[Nouveauté] — Ali et Ramazan, ou comment Perihan Mağden redonna vie à « ces enfants de la page trois » 29/10/2013 – Publié dans : Traduire – Mots-clé : , , , , , , , , , ,

coverVous connaissez désormais Canan Marasligil, elle est l’un des piliers de Publie.net en ce qui concerne le travail de traduction, et nous a rejoint il y a deux ans avec un projet désormais bien ancré dans le catalogue : Meydan | La Placeune anthologie (en plusieurs volumes) de littérature contemporaine turque dont nous parlons souvent sur ce blog. Aujourd’hui, le livre qui nous anime est un peu différent : il ne s’agit pas d’une anthologie mais bien d’un roman entier, traduit par Canan, qui a fait équipe avec Christine Jeanney et Jean-Yves Fick pour le travail éditorial. Ali et Ramazan est un livre de Perihan Mağden, une auteur déjà présente dans les anthologies. La version papier de Ali et Ramazan sortira fin novembre. Et c’est toujours un plaisir de continuer sur notre lancée, de mettre en avant la culture de la traduction et via celle-ci de bien des cultures du monde : c’est la raison d’être de la collection Publie.monde.

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Ali et Ramazan, ces enfants qui ont touché le coeur de Perihan Mağden, à tel point qu’elle a écrit leur histoire.   Ali et Ramazan, ces enfants qui m’ont touché à leur tour, à travers la voix de Perihan Mağden et que je tenterai de vous faire vivre avec autant de profondeur. 

Peut-être que je dois d’abord dire pourquoi je traduis ses romans. Je l’ai déjà expliqué dans mon introduction au premier volume de Meydan | La Place, traduire certaines œuvres est pour moi une nécessité, un appel qui vient de l’intérieur. Et en ce qui concerne Mağden, ce sont avant tout la force et la sincérité de son écriture qui me motivent.  À travers son œuvre, Perihan Mağden nous raconte l’histoire de ceux que la société oublie, ceux qui se retrouvent à la page des faits divers dans les journaux, comme Ali et Ramazan, qui se perdent dans la grandeur de la ville et dans l’angoisse de l’adolescence, comme les deux jeunes filles de son roman, ceux qui vivent à l’ombre des autres, comme l’héroïne de son dernier roman, blessée par une Star. Tous ces personnages sont victimes du regard d’une société intolérante face à ceux qui sont différents ou dans le besoin. Les oubliés de la société, les rejetés du gouvernement, de l’armée, de leurs parents… Et le génie de Perihan Mağden est de raconter ces vies, parfois trop courtes comme c’est le cas pour Ali et Ramazan, sans tomber dans le sentimentalisme ou les clichés. Perihan Mağden nous montre l’humain et non la victime. Elle ne veut pas que l’on pleure sur le sort de ces personnages, elle nous pousse à nous rappeler que nous sommes avant tout humains. Bien que souvent basés dans des contextes politiques et sociétaux difficiles et différents de ce que l’on peut vivre en France ou dans d’autres pays européens, les personnages adressent un message universel sur la condition humaine. Souvent, il nous manque de voir l’humain. Si l’écriture peut nous en rapprocher, si la traduction peut animer ces voix, je n’ai franchement aucune raison d’attendre… je fonce… je traduis…

Extrait de l’article Traduire Ali et Ramazan, du 4 octobre 2013, à lire dans son intégralité sur le site de Canan Marasligil destiné à la mise en avant et à l’exploration de la culture contemporaine turque à travers textes, sons et images.

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perihan

© Muhsin Akgün

Perihan Mağden (1960) a écrit et publié des romans, de la poésie, de nombreux essais et éditoriaux dans la presse. Orhan Pamuk dit qu’elle « est parmi les écrivains les plus inventifs et francs de sa génération. » Elle écrit de nombreux romans depuis 1991, traduits à travers le monde. Son premier roman Meurtres d’enfants messagers (1991) a été publié en 2003 chez Actes Sud.