[NOUVEAUTÉ] On s’envole sur la Lune avec « Les exilés de la Terre » d’André Laurie, sur ARCHÉOSF ! 08/05/2015 – Publié dans : Notre actualité – Mots-clé : , ,

Publication ce jour des Exilés de la Terre, d’André Laurie, ouvrage numérique composé de plus de 70 illustrations de George Roux, présentes dans l’édition originale (Librairie Hachette, collection Hetzel, 1887). Présentation par Philippe Éthuin, directeur de la collection ARCHÉOSF. Retrouvez-le également sur son site.

cover-laurieLe nom de Paschal Grousset (1844-1909), qui signait ses œuvres des pseudonymes d’André Laurie, Tiburce Moray et Philippe Daryl est sans doute un peu oublié aujourd’hui. Son rôle politique, intellectuel et littéraire à la fin du XIXe siècle fut pourtant de quelque importance. Participant à la Commune de Paris (1871), il est condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie dont il s’échappe pour vivre en exil en Australie puis en Angleterre jusqu’à l’amnistie de 1880. Dans les années 1880, il s’intéresse à l’éducation physique et s’oppose à Pierre de Coubertin, Grousset prônant une éducation physique égalitaire pour le plus grand nombre quand le père des Jeux Olympiques modernes propage une vision élitiste et fondée sur la compétition du sport.

En 1893, Paschal Grousset devient député socialiste et se montre soucieux de la défense des plus démunis, de l’ouverture à la culture du peuple mais aussi de patriotisme.

André Laurie est un auteur essentiel dans la constitution du genre « science-fiction » comme l’a encore récemment montré Daniel Compère. Il extrapole différents moyens de transports comme le tube transocéanique dans De New-York à Brest en sept heures (1888), met en scène des civilisations survivantes dans des Lost race novels (histoires de mondes perdus) dans Le Secret du mage (1889) ou L’Obus invisible(1905), découvre une ville sous-marine atlante (Atlantis, 1895) et nous livre l’histoire de Spiridon le muet(1906-1907) dans laquelle une fourmi géante représente une forme de vie non humaine douée de raison et d’intelligence.

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André Laurie est aussi un homme de son temps, fortement marqué par l’idéologie colonialiste : la première partie des Exilés de la Terre » annonce L’Invasion noire de Danrit par la description du fanatisme musulman qui se prépare à submerger le monde des infidèles. Laurie enchâsse en effet son aventure fictive dans l’histoire politique du Soudan soulevé par le Mahdi Muhammad Ahmad ibn ’Abd Allah. L’aventure s’ouvre en février 1884 avec la nomination du général Charles Gordon au poste de gouverneur général du Soudan, se déroule durant la résistance de Khartoum placée sous ses ordres et s’achève en janvier 1885 au moment où Paris apprend la chute de la ville et la mort de Gordon… Les mots employés tant par les personnages que par le narrateur illustrent ce parti pris et les craintes occidentales de l’époque.

En citant en exergue « Cyrano, Swift, Edgar Poe, Jules Verne et beaucoup d’autres », André Laurie se place dans une filiation. Savinien de Cyrano de Bergerac écrit vers 1650 Histoire comique des États et Empires de la Lune (publié de manière posthume en 1657, deux après la mort de l’auteur). Il y narre ses aventures, son départ de la Terre en machine à fusée et sa découverte des Sélénites qui vivent au Paradis. Jonathan Swift présente dans Les Voyages de Gulliver (1726) l’île volante de Laputa dont les habitants sont férus de mathématique, de physique et d’astronomie. L’Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaal(1835) d’Edgar Poe est la relation du voyage en ballon du citoyen de Rotterdam Hans Pfaal vers la Lune. Enfin est-il nécessaire de présenter De la Terre à la Lune (1865) et sa suite Autour de la Lune (1869) de Jules Verne dans lesquels les intrépides capitaines Nicholl, Impey Barbicane et Michel Ardan partent vers notre satellite à bord d’un confortable obus.

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Parmi les nombreuses œuvres qu’André Laurie ne mentionne pas citons L’Histoire vraie (ou Histoire véritable) de Lucien de Samosate (IIe siècle après Jésus-Christ), Entretiens sur la pluralité des Mondes de Fontenelle (1686), le « Great Moon Hoax », série d’articles parus dans The New York Sun en 1835 affirmant la découverte d’une vie sur la Lune, etc.

En revanche, deux sources d’inspiration des Exilés de la Terre ne sont pas indiquées. D’une part, dans le roman d’André Laurie, l’ingénieur Norbert Mauny imagine de rapprocher la Lune de la Terre : cette idée est déjà présente dans une illustration d’Albert Robida à la fin du roman d’anticipation Le Vingtième siècle (1883) intitulée « La Lune rapprochée. Départ de la première commission scientifique et colonisatrice ». D’autre part dans Hector Servadac (1877), les personnages de Jules Verne sont arrachés de la Terre au moment du passage de la comète Gallia et reviennent sur notre planète au moyen d’un ballon libre. Ces exilés de la Terre le sont tout aussi involontairement que ceux d’André Laurie.

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André Laurie sera suivi par de nombreux autres auteurs propulsant avec les moyens les plus fantaisistes ou les plus scientifiquement rigoureux leurs personnages à travers l’espace.

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