[NOUVEAUTÉ] Histoire d’Io, de Pasiphaé, par conséquent du Minotaure, de Nadine Agostini 22/11/2017 – Publié dans : Notre actualité – Mots-clé : ,

Après Ariane et Ulysse (via deux courts textes parus aux éditions Contre-Pied respectivement en 2015 et 2011), Nadine Agostini s’est penchée sur Io, Pasiphaé et le Minotaure dans un livre d’une étonnante générosité mais aussi d’une grande finesse. Il paraît aujourd’hui dans notre collection de poésie L’esquif. Merci à Virginie Gautier et Jean-Yves Fick pour leur travail sur ce texte qui rend honneur au coup de cœur soudain qui nous a tous saisi à notre découverte du manuscrit.

Dans le flux de la parole libérée, le plus souvent orale mais jamais hors du rythme, cette Histoire d’Io, de Pasiphaé, par conséquent du Minotaure nous enchante autant qu’elle déplace en nous la dimension du mythe, fait de la langue une matière tendue, parfois friable laissant çà et là des blancs sur la page, réinventant ici des épisodes de la mythologie au sein desquels Thésée, Dédale, Minos et d’autres trouveront aussi leur place. Un poème fragmenté qui se lit comme une fiction folle, limpide et teintée d’un humour féroce.

 

Le livre

À la fois conte mythologique et moderne, ce long poème fait entendre, avec une dimension épique et l’énergie d’une cavalcade, les voix des personnages qui l’habitent. Io, Pasiphaé et par conséquent le Minotaure n’en finissent pas de s’interroger sur leur libre arbitre. Leurs pensées vagabondent mais leurs corps sont scellés à ceux des bêtes avec lesquelles ils partagent leurs destinées.

Un homme a passé la corde au cou d’Io ; Pasiphaé, femme de Minos, ayant désiré le taureau, devient la mère du minot ; le Minotaure se demande s’il n’est pas le rêve d’une femme qui le retient dans le labyrinthe de son imagination.

Avec cet enjeu du souffle et de l’oralité, Nadine Agostini redonne du jeu au mythe, elle le pétrit avec ses mots et s’autorise toutes les libertés d’un démiurge, un qui raconte des histoires, et c’est bien ce qui fait notre joie.

Lectures & extraits

En une sorte d’hommage au grand Ghé­ra­sim Lucas dont la poé­sie fait son Enki et ses encas, sous des diverses coif­fures et son label au bois d’Ornant, Nadine Agos­tini, fédère autour d’Héra.

Jean-Paul Gavard-Perret, Le littéraire.com

Autant de voix, autant de masques, partagés par celle qui écrit et qui a lu, ceux qui lisent et qui écriront. Autant de miroirs dans l’expérience que Pasiphaé décrit comme celle du palais des glaces : « Dans chaque mur-miroir je me suis rencontrée. J’ai perdu mon chemin. Cent fois mon image a heurté mon image. Cent fois mon image a caché le chemin qui mène à la sortie (…) Et le cri m’a sortie de là ».

François Huglo, Sitaudis

Ce matin-là. Alors qu’elle faisait. La vaisselle. Io se demanda pourquoi. Il pleut. Les hommes étaient fous. Il pleut bergère. S’ils l’étaient naturellement. Et ron et ron. Ou s’ils le devenaient à son contact. Petit patapon. Aussi. Elle se demanda. Pourquoi. Quand son mari. Demandait un baiser. Il pleut. Elle répondait. Il pleut bergère. J’ai envie de. Rentre tes blancs moutons. Vomir. Aussi. Elle pensa.

Extrait à retrouver dans son intégralité dans l’Anthologie permanente de Poezibao

104 pages
ISBN papier 978-2-37177-524-4
ISBN numérique 978-2-37177-178-9
12€ / 5,99€

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