[NOUVEAUTÉ] Voix intermédiaires, une anthologie de poésie contemporaine 16/03/2016 – Publié dans : Notre actualité – Mots-clé : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

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L’inadvertance est un espace ouvert sur la poésie contemporaine. Avec Voix intermédiaires, nous avons exploré la forme de l’anthologie pour proposer une approche un peu différente des recueils traditionnels. En donnant le choix aux lecteurs parmi une large sélection de poètes contemporains (vivants !), en leur permettant de devenir auteur de [leur] propre lecture comme l’explique François Rannou, nous avons souhaité rapprocher le geste d’écrire et le geste de lire, l’un n’allant pas sans l’autre. Le résultat de cette expérience, de cette belle journée d’échange qui a permis la rencontre bien réelle de lecteurs et de livres (en témoigne ces lectures vidéos enregistrées à découvrir au bas de cette page), se concrétise à présent sous la forme d’un livre disponible dès à présent en numérique et en papier. Les auteurs rassemblés dans cette anthologie s’appellent Olivier Apert, Hervé Bougel, Lionel Bourg, Jean-Patrice Courtois, Samuel Dudouit, Sylvie Durbec, Mohammed El Amraoui, Antoine Emaz, Sylvie Fabre G., Petr Král, Marc le Gros, Camille Loivier, Sophie Loizeau, Christophe Marchand-Kiss, Emmanuel Moses, Gérard Noiret, Lionel Ray, Valérie Rouzeau, Jean-Luc Steinmetz, Franck Venaille et Jean-Jacques Viton. Le tout sous la direction de François Rannou, directeur de la collection L’inadvertance et dont la propre voix éclaire ces Voix intermédiaires.

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LE PROJET

Prenant le contre-pied du processus habituel d’édition d’un ouvrage de ce type, j’ai voulu partir des lecteurs pour choisir les textes de cette anthologie.

Description et conditions de réalisation du dispositif de départ
Le principe

L’invitation est formulée de la façon suivante : « Parmi plus d’une centaine de livres de poésie dont les auteurs sont tous vivants, choisissez le poème (possibilité d’en choisir plusieurs) qui vous touche, intrigue, saisit, retient, etc.
Lisez-le, pour ceux qui le désirent, à haute voix devant une caméra…
L’ensemble des choix effectués par les lecteurs présents au cours de cette journée constituera une anthologie qui sera publiée sous forme de livre électronique et papier par les éditions Publie.net.
Apportez votre disponibilité, votre bonne humeur et votre voix… peut-être aussi un plat à partager pour le pique-nique du midi… »

Les lecteurs… et le vidéaste

Tout d’abord, tous ceux qui viennent font le choix de répondre à cette invitation en acceptant le principe de départ.
Le projet se met en place avec des personnes de tous horizons : social, culturel, urbain/rural, etc. Ne sont pas des lecteurs, déjà, de poésie, peuvent même être réticents à ce « genre » littéraire.
Le groupe se forme entre 10 et 20 personnes.
Le vidéaste sera présent dès le début de la journée. Un repérage aura été fait avant cette journée afin que des lieux possibles puissent avoir été prévus (ne pas oublier l’importance de la lumière). La personne qui filme fait partie intégrante du projet.

Les livres proposés

150 livres de poésie d’auteurs vivants sont proposés à la lecture. D’Olivier Apert à Christophe Marchand-Kiss en passant par Antoine Emaz, Sylvie Fabre G., tous les courants poétiques actuels sont représentés, un livre de chaque auteur seulement (et pas obligatoirement le livre le plus récent).

2 unités nécessaires : lieu et temps

Il est préférable que soit choisi un lieu à la fois clos et ouvert, suffisamment spacieux aussi (il faut que les personnes puissent avoir un espace pour se poser, s’isoler, marcher… ne pas oublier les conditions météo : il faut pouvoir se réfugier à l’intérieur en cas de pluie.)

Ce lieu doit permettre également de partager un petit-déjeuner d’accueil et un repas de midi afin que les lecteurs puissent échanger entre eux, dialoguer, discuter… C’est un moment important dans la journée !

Le déroulement de la journée

À 9h30, l’accueil se passe autour d’un petit-déjeuner.
Puis c’est la présentation détaillée du projet et plan de la journée.
Dans la matinée, chacun découvre les livres, les feuillette, lit, repose les ouvrages, en retient un ou plusieurs…
Chacun échange avec les autres participants, choisit le poème qu’il veut lire et le lieu où la caméra filmera sa lecture…
À 13h30, rendez-vous est donné autour d’un pique-nique. Chacun présente le(s) texte(s) retenu(s).
À partir de 14h00, débute le tournage des séquences de lecture.
Discussions, échanges…
Cela se termine à 19h30 autour d’un apéro.

Étapes vers le livre électronique et papier

Au bout de la journée, chaque participant écrit les références du texte choisi (ou des textes retenus), son nom, ses coordonnées postales et adresse mail.
Chacun est invité, s’il le désire, à faire part, par écrit, de ses sentiments et/ou sensations de lecteur (de manière libre, créative ! il ne s’agit pas d’un travail scolaire).

Un premier travail de conception et de mise en page du livre en fonction de ses supports est réalisé (petit rappel : il ne s’agit pas, pour le livre électronique, d’un PDF mis en ligne mais d’une forme spécifique incluant textes, images fixes, vidéos et sons, et renvoyant à une page web dédiée aux vidéos trop lourdes qui n’auraient pu intégrer le livre sous format EPUB ; cf. mon texte : Poésie et livre électronique : une question d’espace dans Lectures et médiations numériques).

Pour fêter le lancement du livre, un temps fort est organisé où lecteurs et quelques poètes se rencontrent.
Enfin, c’est la correction des épreuves, l’examen du bon à tirer, et la mise en place du livre ainsi que son lancement.

Réflexions et questions

Ce projet, par la réussite de sa mise en place, suscite des questions et permet d’envisager certains « rapports » sous un autre angle.
Le lecteur est-il encore le récepteur passif qui vient au bout d’une chaîne de production : du poète « producteur » au lecteur « consommateur » par le biais d’un distributeur-diffuseur éditorial ? En devenant auteur de sa lecture, ne rend-il pas vraiment vivant le texte lu et ne lui redonne-t-il pas sa dimension de « main tendue », selon l’expression de Celan ?

Ne faut-il pas, pour que la lecture d’un livre de poésie puisse devenir un plaisir profond, prendre en compte l’importance de plusieurs dimensions complémentaires : la lecture silencieuse qui se fait dans son coin, le plaisir de partager avec d’autres sa lecture : échanges, discussions, invitations à lire, celui de lire à haute voix, de sentir le poème résonner dans son corps, celui, aussi, de s’en sentir « responsable » ?

Autant de pistes évoquées ici, qui demanderont à être approfondies. Il fallait que cet objet existât, sous cette forme se concrétisât. Bonne lecture, bonne découverte !

François Rannou

 

 

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