Signatures

Antonin Crenn

Vendredi 8 novembre > 17h

Quand votre maison n’existait que par intermittences, comment faisiez-vous des projets d’avenir ?

Le petit monde d’Alexandre, c’est son appartement, son quartier, son lycée, ses tableaux, ses amis. Mais il vit dans un Paris qui nous échappe, un Paris en deux dimensions tel qu’on peut le représenter sur un plan. Il s’en accoutume bien, même si la vie quotidienne de part et d’autre des pliures est parfois compliquée.

Pour autant, quelque chose brûle en Alexandre. Que peut-on attendre du monde ? Comment se situer dans un environnement sans horizon ? Dans une ville en mouvement instable, il s’en remet aux espaces et aux lignes de fuite pour faire l’apprentissage de sa propre ligne de vie. Adepte des formes courtes, Antonin Crenn réalise avec L’épaisseur du trait une aventure de grande ampleur. Dans la douceur et la sensualité des gestes, des regards, des architectures, il réenchante le thème du passage à l’âge adulte sous la forme d’un conte urbain à géométrie variable.

Virginie Gautier & Mathilde Roux

Samedi 9 novembre > 17h

Quelque chose s’écarte,

dans le paysage,

quand nous avançons.

Dans ce roman d’anticipation poétique, Mathilde Roux réalise des collages cartographiques incrustés de mots et Virginie Gautier arpente ce territoire avec les siens. Ensemble, elles réalisent, dans la confrontation du paysage aux interprétations de la carte, un récit à la jonction des univers, des genres et des esthétiques. Au fil des apparitions ou disparitions des terres et des signes qui se (re)composent, le tout emmêlé dans la texture du plan, se noue alors un dialogue qui ne cesse de pressentir les pires tumultes des époques futures.

Le travail de Mathilde Roux et Virginie Gautier est un départ en forme d’écart. Écart (...) avec la cartographie conventionnelle. Tournant les pages de ce livre, on ne peut qu’être frappés par les échos multiples d’une littérature qui a rompu les amarres avec les rivages d’un monde trop connu, trop cartographié : René Daumal et Alain Damasio sont là à n’en pas douter, comme en embuscade. Il y a en effet dans ces lignes tracées et ces cartes façon commune avec la géographie paradoxale du Mont analogue, avec celle, antipodique cette fois, de La Horde du contrevent. Sans compter qu’un Henry David Thoreau doit sans doute arpenter des grèves voisines. — Postface d'Alexandre Chollier.

La version numérique de ce livre a été soutenue par le CNL.

briend

Xavier Briend

Dimanche 10 novembre > 17h

Comment ça, votre pastis préféré ?
Mais Fred n’a pas le temps de répondre à William car arrive, William l’aperçoit dans le miroir, arrive, il se retourne vers l’entrée du bar, arrive, il voit la fameuse robe bleu clair qui dénote avec ce qu’il connaît de ses mini- jupes et de ses collants à couleurs vives, arrive, même si elle a toujours son fameux blouson trop grand pour toi, arrive, les cheveux attachés en queue de cheval (ce qui nous la change aussi), arrive, avec un de ses livres à lui sous le bras, arrive, la démarche plus assurée qu’auparavant, bref, arrive ♥ Christelle ♥ et il sourit.

Christelle ? Christelle est un peu perdue : sa mère qui ne la comprend pas, son père qui ne cesse de radoter avant de prendre la fuite, William qu’elle vient de rencontrer en plein conflit larvé avec le sien, de père, William et son entreprise mondialisée, ses rêves écolos, ses souvenirs d’adolescence et son projet de roman, William sur qui fantasme Fred, Fred le frère de Christelle, Christelle qui pense à Anthony, et Anthony à son avenir tout tracé et à ses parents...

Grâce à son humour et à un sens certain de la parodie, Xavier Briend décline les quiproquos à un rythme fou et transforme une petite ville de banlieue parisienne en théâtre de l’incommunicabilité. Prenant en permanence le lecteur à contrepied, ce premier roman est un modèle d’architecture narrative. Ambiance garantie.

C'est l'occasion de se rencontrer en personne, de discuter, de découvrir nos livres…

Espace des Blancs Manteaux
48 rue Vieille du Temple
Paris 4e — Métro Hôtel de ville

Entrée libre