[NOUVEAUTÉ] Balivernes hivernales, de JY 08/01/2016 – Publié dans : Notre actualité – Mots-clé : , ,

Plaisir d’annoncer aujourd’hui la parution d’un nouveau texte, Balivernes hivernales, de JY, déjà auteur de Jusqu’à ce que… dans la collection de théâtre THTR dirigée par Arnaud Maïsetti et Christophe Triau.

Présentation

Balivernes Hivernales naît d’une rencontre : avec la ville et le désarroi qu’on y trouve à chaque pas. Dans le hall d’une gare, sur le clavier d’un piano désormais disposé dans chacune de nos gares et livré à tous, quelqu’un joue en virtuose. Soudain un homme en haillons – un SDF peut-être – se lève et danse. La pièce puise là, dans le mouvement terrible d’un corps, dans la foule autour qui passe toujours à côté, dans la ville qui bat, dans la musique désaccordée : une image et son désir. L’image d’un tournoiement qui remet le monde à sa place. Le désir d’approcher le monde dans la brutalité élégante qui pourrait lui résister. Dans cette pièce, autour de cette ville qui est la nôtre – et qui pourtant est inacceptable –, dix monologues dialoguent avec leur vie, leur voix, leur arrêt ici, sur la scène levée par ce texte. Balivernes Hivernales poursuit le dialogue de JY avec le théâtre et cette esthétique du désarroi qu’il a entrepris avec Jusqu’à ce que, sa première pièce, publiée chez publie.net en 2014. C’est la deuxième saison : l’hiver. Elle n’est pas sans âpreté ni sans son envers, l’humour, cette élégance du désespoir.

Arnaud Maïsetti

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L’auteur

“Autobiographie sans événement” augmentée.

Après quelques années passées à enseigner au sein de l’alma mater, JY. a obtenu un détachement. L’idée de démission ne lui plaisait guère. Le détachement a l’avantage, selon JY., d’être un mode de vie. Il a d’ailleurs commencé à théoriser le détachement et le sujet qui le pratique, mais très vite il a constaté que réfléchir au détaché était incompatible avec la pratique du détachement. La rédaction de cet essai a donc été suspendu. Ne pouvant s’interdire d’écrire, il s’essaie dorénavant au haïku détaché, avec une prédilection pour le Moki (haïku libre) qui n’évoque ni moment particulier, ni saison.

Livré à lui-même, parallèlement, il s’est découvert un goût pour l’œnologie et il est devenu expert clandestin des vins servis principalement au Curial. Un Bar sans intérêt, mais qui a l’avantage d’être représentatif des débits de bibines et autres tord-boyaux vendus comme des grands crus à l’heure de midi. JY. est très rapidement devenu expert et, presque simultanément, alcoolique. Il tient à sa merci le patron et a imposé un livre d’or de Moki sur le comptoir de ce sénat.

Personne ne sachant exactement de quoi il retourne, on peut y lire n’importe quoi. Ça ne change donc pas grand chose en soi à l’état du lecteur et aux Mokis.

Il reste à JY. trois ans de détachement. Il projette d’inventorier les pierres qui composent le mur d’Hadrien, mais n’a pas encore reçu l’autorisation des autorités militaires qui se servent des terrains alentours pour des exercices de tir. JY. a décidé néanmoins de procéder à l’inventaire. Il sera sur site en 2017, rejoint par Barker et Motton, toujours en colères. Leur regroupement doit donner lieu à l’écriture du drame Untitled.

 

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Le lecteur

Zu wissen, wann Du einzufallen hast, das ist das Geheimnis deiner Einsamkeit : wie es die Kunst des wahren Verkehres ist : aus den hohen Worten sich fallen lassen in die eine gemeinsame Melodie. Savoir, à quel moment c’est à toi d’attaquer, Voilà le secret de ta solitude : tout comme l’art du vrai commerce c’est : de la hauteur des mots se laisser choir dans la mélodie une et commune.Rainer-Maria Rilke, « Notes sur la mélodie des choses »

Balivernes hivernales pourrait bien se présenter comme l’histoire d’une chute. De haut en bas ou de bas en haut : identifier un hiatus, un vide, apnée et hoquet respiratoires, retenir son souffle… Avant le bond, le saut. Projet renversant : céder à la tentation de la chute pour atteindre des sommets. Nous sommes bien dans un espace d’écriture chorégraphique. Un espace où les mots n’ont plus cours. Un silence donc à soutenir. Défi à relever, paradoxe à entretenir : l’oxymore se propose comme corps d’écriture : Balivernes hivernales est un texte à danser. Le point d’équilibre sera point de rupture et réciproquement. Sur quel pied peut-on danser ? Chambre d’écho, caisse de résonance ; silence tenu, comme on le dit d’une note. Ce préalable acquis, JY. prend le risque de rompre l’équilibre, sans mot dire. Faire bruire le silence. Provoquer les balbutiements de l’Histoire et y reconnaître son histoire. « Balivernes hivernales » aveu pudique en forme de broutilles, voire de fait divers qui permettent à JY. d’afficher un air de rien, un air de ne pas y toucher… N’est pas « l’ami du peuple » qui veut, non plus qu’ami tout court mode JB. (les initiés sauront y reconnaître Pontalis). Alors ? Ces « balivernes » nous baladant hors des sentiers battus avec réflexions buissonnières sur la liberté… de conscience et d’expression et la toujours étonnante capacité de « penser par soi-même ». En prime : Peut-on avoir accès à l’Histoire, à son sens, en saisir le mouvement, en reconnaître et exposer les tenants et aboutissants… sans ruser ? D’où parle-t-on ? Et à qui ? Quand on parle du sous-sol ? Parole et langue minorées : balivernes ! Après l’ami B.B (autre jeu d’initiales désignant Brecht), JY. nous avertit que cette histoire (l’histoire des sans-voix) « peut mal tourner »… Et même plutôt « mal tomber ». Question d’à-propos, de traits d’esprit : comment jouer in fine… la partition de sa présence à l’Histoire. Acte de présence. Devra-t-on ou peut-on en rester là ? … à un « je ne sais » ou à un « on n’en peut mais ». Constat d’impuissance ! I would prefer not to. Trancher. S’engager. S’acter dans l’histoire. Y aller ? JY. répond : oui. Allons-y, marchons, marchons… au-devant des questions qu’il ne faut pas poser !

Jean-Pierre Dupuy, le 20 novembre 2015

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Notes liminaires

Dans l’horizon indécis qui motive un geste d’écriture et qui induit sa nécessité, il y a, pour Balivernes Hivernales, un épisode de Thomas l’obscur de Maurice Blanchot, les figurines blanches de derviches dans l’appartement d’un ami, et la chorégraphie d’un SDF qui accompagne un joueur de fortune, au piano, dans le hall d’une gare. Soient une violence quotidienne à l’endroit d’un convalescent ou un être en équilibre, un mouvement circulaire paradoxalement perceptible à travers l’arrêt lié à la nature d’un modelage, une défaite de la vie socialisée et mise en scène… Balivernes Hivernales est l’histoire de perceptions furtives, au commencement de l’écriture d’un traité d’esthétique du désarroi.   En fond, L’Usina de Dupain entraînera le Derviche et tout son train, au moment où la parole exige le relais d’un monde sonore et rythmé. Ce poème, chorégraphique et clinique, où le marcheur et sa claque parlent des profondeurs, appelle une médiation visuelle où l’image et les sons seront virulents. Il n’y a rien de larmoyant dans le déséquilibre et la fragilité du marcheur, car tout renvoie à une lutte confuse qui, dans l’évaluation juste d’un affrontement perdu et d’une réalité violente, impose la fuite. Le Marcheur ou le Derviche, l’Entraîneur des Tourments, le Jongleur des Horizons, les Voix Terre à Terre et autres, les Sans-Dents et les Sans-Noms, jusqu’à Francesca… C’est tout un peuple d’anonymes qui prend forme et voix. Ou l’histoire d’une parole en marche… une Histoire politique en quatre jours, au plus. Ce texte a fait l’objet d’une mise en voix, le 5 décembre 2015, à « La Fermeture Éclaire », sur le site de la presqu’île de Caen, à l’invitation de l’association Amavada, par le metteur en scène Jean-Pierre Dupuy, accompagné de deux musiciens : Guillaume Hunout (piano) et Christophe Bruger (trompette).

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