[Nouveauté] Navigations de Marcello Vitali-Rosati : sur les traces d’Eugen… 13/03/2014 – Publié dans : Notre actualité – Mots-clé : , , , , , , , , , ,

1Plaisir d’annoncer la parution de Navigations de Marcello Vitali-Rosati. Et comme c’est l’occasion d’inaugurer, voici la nouvelle présentation des fiches-livres, mouvement que nous avions débuté avant la cession sur les fiches-livres de la collection Horizons, et que nous continuerons désormais, dont le principal objectif est d’accéder à toutes les informations sur une même page (exit donc les pages-auteurs, toutes les informations seront réunies au même endroit, pour plus de commodité, rapidité, simplicité), mais aussi d’immerger le lecteur dans l’univers particulier de chaque livre, d’en personnaliser l’environnement. Pour les livres qui le permettent, ajouter sur ces pages d’autres contenus, sons, photographies, vidéos, couvertures alternatives, et pourquoi pas, croquis, brouillons, travaux de recherches… Mettre en avant le travail de création passe aussi par la mise à nu des étapes de travail.

Quoi qu’il en soit et pour conclure ce petit aparté, on accueille Marcello avec plaisir, d’autant que son expérimentation littéraire est vraiment réussie, preuve (s’il en fallait une) que la littérature sur le web n’est pas qu’un concept et que le défi de la régularité — à l’image du Projet Bradbury de Neil Jomunsi — a du sens. Parfois, dans le marasme ambiant, il faut savoir apprécier les belles choses et la simplicité qui habille les mots. On ressort de ce texte l’esprit un peu ailleurs, avec une folle envie de voyager et une folle envie de s’indigner.

Ce n’est pas seulement une expérimentation littéraire, c’est aussi et d’abord un grand texte, une formidable mise en abîme, forgée dans la chaleur italienne (sable, café, barbecue et cigare) et sous la neige montréalaise (flocons suspendus dans l’air, défiant la gravité), une fenêtre ouverte sur le souvenir d’un étudiant en philosophie, né à Florence, amoureux de H., ami de Peppe le poète, qui traverse les frontières sans bataille — c’est volontairement qu’il laisse des minuscules à tout ce qui touche de près ou de loin aux nationalités —, parti vivre à Pise, puis à Paris, puis à Montréal, et qui un jour rencontra Eugen, celui qui devint « personne itinérante » comme on dit au Québec, qui avait quitté la Roumanie dans le but d’atteindre le Canada en se cachant dans le container d’un cargo, qui dissimula ses papiers dans une gare à Belgrade pour échapper à la police, perdit son identité mais pas la volonté farouche de parvenir à ses fins, Eugen qui était fou comme un personnage de Kusturica, et qui compta jour après jour les kilomètres qui le séparaient de son rêve en buvant de la mauvaise bière volée chez Lidl. Réussira-t-il ?

 

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