[REVUE DE PRESSE] La vie verticale 29/09/2016 – Publié dans : La revue de presse – Mots-clé : ,

Merci à Prof en scène, note de lecture à retrouver ici

Parution le 5 octobre, événements les 4, 5 et 6 octobre, à retrouver sur notre agenda

Et le dimanche on s’évade.

“J’ai la maladie du doute. De la responsabilité aussi. Ça veut dire que dans ma tête je ne sais jamais vraiment. Pas que je ne sais jamais vraiment quoi. Simplement que je ne sais jamais vraiment. C’est comme si il n’y avait que des menus déroulants et qu’ils se superposaient. Et les listes, comme la fatigue, elles s’allongent.”

Où se trouve-t-on, pendant le voyage, dans cette Vie verticale ? C’est la question qui m’a taraudé durant presque toute la lecture. Sous le crâne de la narratrice, qu’une tempête, celle des TOC, toujours agite ? À l’observer, auprès des thérapeutes qui, chacun à leur façon, tentent de lui apporter de l’aide ? Ou à dériver sur les mots, les mots qui trop souvent l’entravent, la lient ?

La vie verticale aurait pu être un récit angoissant. Avec ces plaques de cuisson qui, forcément, ont du rester allumées. Avec des bébés qui, peut-être sont morts alors qu’on les gardaient, et alors que faire ? Avec ces gestes qu’il faut répéter selon un rythme ternaire précis.
Je ne souffre pas de TOC, au plus d’une ou deux manies aisément réprimables. Mais j’ai senti sous mes ongles l’affolement de cette voix, soumise aux rituels. Pourtant, à aucun moment, je n’ai suffoqué. Parce qu’il y a de la souffrance mais pas d’amertume, des larmes mais pas de haine. Parce qu’il s’agit juste de prendre la main tendue par cette fille qui existe, ténue, à travers les habitudes qui la dévorent. Et cheminer avec elle. Le long des moments de guérison, des rechute. Des révoltes et des conversations qui se répètent.

Peut-être, juste peut-être, que le lecteur se trouve posté à quelques centimètres de Will, l’amoureux de la narratrice. À l’observer, avec patience et douceur. À ne pouvoir qu’être là, et, bercé par ses mots sobres, et doux, et justes, espérer qu’elle se lève.

Qu’elle marche.

Qu’elle vole.