à nouveau attentifs à ces croisements.

 

JB : Plus qu’aucun autre registre d’écriture, la poésie nécessite de s’interroger sur la mise en page, le placement de la ponctuation, les cheminements de lecture, les rythmes visuels, la place éventuelle d’images et de sons, la prise en compte des blancs. Croyez-vous qu’il soit nécessaire aujourd’hui à un auteur dont l’expression traverse le champ poétique de s’interroger sur le support le plus apte à recevoir sa création : papier, ebook, livre web  ? Si oui, accompagnez-vous les auteurs dans ce questionnement ?

 

GV : Cette question des supports soulève deux pistes de réponse. D’abord, l’aspect créatif. Je crois que par essence, les poètes sont particulièrement attachés et investis sur la question de l’objet. L’importance des blancs, l’épaisseur, la texture de la page, la maquette, entre autres choses encore. Or en numérique aussi il y a une notion d’objet et elle n’est pas négligeable. Parce qu’un livre mal pensé, ou mal codé, ne sera pas agréable à la lecture, tout simplement. On travaille donc beaucoup avec des auteurs qui ont déjà mené une réflexion sur les problématiques et possibilités liées au support et qui, pour la plupart, ont une réelle pratique de lecture numérique. Pour une raison qui est très simple, c’est que l’espace d’attention accordé à la poésie dans les médias disons traditionnels s’est considérablement réduit au fil des années et que le web est devenu le lieu naturel de création mais aussi de discussion de la poésie (de nombreux sites font maintenant référence en la matière, je pense par exemple à Poezibao). Les poètes ont donc naturellement investi le web et, au fur et à mesure de leur pratique, des questionnements liés à ce nouveau support sont apparus : la mise en page propre au site internet, l’accessibilité, l’ajout de médias complémentaires comme l’image, le son ou la vidéo, etc… Si l’on confronte ces pratiques avec la métaphore de l’imprimé, c’est comme si soudainement, en quelques années, de nombreux auteurs s’étaient mis à éditer eux-mêmes leur propres livres artisanalement : forcément, une vraie réflexion a donc émergé sur la question de l’objet, du support, numérique cette fois. Nous sommes donc régulièrement dans une situation de collaboration avec ces auteurs, soit parce qu’ils ont déjà un regard critique sur les possibilités offertes par le numérique, soit parce qu’ils ont cette envie d’investir ce support mais ne savent pas (encore) par quel bout le prendre.
Sur un autre plan, sans doute plus terre à terre, il faut garder à l’esprit que la poésie est un genre difficile à vendre, même si l’offre poétique en France est particulièrement riche. Il y a donc une vraie réflexion à avoir sur la façon dont nous pouvons nous rendre disponibles auprès des lecteurs. Raison pour laquelle il nous paraît important de mettre à disposition nos livres dans les différents supports proposés sur le marché et laisser le lecteur libre de pouvoir choisir sous quelle(s) forme(s) il désire le lire ; et si c’est via le livre papier, qu’il puisse avoir la possibilité d’accéder sans coût supplémentaire à sa version numérique, peut-être pour d’autres usages.

 

 

JB : Comment pensez-vous le dépassement du simple rapport homothétique entre le livre papier et le livre numérique en ce qui concerne la poésie ?

 

GV : Chaque texte est différent et il peut tout à fait arriver qu’un livre soit identique dans sa version papier et numérique (ce qui ne voudra pas nécessairement dire qu’il n’est pas innovant ou créatif dans d’autres domaines). Ce qui est particulièrement dommageable ce serait de se dire que le simple portage homothétique d’un format vers un autre doit être la norme. C’est, du moins, de cette façon qu’est pratiqué le livre numérique par beaucoup. On n’est pas vraiment dans cette optique-là car nous considérons que notre travail de créateurs n’est pas de faire un calque d’un support vers un autre. Ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air car en réalité, même s’il s’agit d’un outil technologique somme toute assez récent (le format epub, qui est le format standard actuellement utilisé, n’a même pas dix ans), il implique de respecter un certain nombre de contraintes. L’une d’entre elles, et non des moindres, concerne l’adaptabilité du texte à la taille de votre outil de lecture. Pour parler plus simplement, le texte doit pouvoir s’afficher sur tous types d’appareils, du smartphone pour les plus petits à la tablette ou à l’ordinateur pour les plus grands, en passant par les liseuses à encre électronique pour les formats intermédiaires. Ce qui est intéressant pour nous, c’est de pouvoir travailler avec des auteurs qui ont envie de casser les codes ou de briser les contraintes formelles : c’est pour cela que l’on apprécie développer, en plus des livres homothétiques de base (qui doivent malgré tout pouvoir exister pour être lus par le plus grand nombre) des versions spécifiques dédiées aux tablettes par exemple. Ou, au-delà même de la notion de livre numérique, au sein d’un site internet ouvert, qui existe en support des autres versions. C’est ce que nous avons fait pour Kalces mentionné un peu plus tôt. Sur le plan créatif, c’est particulièrement stimulant et exigeant d’aller dans ces directions-là, pour l’heure peu investie encore par d’autres.

 

VG : Ce double support permet à certains auteurs de penser à des ajouts multimédias, à une collaboration, ou même à une ré-écriture. Il est vrai que dans l’absolu, écrire c’est écrire dans un médium. On peut imaginer que le changement de médium change le mode de rédaction, il change tout au moins l’appréhension que l’on a du texte. Et il y a un réel travail qui est fait entre l’auteur(e) et la maquettiste, graphiste, conceptrice papier et numérique, Roxane Lecomte. Son intervention est un moment clef de la réflexion sur le passage d’un support à l’autre.

 

Le troisième et dernier volet de cet entretien a été mis en ligne le vendredi 6 octobre.

Le visuel utilisé pour la bannière de cet article est l’œuvre « Chat » d’Éric Demélis qui figure sur la couverture du numéro 12 de la revue.