Carnet de bord, semaine 40 06/10/2019 – Publié dans : Carnet de bord – Mots-clés : , , , , , , ,

publie.net, le feuilleton, à retrouver chaque semaine, par GV.

lundi

Julie dans le tumulte de la vie en librairie entre allers, retours, retours, allers, et quand c'est des retours c'est parfois problématique, notamment quand les retours correspondent à une époque antérieure à celle où nous avons commencé à autoriser les retours (vous suivez ?), et c'est tout un bins à organiser. Là, c'est un feuilleton : J’ai eu la librairie XXX, en fait A que j’ai eu hier et qui m’a parlé des retours n’est pas là aujourd’hui, donc je la rappelle mardi matin (c’est compliqué, on a du mal à savoir qui s’occupe de quoi, j’ai l’impression qu’il n’y a que A qui s’occupe de la gestion, avant j’étais en contact avec B mais j’ai l’impression qu’elle n’est plus là vu qu’on m’a dit que c’était C pour la litté française (qui était occupée, donc mardi également pour les parutions !) À suivre... Moi, j'ai très finement compris ce qu'il fallait que je fasse cette semaine. Je veux dire : ce qu'il était urgent que je fasse cette semaine. Ce qu'on peut qualifier de truc prioritaire. Ou tâche si vous préférez. Je remplis donc mon agenda en conséquence en tapissant chaque jour de longues langues de Montaigne, puisqu'il s'agit de Montaigne, et travailler sur le manuscrit envoyé par Lou ce week-end. Merveilleux donc. Pour reprendre nos images alphabétiques, ce serait ma tâche A. Mais avant de m'y atteler, je dois d'abord caser d'autres tâches qu'il faut absolument boucler cette semaine : des tâches B, C, D même. Ça pullule. La B passera avant la C, qui devra attendre l'après-midi, la D attendant elle le milieu de semaine. Mais me mettant à travailler à la C, voilà qu'une E apparaît sans prévenir car, en réalité, pour faire C, j'ai besoin d'abord de faire E, on peut donc rebaptiser E C'. Notez par ailleurs que l'écriture de ces quelques phrases, qui vient s'intercaler là-dedans, est elle-même une tâche qu'on peut qualifier de F. Vous ne suivez pas ? Moi non plus. C'est la submersion cette histoire. Autant donc partir en Voyage sous les flots dont la couverture, elle, est prête, et joliment prête (merci Roxane) :

mardi

Cette histoire de retours libraire s'éclaircit, c'est-à-dire qu'en réalité elle s'assombrit. Voici nos réactions quand on découvrira le nombre d'exemplaires concernés :

Et j'en suis à entendre des voix : l'autre jour au téléphone pour une commande d'un titre, j'avais entendu (voulu entendre) 36 exemplaires, lorsque la commande tombe, ils ne sont plus que 6. À ce stade, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Pourquoi pas 336 ? Ou 3336 ? Ou encore, bref vous avez compris le topo. Je cogite donc. Puis j'arrête de cogiter car il faut vraiment que je me mette à Montaigne, enfin à Lou :

Notons que, semble-t-il, dans mon imaginaire, il s'agit d'une monobretelle.

mercredi

Pendant que Philippe se coltine la comptabilité du troisième trimestre (joie), j'essaye de comprendre pourquoi on me demande de remplir un document concernant les informations de la maison d'édition (nom de la SAS, SIRET, adresse et autres joyeusetés) que j'ai déjà remplies il y a peu. Je dois aussi inscrire les informations liées à notre RIB ET joindre un RIB ce qui est, pour le coup, 100% ceinture et bretelleS comme situation. Ne pouvait-on pas simplement m'envoyer la dernière version dudit doc en me demandant si notre situation avait changé (en l'occurrence non) ? Cela fait partie, j'imagine, des mystères de la vie. Tout comme ces idéogrammes qui apparaissent mystérieusement dans la V4 du manuscrit du Faune Barbe-bleue (car voici son véritable titre, un premier roman d'Elena Jonckeere qui paraîtra début février) :

J'aimerais pouvoir me remettre à Montaigne mais ce n'est pas le cas : des livraisons arrivent, qui permettent l'envoi de commandes dans certains cas, l'envoi d'épreuves pour d'autres, en l'occurrence Horace. Tout préparer donc, aller chercher des enveloppes, mettre le tout dans ces enveloppes, affranchir, poster, revenir, utiliser une foultitude d'infinitifs dans le carnet de bord et c'est déjà la fin de la journée.

 

jeudi

Je rentre dans notre outil de gestion de projet cabine de téléphone rouge l'ensemble des plannings de publication des livres du premier semestre 2020 ce qui, à l'autre bout du réseau chez Roxane ou Philippe, doit émerger sous la forme d'une guirlande de notifications. Philippe écrit Vu l'effet que [la comptabilité du trimestre] a sur mon humeur, je suis en parfaite forme pour envoyer des messages de relance désagréables. N'hésitez pas à m'en suggérer. Et, comme chaque début de mois, c'est aussi l'heure venue de la lettre d'information, que j'envoie au préalable à l'équipe avec le message suivant pour accompagnement :

Avant (enfin) un retour à Montaigne :


vendredi

Lors d'une enquête en ligne réalisée par le CNL pour les dispositifs d'aide au développement numérique, nous sommes invités, en plus de rendre compte de notre expérience (le CNL nous a aidé pour la production de plusieurs livres numériques, dont le dernier en date, Paysage augmenté, vient de paraître) à détailler notre vision de l'avenir, et à mettre le doigt sur ce qui pourrait nous aider à (c'est un bien grand mot) y prospérer. Comme souvent avec ces dispositifs d'aide, nous sommes un peu en décalage : pendant plusieurs années les aides à l'édition numérique ont concerné exclusivement la numérisation du fonds imprimé pour aider les éditeurs historiques à migrer vers le numérique (ce qui excluait de fait les éditeurs nativement numériques tels que nous). Ce n'est plus le cas depuis maintenant plusieurs années et de nouveaux dispositifs ont vu le jour, notamment pour soutenir une sélection de nouveautés, c'est dans ce cadre que nous avons pu être soutenu ces dernières temps. Mais l'enquête est encore, en partie, orientée dans cette direction. Quels sont les autres types de soutien que nous pourrions apprécier dans notre action ? Ils ne sont pas nécessairement directement financiers. Par exemple, dans le cadre de l'accès aux livres numériques en bibliothèques, sortir de la politique tout PNB qui a cours actuellement et qui contribue plus à enrichir Adobe pour l'acquisition des DRM et des outils gérant la chronodégradabilité des fichiers qu'à soutenir les éditeurs indépendants, même ceux numériquement pionniers tels que, à tout hasard, nous. Aider à mettre en valeur et promouvoir des offres alternatives, basées sur la mise à disposition des fichiers. C'est le cas de la nôtre. D'une manière générale, favoriser peut-être les éditeurs qui mettent le droit des lecteurs au centre de leurs préoccupations (prix numérique bas, pas de DRM sur les fichiers, refus du fliquage des utilisateurs via les applications de lecture). Ne pas refuser les aides pour l'édition imprimée à la POD, comme c'est le cas actuellement, étant entendu que la POD (impression à la demande) n'est que le prolongement dans l'écosystème papier de ce que l'on peut pratiquer en édition numérique. Il y a des pistes, donc. Ce sont les nôtres. Mais c'est un début.