L’inadvertance devient L’esquif 19/04/2017 – Publié dans : Notre actualité – Mots-clé : , , , , ,

Qu’elle soit ou non identifiée comme telle, la création poétique a toujours occupé une place au cœur de nos sensibilités et de nos publications. Elle est partout dans notre catalogue, sous plusieurs formes. Depuis plusieurs années, la collection L’inadvertance en a accueilli la part centrale en publiant des textes forts et variés, des voix contemporaines. Nous remercions François Rannou pour son travail à nos côtés ces dernières années avec cette collection.

À présent, la collection poésie de publie.net fait sa mue pour devenir l’esquif. Elle sera co-dirigée par Jean-Yves Fick (en plus d’être auteur de la collection, il a toujours beaucoup œuvré en s’investissant dans le travail éditorial des livres de poésie) et Virginie Gautier (elle y a publié deux de ses livres phares avec Les sédiments et Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire, que nous aurons le plaisir de faire paraître en papier à la rentrée).

La collection l’esquif, poursuivant le travail entamé ces dernières années, a vocation à diffuser des écritures poétiques contemporaines, que leur champ de naissance soit le papier ou le web, puis à leur donner un lieu. Un lieu qui prenne en compte l’exploration de la page et sa plasticité.

Un lieu qui se constitue au plus près de ce qui s’invente — tentatives, explorations — car c’est la poésie qui porte cette expérience, dans et par le travail de la langue, de dire un rapport au monde — non parce qu’elle
le représente mais parce qu’elle tente de le rendre présent : gestes du plus humble quotidien, voix
à fleur de peau ou cri des mots, cette poésie peut être abstraite ou narrative ; elle peut être un chant, une épopée ou une voix critique — c’est la justesse de ce rapport, sa pertinence dans notre époque, les fenêtres qu’il ouvre qui nous importent et nous rendent la poésie nécessaire.

Le premier livre à inaugurer la collection est Notre désir de tendresse est infini, de Sébastien Ménard, qui paraît aujourd’hui : à découvrir ici dans le texte, et plus bas dans un enregistrement avec accompagnement musical.

Sur nos écrans portables sur les clefs de nos cabanes sur — les feux qu’on allume certaines nuits pour s’assurer qu’on existe encore — sur les routes qu’on épuise pour vérifier qu’elles ont une fin — sur les couvertures de nos corps — sur les cabanes qu’on dessine dans nos têtes et sur nos carnets. Dans l’épuisement des gommes de nos pneumatiques — dans la vibration de la membrane du haut-parleur de nos nuits — dans l’ondulation d’un corps une nuit qu’on s’était dit je serai danseur — dans le cuivre d’une trompette un jour qu’on s’était dit je serai poète — dans le tremblement du manche d’une pioche un jour qu’on s’était dit je piocherai — dans la voix d’un homme loin un jour qu’on s’était dit j’y vais : la tendresse.

Une nouvelle aventure commence donc, se poursuit, se métamorphose, en poésie(s)…