[NOUVEAUTÉ] La Saga de Mô, T.3 : L’étang d’encre, de Michel Torres 09/09/2015 – Publié dans : Notre actualité – Mots-clé : , , , , , , , ,

Sortie aujourd’hui du troisième tome de la Saga de Mô : L’étang d’encre, que nos abonnés ont déjà eu la chance de découvrir en avant-première.

 

mockup-torres-3

L’Histoire ne mourant jamais, de l’étang de Thau à l’Enfer de Dante, arrivée brutale de l’oncle Henri, le dernier des pourris, la pire des raclures. À ses côtés, Mô, dilué dans le désespoir comme on se perd dans un brouillard façon Zyklon B, s’aventure à l’aveugle dans les neuf cercles fantasmagoriques peuplés de damnés nazis et de diables cornus. Comment ne pas le suivre dans cet Enfer tatoué de croix gammées quand on sait qu’il va faire la lumière sur la part d’ombre qui l’agite depuis son enfance ? Lancé dans ce cauchemar comme un chien dans un jeu de quilles, dans l’obscurité et la douleur, Mô découvre qu’il n’y a pas de limites à l’horreur.

Troisième tome d’une saga de six qui a déjà vu Mô, enfant dans La Meneuse, jeune adulte dans Aristide, plonger au propre comme au figuré dans les eaux noires de la lagune de Thau, L’étang d’encre approfondit encore cette veine particulière qui fait de La saga de Mô une série unique. Aux frontières du roman noir, du polar et du fantastique, dans une langue poétique écrite dans un accent du sud audible à la lecture, L’étang d’encre se place à la croisée des genres, des thèmes, des influences et des noeuds sombres de l’Histoire.

Mô, c’est le double trouble de son créateur Michel Torres, il est son jumeau sombre, le personnage récurrent de ses histoires ancré dans son environnement naturel, la lagune de Thau qui l’a vu naître, un micro-monde où il a navigué, plongé, baigné dans la sous-culture spécifique du bassin sétois. Il vit des aventures le plus souvent fantastiques enracinées dans un langage et un milieu rigoureusement authentiques.

Michel Torres écrit donc une saga : six romans noirs ethnographiques sudistes qui s’enchaînent dans un ordre chronologique et deux romans additionnels. Chacun peut être lu séparément sur un fil rouge tendu.

Toujours préparé par Danielle Carlès, comme les deux précédents, L’étang d’encre est une porte d’entrée possible dans la Saga : on peut parfaitement aller et venir en dehors des sentiers chronologiques. Mais c’est aussi l’occasion de découvrir les deux premiers tomes déjà parus courant 2014 si ce n’est pas déjà fait !

saga-ope

Calé sur le siège avant, Henri démarra le moteur. Accélérant progressivement, il quitta le bord et le canal pour s’engager sur l’étang.

Dès que la profondeur le permit, il chassa aux ballasts pour s’enfoncer et continuer leur route en toute discrétion sous trois ou quatre mètres d’eau verte. Navigation au compas, direction nord-est, et puis à vue pour contourner les tables des parcs conchylicoles. Sur le siège arrière, Mô ne pouvait que suivre la manœuvre.

« Et vous savez où vous allez ?

— À peu près… Maintenant on va naviguer vers l’est, nous ferons surface quand le fond remontera.

— Pas de périscope ?

— Et pas un vrai sous-marin, c’est plutôt un concept, un prototype. Je vais tâtonner mais on devrait avoir assez d’énergie dans les batteries pour traverser l’étang et plonger.

— Et pour le retour ?

— On improvisera. Retour de l’enfer…

— Si on revient.

— Tu as peur ?

— Juste intrigué. »

Ils firent surface trois fois pour se repérer et après deux heures de navigation, Henri annonça :

« On est dans le secteur. Je vais quadriller la zone. Ouvre les yeux, neveu.

— On cherche quoi exactement ?

— Une dépression, un cratère au milieu des longues algues. »

Une forêt de cymodocées vertes et brunes aux lanières verticales de deux à trois mètres de haut dissimulait le fond. La quête fastidieuse durait.

Mô, limite indifférent, suivait la recherche en touriste, pas vraiment concerné. Son oncle gardait le submersible au ras de la masse végétale et jurait en écarquillant les yeux. Ils naviguaient maintenant en eau trouble.

« C’est quoi cette turbitude ? J’ai jamais vu ça dans mon étang.

— Turbidité, neveu.

— Une turpitude de plus ?

— Tais-toi, parano, j’y vois, moi, un masque, comme un voile qui cacherait l’entrée, le passage.

— Vous rêvez.

— On brûle, je te dis.

— En enfer, sous l’eau… N’importe quoi. »

Henri tournait en rond dans une nébuleuse d’eau pure où, étrange paradoxe, l’on ne distinguait plus que des formes brouillées. Sans repères, il commençait à désespérer lorsque le fond flouté s’incurva de plus en plus vite…

Il cria :

« Je crois qu’on le tient ! »

Une clairière, une cuvette oblongue, et au centre un trou d’une dizaine de mètres de diamètre en forme d’entonnoir, il libéra l’air des ballasts et ils piquèrent du nez dans l’aven sans fond apparent.

 

Télécharger le livre numérique

Acheter le livre papier sur Place des libraires

Acheter le livre papier sur Amazon

Télécharger un extrait au format PDF

Télécharger un extrait au format EPUB

Pour lire, relire, prolonger la lecture, n’oubliez pas le site dédié à la Saga de Mô : http://lasagademo.publie.net/

L'auteur dans son milieu naturel… et celui de Mô, par la même occasion ! — Photographie © Louise Imagine

L’auteur dans son milieu naturel… et celui de Mô, par la même occasion ! — Photographie © Louise Imagine