Robert Smith, nostalgie de l'adolescence saveur grisaille seventies 15/10/2012 – Publié dans : La revue de presse, Notre actualité – Mots-clé : , , , , ,

Merci à Philippe Castelnau pour cette chronique que vous pouvez trouver sur son excellent site, ici-même. On peut retrouver une autre chronique about rock’n’roll de Philippe en suivant ce lien ainsi qu’une chronique écrite par François Bonneau à propos de ce même Robert Smith, juste .

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Robert SmithPour nous qui avons grandi dans les années 80, Robert Smith est l’une des figures qui nous a guidé jusqu’au sortir de l’adolescence, le grand frère à qui l’on s’identifiait, émergeant de la sombre grisaille de la fin des seventies et du West Sussex de l’Angleterre. Sa musique était mélancolique, désespérée et triste comme nos adolescences, mais avait réchappé du nihilisme punk, suffisamment pour qu’en l’écoutant on se sente rebelle sans aller jusqu’à se mettre véritablement en danger.

C’est de cette adolescence-là qu’il est question, bien plus que du leader des Cure, dans le livre de Daniel BourrionJ’ai été Robert Smith, qui vient de sortir chez Publie.net : (…) échanger sa peau sa vie avec celle d’une star, qu’on s’imagine ça et qu’on comprenne qu’il y avait là une sorte de rêve fou et d’absurdité totale dont on n’avait pas le moins conscience, certain alors que c’était là que se ferait la sortie de la vallée et de la terre aux sillons hauts dont on voulait tant s’échapper (…).

Face à l’ennui, face à un avenir que l’on nous promettait difficile, dans un monde où le Sida venait d’apparaître, un monde frappé (déjà !) par la crise économique, un monde en guerre froide, un monde revenu de tous ses idéaux, que nous restait-il alors pour rêver, sinon (…) la légende dorée qu’on s’inventait au lycée des heures durant vautré sur les mauvais fauteuils aux teintes passées usées par des fesses et des fesses à jeans toujours pareils (…)

Les phrases coulent et nous entrainent sur les traces d’un passé proche et pourtant définitivement dépassé, où l’on s’achetait un walkman pour écouter nos cassettes metal ou ferrochrome, Dolby NR, le temps des premières virées et des premiers défis, le temps des premières bitures aussi. Mais c’est toujours la même histoire, en vérité, les idoles et le folklore changent, mais la blessure est la même, d’une génération à l’autre, et le texte ne peut que résonner fort en chacun de nous.

Dans l’argumentaire qu’il consacre au livre, François Bon parle d’une « prose poétique très dense et très brève ». On ne saurait mieux dire.

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