Cinq bonnes raisons de lire L’Empire Savant, roman historique d’anticipation écrit par un Compiégnois 29 janvier 2020 – Publié dans : La revue de presse – Mots-clés : , ,

Merci à Fanny Dollé du Courrier Picard pour son article autour de L'Empire savant que nous reproduisons ci-dessous.

Vincent Haegele, ancien conservateur des bibliothèques de Compiègne, présentera ce samedi 25 janvier, le roman « L’empire savant ». Un ouvrage de science-fiction écrit dans les années 1820 par Pierre-Marie Desmarest, chef de la police secrète napoléonienne. Nos cinq bonnes raisons de s’y plonger.

1. Un ouvrage découvert par hasard… dans un carton d’archives !

L’histoire de ce livre commence comme un roman. En 2013, Vincent Haegele, en « archéologue des greniers », se plonge dans l’exploration des fonds de la bibliothèque Saint-Corneille, en vue d’identifier les manuscrits les plus intéressants à numériser. « Je ne pensais pas tomber sur les feuillets d’un roman. Je savais que Pierre-Marie Desmarest avait écrit ses mémoires, que c’était un bon écrivain. Mais quelle ne fût pas ma surprise de le découvrir romancier ! » Le conservateur mettra près de deux ans à remettre en état les feuillets « certains numérotés, d’autres non ». L’histoire reste inachevée, des chapitres manquants suite au décès de l’auteur.

2. Il a été écrit par le chef de la police secrète de Napoléon

L’auteur n’est pas un simple flic de rue mais une grande personnalité de l’ère napoléonienne. Né à Compiègne en 1764, Pierre-Marie Desmarest était, après Fouché, l’un des policiers les mieux renseignés de France. En retraite forcée à partir de 1815, il se retire sur ses terres compiégnoises. « Comme policier, il avait développé un sens aigu d’observation de ses contemporains qu’il a mis au profit de la littérature. »

3. Il s’agit de l’un des premiers romans de science-fiction

Avant lui, d’autres auteurs se sont prêtés au jeu de l’exercice de l’anticipation. En 1771, Louis Sébastien Mercier écrit la version originale de L’An 2440, considérée comme un des premiers textes d’anticipation. « Selon moi, il s’agissait là plus d’un pamphlet politique qui parle de la société du XVIIIe siècle que d’une société future. En cela, l’œuvre de Pierre-Marie Desmarest est plus aboutie. »

4. Un auteur visionnaire

Le Compiégnois était à contre-courant de l’esprit positiviste du XIXe siècle. Il ne croit pas, par exemple, que l’évolution technologique sera forcément synonyme de bien-être. Dans son roman, l’aventurier Isidore évoque un appareil qui passe à travers les murs pour écouter les conversations. « Las de gouverner à vue selon les mouvements de l’opinion, le Vizir finira par remiser sa technologie au placard. »

5. Il préfigure le comic des Black Panther

L’intrigue se place dans une contrée au cœur de l’Afrique, à la rencontre d’une civilisation africaine cachée dans les montagnes et ultra-avancée préfigurant sans le savoir le célèbre comics « Black Panther ». L’écrivain était sensible à la cause anti-esclavagiste durant la Révolution. « Il craignait qu’il n’arrive en Afrique la même colonisation que celle vécue en Amérique par les colons espagnols. »

« L’empire Savant » aux éditions publie.net. Samedi 25 janvier, de 15 à 17 heures, à la bibliothèque Saint-Corneille. « Desmarest, Jules Verne et Cie : une archéologie de la science fiction » Une présentation inédite et éclairée des œuvres de Pierre-Marie Desmarest, Jules Verne et d’autres auteurs de fiction spéculative par Vincent Haegele, Daniel Compère, maître de conférence à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 et Philippe Ethuin, créateur d’archéo SF, spécialiste de l’anticipation des siècles passés.

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