Les Trois Yeux chez Mark et Marcel 12/07/2013 – Publié dans : La revue de presse, Notre actualité – Mots-clé : , , , , , ,


Merci à Nathalie, @1pseudodeplus sur Twitter pour cette magnifique chronique ! Quand on vous dit qu’il faut lire ArchéoSF…

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Il avait cet air que l’on prend quand on affronte la mort, et, brusquement, d’un geste unique, il tira le rideau de serge noire.

Maurice Leblanc, Les trois yeux, paru en revue en 1919, en livre en 1920, édité chez ArchéoSF (une mine d’or), achetable sur Publie.net.
Ah, je me suis régalée ! Il s’agit d’un petit roman d’anticipation, qui se dévore avec plaisir.
L’histoire ? Le narrateur (un crétin fini) est Victorien Beaugrand. Son oncle, Noël Dorgeroux, inventeur génial, a fait une découverte sensationnelle. Jugez plutôt : en passant une certaine sorte de peinture sur un mur de son jardin, apparaissent des images du passé, comme si quelqu’un avait filmé les événements des siècles passés pour les projeter dans ce petit pavillon de Meudon.
C’est le point de départ. Puis s’ensuit une histoire d’amour, un meurtre sauvage, une découverte scientifique de première ampleur et quelques rebondissements. Autant le dire : on retrouve ici la maîtrise de la narration telle qu’elle apparaît dans L’Aiguille creuse. Surprises, révélations, retournements de situation. C’est vraiment le rythme qui fait la réussite du texte, ainsi  que les mystérieuses visions du passé, dont la description est pleine de beauté. Les personnages n’ont guère de profondeur, à l’exception du méchant, seul à être vraiment intéressant.
On trouve également dans ce roman des éléments fréquents dans les romans de l’époque (place respective des femmes, des scientifiques, de la presse, du public). Le livre est de 1919 et c’est important : une des visions est celle de la construction de la cathédrale de Reims. Et sa destruction par les Allemands pendant la Première guerre mondiale, un énorme traumatisme pour tout le pays, l’équivalent du pillage du musée de Bagdad plus récemment.
Et ainsi, malgré les doutes qui demeurent, malgré les incertitudes et les contradictions, et, disons le mot, malgré les impossibilités qui paraissent encore, dans l’état actuel de la science, s’opposer à l’adoption de cette hypothèse, on peut croire, en toute sincérité, que la lumière est faite sur ce qu’on a justement appelé la plus incompréhensible énigme qu’ait soumise aux hommes l’incompréhensible nature.
J’avance dans la Destination PAL. L’illustration de couverture provient de Publie.net.