[NOUVEAUTÉ] Al Teatro, vol 3 : Moros, de Stéphanie Benson 22/05/2019 – Publié dans : Notre actualité – Mots-clés : , ,

La fin du monde se poursuit inexorablement. Car une fin du monde, c'est du sérieux, ça se prépare, ce n'est pas qu'un point fixe dans le temps, ça évolue, ça vit, ça prend de l'ampleur. Et c'est exactement ce qui se joue dans le troisième volet de la série Al Teatro de Stéphanie Benson. Le think tank du mal déjà aperçu dans les précédents volets continue de tirer les ficelles de la destruction dans l'ombre pendant que, dans la lumière, Katz et son équipe, au bord du burn out, tentent de limiter les dégâts. Un nouvel opus international (on voyage beaucoup) et plus que noir que jamais. Accrochez-vous, et rendez-vous à l'automne pour l'apothéose finale.

Ils voulaient détruire le monde, et le monde avait pris un sacré coup dans l’aile. Guerres, épidémies, pollution à grande échelle... En termes d’Apocalypse biblique, c’était un franc succès.

En direct sur les écrans, partout dans le monde, la planète implosait. Meurtres, viols, kidnapping, attentats. Une apocalypse de tous les instants déferlait sur tous les continents, avec un homme, une ombre aux manettes. On l’appelle Milton, Abaddon, ou le diable en personne. Quelques fragiles réseaux de résistance se mettent en place pour lui faire face : Katz et son équipe au bout du rouleau, Tirzah et les anges qu’elle a mis au monde dans le précédent épisode. Entre enquête traditionnelle et capacités surnaturelles, sauront-ils trouver les clés pour éviter le chaos ?

Troisième volet d’une tétralogie pré et post apocalyptique, grand roman sur le Mal, Moros est une terrifiante descente aux enfers dans laquelle tous les travers de notre monde présent se trouvent exacerbés. La quête d’une solution passera par le Japon, l’Europe, ou l’Afrique du Sud et jusqu’aux féminicides tristement célèbres du nord du Mexique. Et où que l’on se trouve, personne ne sera à l’abri.

 

Tharmas

Au cœur du tourbillon du monde en désintégration chaotique se trouve un œil. Qui ne voit pas. Aveugle lac de calme dans lequel il ne se passe rien. Autour, tourne le manège des membres arrachés, tripes explosées et vies écrasées de la déesse Guerre et de ses multiples enfants. Des guerres dans lesquelles plus personne ne sait très bien qui combat qui, où se trouve l’ennemi à abattre, ni même s’il reste encore un territoire à conquérir. La guerre est devenue une entreprise économique de destruction, war for war’s sake : peu importe qui je frappe pourvu que je sois le dernier debout. Last man standing.

Qui est l’œil ?

Appelons-le Tharmas.

Dans le grand jeu de massacre planétaire, Tharmas lance les dés. Eh hop ! Cinq et quatre font neuf, j’oppose la Libye à la Tunisie. Dix-huit mille hommes d’un côté, quinze mille de l’autre mais une ferveur religico-politique pour décupler leur nombre. La géopolitique ressemble à une cour d’école primaire, le rôle du stratège consistant à monter Billy contre Paul-Henri, juste avec les bons mots. Savoir prononcer les bons au bon moment. Tu sais, Billy, eh bien, Paul-Henri a dit que t’avais un gros cul. Tu sais, Paul-Henri, eh bien, Billy a dit que ta sœur, c’est une salope. Appliquer la simplicité enfantine à la situation économique, politique, ethnique, à déstabiliser. Les paroles de l’instant.

Tharmas s’amusait comme un petit fou.

Il devait cependant tenir compte du fait que certains membres du Cercle avaient rencontré quelques contretemps depuis le début de la partie ; Ulro poignardé par un tueur en délire, Urizen carbonisé par un dragon — ça, c’est la classe — Vala abattue alors qu’elle venait de terrasser le dragon en question. Oui, la délégation française était réduite à rien. Heureusement, il restait du monde. Civilisé, s’entend : la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne. Le Japon.

Dans le grand jeu de massacre planétaire, Tharmas et ses amis s’étaient mis d’accord pour épargner, dans la mesure du possible, les pays dont ils étaient issus. Les ex-États-Unis avaient subi le plus grand coup de torchon de leur existence ; tremblements de terre, bombardements ; il n’en restait pas grand-chose. Retour de bâton. La Chine tenait la corde pour la deuxième place. Tharmas comptabilisait les pertes subies par l’Inde et songeait à une mise en statistiques de la guerre civile multipartite qui faisait rage dans l’ex-bloc soviétique quand le téléphone carillonna.

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288 pages
ISBN papier 978-2-37177-538-1
ISBN numérique 978-2-8145-0507-0
20€ / 5,99€

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