La lettre d’info : septembre 2015 13/09/2015 – Publié dans : La lettre d'info – Mots-clé : ,

Chers amis,

Il faut pas m’en vouloir, mais j’ai eu envie de détourner cette newsletter pour parler d’autre chose. Laisser la promo de côté et écrire quelque chose. C’était mieux que parler, écrire. Je voulais écrire quelque chose à propos du mouvement. Ce que c’est, pour nous qui sommes embarqués dans cette aventure (la littérature, l’édition, le partage de nos voix et de nos écritures), qu’aller vers d’autres formes, ouvrir d’autres horizons… Est-ce encore de la promo ? Cette idée de mouvement, elle est partout. Par exemple, depuis que j’ai officiellement pris mes fonctions au début de ce mois, je ne me déplace plus sous la terre, le corps statique, enfermé dans une rame de métro, comme je l’avais toujours fait jusqu’alors. Je roule la ville à la surface, à vélo, et c’est une toute autre géographie que je touche. J’aimerais être là, m’arrêter le long d’un trottoir et passer la porte d’une librairie au hasard et voir du Publie.net sur les tables, juste en passant. On ne va pas se mentir, nous n’y sommes pas encore. On y travaille. Dans ce y, il y a : œuvrer pour une meilleure disponibilité de nos livres papier, établir de nouveaux partenariats avec les libraires et les bibliothèques, organiser des évènements, des rencontres, des lectures avec eux. Ce qui n’était pas forcément possible du temps de la coopérative d’auteurs doit désormais le devenir.

Je voulais écrire quelque chose sur le mouvement, les frontières. La présence ou l’absence de frontières. Nous n’étions pas toujours d’accord, avec Mahigan Lepage (lire absolument ses Fuites mineures parues l’an dernier chez Mémoire d’encrier, un élan, un appel d’air, tout est en mouvement là-dedans), lors de la réorganisation des collections, notamment sur le fait de fixer des frontières. Le lancement de la collection, « La Machine Ronde » qu’il va, sans mauvais jeu de mot, chapeauter, vient (aussi) de là. « Lever la frontière », écrit-il dans sa présentation : Soleil gasoil, un magnifique recueil de Sébastien Ménard, sera là dans les prochaines semaines pour l’incarner. Le mouvement, les frontières, il en est terriblement question aujourd’hui sur tous nos fils d’actu et dans tous les écrans qui nous marchent dessus au quotidien, ça n’échappe à personne. Je voulais écrire quelque chose sur, entre autres, Navigations, sur Poreuse, sur Quand les mots du récit… J’imagine que le mieux, c’est d’encore de les lire eux, pas d’arpenter autour.

Marcello Vitali-Rosati et ses Navigations

Poreuse l’écriture : Juliette Mézenc par Marie Cosnay. Marie Cosnay sera également en lecture-rencontre à la librairie Charybde le 18 septembre à 19h30. En savoir plus.

Je voulais écrire quelque chose sur le mouvement, les images, le tumulte quand il se penche sur nous (et il se penche souvent). Nous sortons Laques ce vendredi, un récit magnifique de Gabriel Franck amputé de certaines de ses pages. Le texte a été écrit et composé ainsi, dans le tumulte, une page sur deux manquante, on peut le lire dans tous les sens : un récit de l’aléatoire dans la lignée des Malchanceux ou de Composition n°1. Tout est mouvement : les corps avec les corps et le corps de la ville, théâtre tatoué du récit, tout en buée fugace, tout en fugue, en cubisme. Quant à la Saga de Mô, elle atteint désormais son troisième épisode et nous emporte ni plus ni moins qu’en plein enfer de Dante : L’étang d’encre est paru cette semaine et attend qu’on s’y plonge.

Je voulais parler du mouvement, je voulais, autant que faire se peut, tourner le dos à la promo, je voulais lirécrire quelque chose le plus sincèrement possible (je ne sais pas si j’y suis parvenu). Je ferai mieux la prochaine fois.

D’ici-là, ne pas vous souhaiter une bonne rentrée, non : ne rentrez pas, partez, lisez, liez le web aux livres (et pas seulement les nôtres), aidez-nous à rester, le plus longtemps possible, oui, en mouvement,

Guillaume Vissac

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