VIA | Fred Griot ,

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Et si la vraie révolution numérique, ce n’était pas (d’abord) la mise à disposition sur nos nouveaux supports, le petit ordinateur portable ou le grand écran de l’ordinateur fixe, ou la tablette de lecture, ou le téléphone, ou la présence parmi les ressources de la bibliothèque, municipale ou universitaire, où vous avez vos habitudes, mais dans la possibilité de construire des « objets » (comme le livre, matériellement, est objet – et fameusement complexe, même le simple livre de poche) issus de dimensions pas forcément neuves, ou récentes, mais qui ne savaient pas se constituer ensemble ?

Et si cette possibilité neuve dessinait autrement, de la même façon, l’idée même de ce qu’est un auteur, en assemblait autrement les composantes ? Dur vocabulaire, mais je m’explique : l’expérience du monde, du carnet de voyage, elle est pour nous tous. Mais l’édition traditionnelle était un filtre : elle permettait que viennent à nous ces fabuleux explorateurs des continents inconnus, ou des traversées décalées de notre présent. Mais le continent des carnets de chacun restait inaccessible, avec le numérique on peut non seulement le publier, avec dessins et photos, mais faire que, lorsque vous voyagez quelque part, l’accès vous en soit facilité.

Idem, la lecture à voix haute (Dickens gagnait sa vie comme ça, Kafka en donnait mensuellement) est une composante organique de notre poésie et de notre prose : voir comment Flaubert, à la fin d’un livre, invitait ses amis pour une séance de huit heures à haute voix. Dans la condition contemporaine de notre travail, la ville, le risque des expériences, les lieux de lecture à haute voix ne sont plus un complément du livre, ou un outil de sa promotion. L’œuvre orale d’un immense poète comme Christophe Tarkos est à la fois au niveau de son œuvre écrite et séparée d’elle.

Et puis la notion de temps : en construisant un site, l’auteur ne se contente pas, même étymologique que dans publicité, de se publier : la bascule essentielle, en ce moment, c’est comment le site, au lieu d’être l’accumulation du matériau complémentaire, en amont ou aval du livre, devient œuvre lui-même. Et devient œuvre parce qu’il permet que le cœur du travail soit son cheminement.

Ainsi, parmi quelques autres dans un paysage web de plus en plus riche, le site parl de Fred Griot. Où on articule à chaque page écran le manuscrit ou le carnet, la voix lisant ou parlant comme les sons enregistrés du monde brut, comme s’accumulent des photographies et des vidéos. Comme la part publique du travail de ce qui reste encore sous l’appellation globale écrivain réside dans ces interventions avec danseur, guitariste ou plasticien et que c’est cela qu’on emmène sur les routes (Christophe Fiat a ce même chemin).

Alors comment en rendre compte ? Vous avez accès sur cette page à VIA, de Fred Griot, version texte. Mais un texte qui est lui-même le retour sur langue de ce que déplace l’ensemble du travail, images et sons. La langue comme pâte, son inscription sonore. Le contact langue-corps et comment on en fait trace.

Mais entrez dans ce que nous nommons encore et pourtant bibliothèque numérique, et le texte vous proposera ces autres dimensions, de voix, d’images…

Ce qui s’indique ici de chemin, à vous de l’emprunter : le livre, disait déjà Walter Benjamin en 1927, n’est plus le « vecteur exclusif » de l’écriture.

FB

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co-directeur avec Francois Bon des éditions www.publie.net _ membre de la rédaction de www.remue.net _ et tout le reste sur www.fgriot.net

l’auteur fred griot (1970) mène une recherche littéraire depuis long _ écrit essentiellement poésie et prose courte, en un travail de « pâte-lang » _ travail d’une matière de lang, travail d’une terre, organique, basale, rustre, racine _

a voyagé souvent seul, au hasard, en train presque toujours _ métier de dehors _

explore depuis plusieurs années l’écriture via le web, avec ce qu’il permet de travail « à vue », associé au graphisme et au corps sonore de la lang _ tente le son et la scène, comme aspects plus physiques du texte, en solo ou en collaborations _

à propos de VIA

Il y a d’abord le texte, écrit peu à peu, sous forme de work in progress sur le net entre fin 2005 et début 2007, poème à poème.
Puis, sur ces textes, s’est appuyé le travail sonore sur le corps de la langue, la musique, nommé parl#, et reprenant en grande partie ces poèmes.
Car cette lang — « en corps » — n’est pas loin, je crois, si on la dit, du langage parlé. Elle n’est pas exactement de celle que l’on entend dans la rue et pourtant elle me parait là toute pleine dans les bouches de chacun. C’est du langage écrit entré dans le langage parlé.
Et c’en est leur justification ici : rassembler en un même volume serré, les textes, et issus de ceux-là, leurs pendants sonores.

Après des carnets de voyages (Visions), notes d’écriture (Refonder), notes de plateau (plateau), et enfoncement lang (du seul s’enfoncer), poésie donc…
On peut également retrouver certains de ces textes dans une mise en scène web.


Notes lors de l’écriture de VIA :

envie toujours revenue inlassable du txt court, concentré, ramassé, tendu, reviennent toujours des vers lourds, phrases de poids, pesantes

un écriture de mots poids, appuyés, marqués. une écriture à l’économie de moyen, rustique archaïque _ pauvre. dégagée de l’effet, dégagée au mieux de la syntaxe grammaire orthographe. une écriture juste puissance et mouvement _ qui parlât par malaxage, pétrissage de sa matière, par rythme, beat, palpitation, vibration interne _ et non par construction savante. une écriture vibrant par sa matière pâte texture, et non par son utilisation intellectuelle, élaboration technique
une écriture juste elle, nue, pauvre, première _ non élaborée _ venue c’est tout comme ça

une fois la collecte de matière : malaxer, pétrir, rythmer, aggraver, appuyer, marquer

un poème c’est une tension… un poème porté au bout est-ce un poème épuisé, où la tension s’est portée pleinement ?

Et Michaux d’écrire, dans Emergences - Résurgences, ce qu’il en pense lui de la langue brute (au moment de basculer vers le dessin), comme on a pu parler d’art brut après lui :
« Pas de langue vraiment pauvre. Avec l’écriture en plus, c’est pire. Encombrée par l’abondance, le luxe, le nombre de flexions, de variations, de nuances, si on la fait « brute », si on la parle brute, c’est malgré elle.

Auteur

Fred Griot

Éditeur

publie.net

ISBN numérique

9782814502093

Date de parution 09/02/2009

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