Découvrir la littérature numérique avec Publie.net (I) : intro — chez SoBookOnline 15/11/2012 – Publié dans : La revue de presse, Notre actualité – Mots-clé : ,

Cette série pour plusieurs raisons :

  • De plus en plus besoin d’ordonner mes lectures en les rassemblant-blog-foyer, à mesure d’ailleurs que j’analyse les techniques d’appropriation efficaces de l’information (qui passent, en fait, essentiellement par les formes qu’on fait prendre à un document par l’entremise de la main et par la pratique du braconnage-Certeau). Sans découpage/collage, copier/coller, circulation, rassemblement, visualisation, projection, nul salut en effet. Alors aussi une manière d’expérimenter des formes de collage (par exemple, des captures d’écran d’annotations, qu’on verra dans cette série probablement), de circulation et d’inscription.

Marc Jahjah
 

  • Eu le sentiment-intervention (Salon du livre, SGDL, etc.; plus envie d’ailleurs) qu’on parlait beaucoup du livre numérique de manière fantasmée et très abstraite (« l’auteur », « le lecteur », « le droit », etc.). Sortir des visions désenchantées, fausses et idiotes (« On ne lit plus », « C’est la fin de la littérature », #blahblahblah, etc.) nécessite donc d’aller voir ce qui se fait, c’est-à-dire ceux qui produisent, pour ancrer territorialement le regard et le déplacer (c’est bien lui qui est en retard) vers cette production et ses acteurs. Ce qui nous amènera inévitablement à explorer des domaines que je ne maîtrise pas (typographie, gestion de l’espace, etc.) et plusieurs territoires (Twitter, Facebook, blog, etc.) à partir desquels je tenterai, parfois, de reconstituer un texte fini (manière de jouer au philologue). Mais rien de systématique ni de très abouti (on verra des répétitions sans doute : je n’ai rien pensé en amont, comme une construction d’ensemble, – et d’abord parce que je n’en ai pas les moyens – à l’inverse de la dernière étude de Alexandre Gefen – entre autres – sur la littérature dite numérique – citons aussi Saemmer, Bootz et Bouchardon) : juste des remarques, sans chercher à « faire le tour du propriétaire » (Publie.net, c’est un catalogue et un « domaine » très vastes – ce mémoire et cet article, pour mieux comprendre).
  • En Tanzanie cet été, quelques textes de Publie.net m’ont accompagné. Manière de rendre ce qu’on m’a donné (on ne remercie jamais assez).

Publie.net sobookonline Découvrir la littérature numérique avec Publie.net (I) : intro

Je ne sais pas par quoi je commencerai encore (II, etc.); je suis toujours très brouillon et désordonné. Sans doute « temps et espace » avec Accident de personne de Guillaume Vissac, ou plutôt : l’utilisation du blog, de Twitter et de Facebook dans l’écriture programmatique parce qu’ils fabriquent du temps commun et des cadres d’écriture (je le vois d’ailleurs en ce moment même égrener quelques tweets d’une oeuvre en gestation, parcellaire, qui sera bientôt rassemblée-fichier; mais cette gestation est déjà cette oeuvre). Avec Vissac, on peut d’ailleurs aussi aborder la question des postures et de la promotion d’un texte (il revient en permanence sur des « coups » à faire), de son devenir, qu’un auteur ne néglige jamais (voir par exempleIntroduction à l’étude de la stratégie littéraire de Fernand Divoire au début du XXème s et les travaux de Louis Diaz sur les scénographies auctoriales)

Marc Jahjah

Puis quelque chose sur « les petites formes » peut-être avec 46 villes, bourgs et autres lieux (lecture en ce moment même) de Nathanaël Gobenceaux et Cartons de Christine Jeanney. Puis un billet sur ces autres mains qui fabriquent les textes (Gwen, Roxane, François); puis, etc.

Capture d’écran 2013-04-27 à 19.08.48

Sans doute que cette série sera vouée à s’inscrire dans un plus vaste programme à terme dans lequel j’intègrerai Walrus, NumerikLivres, etc. et d’autres oeuvres rencontrées. Sans doute, aussi, que cette introduction, à la fin du voyage, n’aura plus de sens et que je la relirai un peu gêné. Ces certitudes seulement : 1. Une partie de la littérature se joue ici (j’ai l’air très naïf en le disant – Publie.net, tout le monde en parle depuis si longtemps-crétacé – mais l’accès à tout son catalogue-abonnement m’a permis de mesurer sa très grande richesse). 2. Il n’existe pas de texte sans préfixe (inter-texte, méta-texte, etc.) et ceux (les titres) donnés à lire – forme fermée, livresque – ne sont qu’un des états possibles d’une oeuvre constamment décentrée et fixée qu’à regret; 3. Lire ces textes, c’est aussi accéder, petit à petit, à un ensemble d’acteurs, c’est entendre, parfois, en levant la tête après être tombé sur un passage juste pour le goûter, le tintement de l’atelier de fabrication. 4. Donner à voir le livre numérique, c’est exhiber ses entrailles. On verra donc des photos d’index, de table de matières, de soulignements, de noms, de titres, de formes chargées de rendre compte de ce chaos ordonné en cosmos.