[NOUVEAUTÉS] Argus du cannibalisme, Proférations de la viande & Petits récits d’écrire et de penser 01/03/2017 – Publié dans : Notre actualité – Mots-clé : , ,

Paru en 2011 en numérique, l’étonnant Argus du cannibalisme de David Christoffel est désormais disponible en papier ! L’accompagnent Proférations de la viande, de Michaël Glück et Petits récits d’écrire et de penser, de Dominique Dussidour que nous rééditons aujourd’hui dans notre format actuel. 

 

 

Argus du cannibalisme

Dans la démarche de David Christoffel, l’écriture et la voix sont indissociables : l’écriture garde d’ailleurs les signes de la partition. Elle ne s’éloigne pas du contemporain, de ce qui nous entoure au plus près. C’est la partition, les ruptures de l’intonation, les ellipses de la syntaxe qui vont happer les différents registres de la parole, celle que nous employons tous les jours, celle que nous hissons devant nous au moment d’écrire. Les nappes alors se superposent, s’entrechoquent, la rhétorique se disloque et c’est cette relation de toujours des mots aux choses, de l’écriture au monde, qui surgit devant nous, avec cette attention digne des lettristes, souvent une vraie joie déclamatoire, et la convocation de tous les anciens rites de déclamation – voir le Récital pour Hyppolite Rougon ou les Poèmes pour mégaphone.

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David Christoffel rend la musique audible dans le langage.

Matthieu Gosztola, dans Hypothèses

 

Argus du cannibalisme, de David Christoffel
104 pages
ISBN papier 978-2-37177-485-8
ISBN numérique 978-2-8145-0396-0
12,50€ / 4,99€ 

 

Proférations de la viande

Une lave sans ponctuation, avec voyages par routes et trains, et se jeter aussi dans la langue des autres, mais où toute l’histoire et la violence du présent bruissent.

Une colère et une rage qui viennent s’incarner par le chant et le rythme, que ça s’appelle beauté, mais inclut à égale surface les villes, les voyages, la folie.

Un poème d’une seule filée de prose, 4 parties violentes, brutales même. La vie y est parfois arrêtée : le narrateur parle de la mort traversée, de la plaie des jours, des attentes, du corps.

Mais que c’est tout le destin et le plus obscur d’un présent en vertige dont alors l’écriture peut se saisir.

Les vieux prophètes de la Bible le savaient. Ici, on ne quitte pas l’expérience quotidienne, on s’en va voir ce qui traîne sur le sol de la gare de Maubeuge, s’il faut conjurer tout lyrisme vide. Mais c’est bien ce vieux fil de la voix dressée qu’une fois dans sa vie il est bon de pousser à l’excès jusqu’où il nous devient chose com- mune.

Michaël Glück est né en 1946, il vit à Montpellier. C’est un de nos grands poètes.

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« Proférations de la viande » - Teaser : extraits du texte lu par la compagnie L’Oreille interne

Proférations de la viande, de Michaël Glück
72 pages
ISBN papier 978-2-37177-482-7
ISBN numérique 978-2-81450-176-8
10€ / 4,99€ 

 

Petits récits d’écrire et de penser

Dominique Dussidour publie des romans. La loi du roman, c’est qu’on ne visite pas les soutes, qu’on ne voit pas les cuisines. Mais l’auteur, toute la durée du travail, n’a affaire qu’aux machines, aux constructions, au pilotage. Cessons la métaphore : Dominique Dussidour ici s’en dispense. Ce que le texte prend de soi (quand aux rêves des morts, quand on parle au père), les géométries et les matières (« penser sur de la tôle ondulée » ou bien « formuler sa grammaire »). Puis orienter, savoir ce qu’on cherche et comment on procède (« formuler sa grammaire », « écrire en ligne droite »).

Puis tout simplement la pensée, la voix, l’arrachement, le fait de nommer (« sans titre »). En nous invitant dans son atelier, c’est à une exploration de nous-mêmes dans le temps de l’écriture que nous convie Dominique Dussidour. Pas de texte, dans ces dix « petits récits d’écrire et de penser » qui donne mieux envie de se risquer là, de se saisir de cela, qu’on ne nomme qu’au prix de la marche, de l’inconnu, voire de la perte.

FB

Sobrement, D. Dussidour mêle réflexions fusées (éclairantes) sur l’écriture en train de se faire et éléments intimes tels que la mort (ici celle du père) qui provoque en elle « quelque chose de grammaticalement inapaisable ».

Bruno Fern, dans Poezibao

 

Petits récits d’écrire et de penser, de Dominique Dussidour
104 pages
ISBN papier 978-2-37177-484-1
ISBN numérique 978-2-81450-477-6
12€ / 4,99€