[NOUVEAUTÉ] Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après : volume 1 — 2006 | Laurent Grisel 07/05/2015 – Publié dans : Notre actualité – Mots-clé : , , , , , ,

Le Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après commence par quelques notes prises le jeudi 5 janvier 2006, sans aucune idée de ce que j’entreprenais, pas le moindre titre encore, aucune idée d’ensemble, seulement la nécessité de noter au jour le jour. Le sentiment régnait, alors, que nous vivions une époque de renversements, non seulement parce que la réaction s’en chargeait, des révolutions, mais aussi parce qu’en défense les questions que nous soulevions, soulevons, sont d’humanité, de civilisation. Nous n’étions pas découragés, de tout cela sortira un nouveau monde qui ressemblera fort à l’ancien car le nouveau est déjà présent, parce que l’humanité persiste. Il fallait noter de peur d’oublier, c’était aussi une manière de faire face à trop de messages angoissés et furieux de toutes parts. Comment prendre du recul, sinon en accumulant et que du tas de fatras émergent des figures, des fils à tirer, le régime politique presque sans masque à l’extrême droite, le monde ouvrier affamé et viré, la finance qu’on ne connaît pas et qu’on découvre, tous les équilibres du monde basculant — et ces fils se tissant, chacun en révélant d’autres, montrant, en se nouant, des vibrations du monde qu’on préfèrerait ignorer ?

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C’est devenu un livre peu à peu, en même temps que prenait forme l’effondrement. Fin 2008 j’avais trois piles de journaux et une petite bibliothèque, à peine le dixième de ce qui entre-temps avait paru en hâte sans même parler de tout ce qu’il faudrait lire, et en plusieurs langues, et étudier pour démêler l’écheveau — ce Journal ne vous donnera pas le fin mot de l’histoire, plutôt comment on s’oriente, autodidacte, et trouve faits et chiffres et hommes contre les propagandes volubiles et répétitives ; j’avais aussi 4,5 Go de données diverses, notes et copiés-collés au jour le jour, rangés par semaines, des pdf en veux-tu en voilà, des journées entières à enquêter, essayer de comprendre les sources, voir comment l’information et les mots cheminent, percolent, sautent d’un domaine de pensée à un autre. Il m’a fallu bien du temps pour tout récrire, chaque jour j’étais dans le jour écrit, j’ai écrit ce que j’ai pensé au jour le jour, heure, minute, les courriels notent même les secondes ; ce que vous lisez est le vrai journal : un présent reconstitué.

Mon ami Laurent Margantin a offert l’hospitalité à ce texte sur son site ŒuvresOuvertes. Dominique Dussidour, amie et camarade d’écriture, en a été l’éditrice. C’est à l’image de ce que furent ces années, une non-solitude paradoxale — ce sentiment d’irréalité qu’on éprouve quand on est presque le seul dans son entourage à voir la vague qui vient et que le son strident de l’euphorie factice stupéfie ; simultanément ce qu’on perçoit et comprend, des milliers d’autres, bien plus, des multitudes le voient, l’entendent, le disent, se passent le mot et sans eux vous ne seriez qu’un ballot.

Merci aux amis qui m’ont aidé et soutenu et merci à vous tous, lecteurs.

— Laurent Grisel

Pour télécharger le livre, c’est ici ! Les liens d’achat pour le papier arrivent bientôt…

Et rendez-vous pour une lecture d’extraits de ce livre : ce jeudi 7 mai, à 19h30, à l’Auberge du vieux puits, au centre d’Aillant-sur-Tholon, 13 rue des Ponts > en savoir plus.