[NOUVEAUTÉS] Parutions & rééditions papier 08/02/2017 – Publié dans : Notre actualité – Mots-clé : ,

Plusieurs parutions papier à signaler aujourd’hui, à commencer par Le lac de Jean-Pierre Suaudeau, accompagné d’une réédition de Femme à la nature morte et de Elles en premier toujours, de Jacques Serena ! 

 

 

Formes hybrides entre romans, récits, nouvelles, poèmes, les livres de Jacques Serena et Jean-Pierre Suaudeau se répondent, et c’est avec beaucoup de joie que nous en proposons aujourd’hui deux rééditions (Femme à la nature morte et Elles en premier toujours, textes revus et corrigés, avec nouvelles couvertures) pour accompagner la parution papier du Lac. Au printemps, c’est le prochain roman de Jean-Pierre Suaudeau que nous accueillerons, pour prolonger les parcours de lecture que nous tissons ici.

Le lac

Y a-t-il, en littérature, un voyage en Suisse comme il y a le voyage en Italie ? Y a-t-il même (les amis de Suisse romande vont crier que non !) une spécificité suisse du paysage, du temps, voire de la littérature ?

Et si la réponse n’était pas si simple ? Y aurait-il La Montagne magique de Thomas Mann sans Davos, qui pourtant n’aide pas, aujourd’hui, à approcher la magie spéciale de cet immense roman, la façon dont un microcosme vient régler la totalité des relations humaines et faire bifurquer leur devenir ?

Rapprochement, parce que c’est ce que j’ai éprouvé en découvrant le manuscrit de Jean-Pierre Suaudeau.

Le narrateur arrive en Suisse, au bord du lac Léman, pour y séjourner. On n’en saura absolument pas plus sur lui-même. Sa passion à écrire, son enquête sur Rousseau, ne sont pas un prétexte suffisant pour l’ampleur du récit.

L’eau sans doute est importante. Jean-Pierre Suaudeau est d’ouest, il habite la région nantaise, est instituteur dans un village des marais qu’a si bien décrit Julien Gracq dans La Presqu’île. C’est plutôt chez Claude Simon qu’il faut chercher son horizon de langue : l’ampleur parfois lyrique de la phrase, l’attention aux signes, aux objets, aux dispositifs de représentation, et la volonté aussi de ne jamais rien laisser s’installer de stable. La phrase se casse, le récit s’ouvre, sa teneur poétique est scrutée dans l’intérieur des mots.

Mais c’est bien avec ces seuls outils, l’eau ouverte et le vent d’ouest, que Jean-Pierre Suaudeau aborde sa matière Lac. De couleur, de clôture, de clapot, d’odeur : qu’y a-t-il, dans notre imaginaire, dans nos rêves, qui sépare celui qui vit près d’un fleuve de celui qui vit près du lac ?

Alors, bien sûr, on quitte toute spécificité de territoire : il y a un hôtel, le lac, la ville, quelques personnages, des livres, où Paul Celan viendra à la fin percuter et remplacer Rousseau, il y a – parce que c’est la Suisse et qu’on y a tous des souvenirs artistiques de cet ordre –, de l’art contemporain (Rauschenberg) et des expositions (Giacometti), et le travail de la littérature s’exerce sur l’intérieur de qui s’y livre – résurgence de la mort, des proches qui sont morts, résurgence de l’origine de la langue, résurgence du temps et qui s’en travaille, nous travaille.

C’est à ce voyage, où la langue est à chaque page le lieu et le vecteur de l’expérience, que nous invite Jean-Pierre Suaudeau.

FB

Le lac, de Jean-Pierre Suaudeau
160 pages
ISBN papier 9782371774797
ISBN numérique 9782814502352
15€ 

 

Femme à la nature morte

On croit vivre.
Il suffit d’un rien parfois pour que la vie bascule.
Et la chute irrémédiable qui s’ensuit.
Les voit-on autour de nous, tous ces corps tomber ?

Femme à la nature morte dessine le portrait d’une femme qui, un matin, décide de ne plus subir.
C’est le portrait de Lisa, mouton égaré parmi les loups.
Et le sort qu’on lui réserve au troisième millénaire.

C’est un portrait tracé à partir de ce que Lisa raconte, a préféré taire ou inventer, et que le narrateur tourmenté se rappelle, imagine, échafaude.

C’est la reconstitution d’une double chute.
et d’une seule rédemption.

Ce serait une fiction.
Peut-être.

Deux extraits à écouter ici :

 

 

Femme à la nature morte, de Jean-Pierre Suaudeau
288 pages
ISBN papier 9782371774834
ISBN numérique 9782814503243
22€ 

 

 

Elles en premier toujours

Ce recueil articule entre elles quatre formes brèves, Elles en premier toujours, Wagon, Artisans et Musaraignes. Le lecteur y croise des personnages en marge de toute norme, tous plus pathétiques les uns que les autres, aux trajectoires et aux projets sans avenir encore plus improbables qu’eux-mêmes, et pourtant. D’avoir trébuché, un jour que l’on ignore, ils ne se relèveront pas, ou alors d’une manière si imprévue que chacune de leurs heures est matière à fiction, comme une histoire condensant en soi tout le drame qu’il y a à être eux. Sans jamais trop désespérer, chacun trouve la grâce de l’abîme, continuera ses acrobaties en cours de chute.

Le livre lu par Jean-Paul Gavard-Perret :

Les per­son­nages de ces quatre textes ont quelque chose d’obsessionnel. Mais il est vrai – et comme le dit un vieux pro­verbe — que « les poules ne font pas des merles ». Les héros de Séréna sont donc à son image. Et on lui en sait gré. Car étant notre sem­blable, notre frère nous nous retrou­vons en eux. Et bien sûr en Elles.

Elles en premier toujours, de Jacques Serena
152 pages
ISBN papier 978-2-37177-486-5
ISBN numérique 978-2-8145-0227-7
15€ 


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