[NOUVEAUTÉ] L'Intelligence des fleurs, de Maurice Maeterlinck 14 mai 2020 – Publié dans : Notre actualité – Mots-clés : , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Nous avons récemment mis à jour l'incontournable La vie des abeilles, de Maurice Maeterlinck, qui inaugure un cycle important de l'œuvre de l'écrivain belge. Dans ce premier opus, Maeterlinck, décortique notre société via celle des abeilles, de son organisation sociale, et du rapport qu'ont ces insectes avec le monde qui les entoure. Dans ce deuxième opus, nous partons à la découverte de la société des fleurs, et, toujours à travers elle, de la nôtre. Maeterlinck révèle à au fil de ces pages une réflexion philosophique sur sa conception du monde. En comparant l'Homme et l'animal, l'Homme et l'insecte, l'Homme et l'arbre, l'Homme et la fleur, en distillant son savoir botanique et entomologique au travers du miroir humain, il pose la question universelle de notre existence. Mais au-delà de la simple évocation des fleurs, Maeterlinck aborde également diverses thématiques : la mesure des heures, les parfums, la guerre, le Roi Lear, la morale, l'injure, le pardon, le devoir social, la guerre, et même l'immortalité. C'est tour à tour passionnant et profond, vibrant comme un appel à la nature.

Je veux simplement rappeler ici quelques faits connus de tous les botanistes. Je n'ai fait aucune découverte, et mon modeste apport se réduit à quelques observations élémentaires. Je n'ai pas, cela va sans dire, l’intention de passer en revue toutes les preuves d'intelligence que nous donnent les plantes. Ces preuves sont innombrables, continuelles, surtout parmi les fleurs, où se concentre l'effort de la vie végétale vers la lumière et vers l'esprit.
S’il se rencontre des plantes et des fleurs maladroites ou malchanceuses, il n'en est point qui soient entièrement dénuées de sagesse et d'ingéniosité. Toutes s'évertuent à l'accomplissement de leur œuvre ; toutes ont la magnifique ambition d'envahir et de conquérir la surface du globe en y multipliant à l'infini la forme d'existence qu'elles représentent. Pour atteindre ce but, elles ont, à raison de la loi qui les enchaîne au sol, à vaincre des difficultés bien plus grandes que celles qui s'opposent à la multiplication des animaux. Aussi, la plupart ont-elles recours à des ruses, à des combinaisons, à une machinerie, à des pièges, qui, sous le rapport de la mécanique, de la balistique, de l'aviation, de l'observation des insectes, par exemple, précédèrent souvent les inventions et les connaissances de l'homme.

[…]

Ce n'est pas seulement dans la graine ou la fleur, mais dans la plante entière, tiges, feuilles, racines, que l'on découvre, si l’on veut bien s'incliner un instant sur leur humble travail, maintes traces d'une intelligence avisée et vivante. Rappelez-vous les magnifiques efforts vers la lumière des branches contrariées, ou l'ingénieuse et courageuse lutte des arbres en danger. Pour moi, je n'oublierai jamais l'admirable exemple d'héroïsme que me donnait l'autre jour, en Provence, dans les sauvages et délicieuses gorges du Loup, tout embaumées de violettes, un énorme Laurier centenaire. On lisait aisément sur son tronc tourmenté et pour ainsi dire convulsif, tous les drames de sa vie tenace et difficile. Un oiseau ou le vent, maîtres des destinées, avait porté la graine au flanc du roc tombant à pic comme un rideau de fer ; et l'arbre était né là, à deux cents mètres au-dessus du torrent, inaccessible et solitaire, parmi les pierres ardentes et stériles.

Au sommaire

L'intelligence des fleurs
Les parfums
La mesure des heures
L'inquiétude de notre morale
Éloge de la boxe
À propos du Roi Lear
Les dieux de la guerre
Le pardon des injures
L'accident
Notre devoir social
L'immoralité

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ISBN 9782371772465  : 1,99€

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