#SoutienPerihanMagden : Perihan Mağden en procès pour diffamation présumée 26/02/2016 – Publié dans : Traduire – Mots-clé : , ,

C’est avec beaucoup de tristesse et d’inquiétude que nous partageons avec vous ces nouvelles venant de Turquie : Perihan Mağden, auteure notamment de Ali et Ramazan que nous avons publié en 2014, risque jusqu’à quatre années de prison pour diffamation présumée. Canan Marasligil, traductrice de Ali et Ramazan et directrice de la collection Meydan | La Place au sein de Publie.Net présente le contexte et les actions possible.

Au nom de toute l’équipe Publie.Net, nous vous remercions d’avance de votre soutien.

 

Perihan Mağden photographiée chez elle par Muhsin Akgün. ©Muhsin Akgün.

Perihan Mağden photographiée chez elle par Muhsin Akgün. ©Muhsin Akgün.

 

Le contexte

Comme je ne suis pas juriste et afin de vous faire parvenir les informations les plus précises possible, je traduis ci-dessous un déclaration récemment publiée par PEN International.

Perihan Mağden est poursuivie en justice pour avoir prétendument diffamé le Président de la Turquie, Recep Tayyip Erdoğan en vertu de l’article 299 du Code pénal qui criminalise l’“outrage au Président de la République de Turquie”. En cas de condamnation, elle fait face à une peine possible de prison pouvant aller jusqu’à quatre ans.

Les accusations ont été portées après que l’avocat de M. Erdogan ait déposé une plainte au sujet d’une interview sur diken.com dans laquelle Mağden décrit le Président Erdoğan comme un « tigre sauvage » et « comme un animal sauvage pris au piège dans un coin » ; en réponse à des questions sur une descente de police dans les bureaux du magazine Nokta – magazine dans lequel Mağden tient une chronique hebdomadaire, en Septembre 2015, peu après que le magazine ait publié un article au sujet de M. Erdoğan, suite auquel Cevheri Güven et Murat Çapan , rédacteurs en chef du magazine Nokta ont été arrêtés.

La première session de son procès aura lieu le 12 mai 2016.

PEN International s’oppose à la criminalisation de la diffamation dans tous les cas et appelle les autorités turques à abandonner ces accusations portées contre Perihan Mağden pour son expression légitime en tant que commentatrice politique.

Que pouvons-nous faire ?

C’est toujours le plus compliqué, chaque jour, nous sommes inondés de nouvelles venant de Turquie et d’autres pays où la liberté d’expression est menacée (ou carrément inexistante). Nous sommes tous inquiets, nous nous sentons concernés mais ce n’est pas toujours simple d’agir concrètement.

Ce cas me touche bien entendu de près : j’ai traduit le travail de Perihan Mağden, je la connais personnellement, je l’aime énormément, en tant que personne et auteur. Nous avons la chance qu’une partie de son travail existe en langue française : Meurtres d’enfants messagers (Actes Sud, 2003 – traduit du turc par Sylvie Taussig, Cemil Ulu, Levent Yılmaz) ainsi que Ali et Ramazan (Publie Net, 2014 – traduit du turc par Canan Marasligil).

J’aimerais vous proposer d’agir à plusieurs niveaux, et vous pouvez choisir ce qui vous convient le mieux:

-    Partagez vos messages de soutien à travers les médias sociaux en utilisant le hashtag #SoutienPerihanMagden

-    Laissez des commentaires sur la page facebook de Meydan | La Place : https://www.facebook.com/MeydanLaPlace/ que je partagerai avec l’auteur

-    Suivez les actions que PEN International suggèrent, je vous traduis ci-dessous ce qu’ils proposent sur leur site :

-    Partagez le message de PEN International sur les réseaux sociaux

-    Envoyez vos appels :

o   en déclarant votre préoccupation face à ces accusations de diffamation portées contre Perihan Mağden ;

o   en appelant les autorités turques à dépénaliser la diffamation, y compris contre le président ;

o   en leur rappelant que les limites de la critique acceptable des politiciens et des hauts fonctionnaires sont plus larges que pour les particuliers, comme cela a été déterminé à plusieurs reprises dans le droit international, comme dans le cas de Tuşalp contre la Turquie devant la Cour européenne des droits de l’homme;

o   leur rappeler que la Turquie a l’obligation de respecter le droit à la liberté d’expression en vertu de la Convention européenne des droits de l’homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Vous pouvez envoyer vos appels aux adresses mentionnées sur leur site, voir : http://www.pen-international.org/newsitems/turkey-writer-on-trial-for-alleged-criminal-defamation/  

PEN International encourage aussi d’envoyer les appels immédiatement et vous invite à les contacter si vous envoyez des appels après le 24 mars 2016. Envoyez aussi des copies de vos lettres et/ou réponses à PEN International.

Je vous remercie d’avance de tout cœur pour votre soutien.