Bien entendu , il va être encore très difficile de retrouver les photos que j'ai pourtant faites là-bas.
Tant pis, pas de photos.
C'était quand même il y a dix jours. Billet en poche. Passeport en règle et lui aussi en poche. Feuille de route claire.
A Tel Aviv c'est l'attaché culturel de l'Ambassade de France qui sera à l'aéroport . Il y est. C'est la quatrième ou cinquième fois que je viens à Tel Aviv.
La première fois , il y a de cela vingt ans c'est l'odeur forte des orangers qui m'avait surpris. Aujourd'hui l'odeur des orangers a disparu.
Les orangers aussi probablement.
A Tel Aviv je viens rencontrer des directeurs de théâtre israëliens,des universitaires, des metteurs en scène.
Objectif : venir à Tel Aviv pour y proposer un programme de théâtre français . Et puis aussi et probablement le plus important pour moi venir voir ma soeur qui vit à Tel Aviv depuis près de vingt cinq années.
Quand je pense à elle , je pense à la petite fille de trois ans qui sur le pont d'un bateau qui nous amenait de Casablanca à Marseille était tenue par une sorte de laisse ou un harnais pour la protéger des dangers.
Cette fois je lui ai parlé de ce moment là , du départ définitif de notre ville , de notre maison pour venir nous installer à Metz.
Elle n'avait aucun souvenir de ce moment là.
Elle habite à une quinzaine de kilomètres de Tel Aviv. Une sorte de RER permet d'aller rapidement chez elle à Kfar Saba.
Mais je suis resté à l'hôtel.Nous sommes allés au restaurant au bord de la mer . Nous avons parlé de la situation au proche Orient.
Nous avons parlé de la famille. Elle m'a dit des choses qu'elle connaissait du théâtre israëlien. Par exemple que l'an dernier 4,5 millions de billets ont été vendus ( il y a 6 millions d'habitants ). Eran Baniel qui travaille au ministère des affaires étrangères qui connaît bien le théâtre français et israëlien me l'a confirmé. L'attaché culturel me l'a aussi confirmé.
Je lui ai dit que je viendrais peut-être donner en 2009 plusieurs de mes mises en scène. Elle était contente à l'idée que je viendrais passer plusieurs semaines à Tel Aviv. Moi aussi . Je lui ai parlé de mes projets . Le soir même je devais aller au théâtre et lui ai dit que j'avais la flemme que je n'irais peut-être pas. Elle a insisté pour que j'honore ma parole.Le spectacle n'était pas très bon mais j'étais content d'avoir écouté ma soeur. Elle avait raison. On m'attendait au théâtre Cameri. Mon absence aurait été goujate.
2009, c'est quand même loin mais ça y est je travaille à ce projet.
L'attaché culturel est un type formidable, enthousiaste. Il a une haute et belle idée de sa mission ; représenter la France , sa culture, sa langue.
Il apprend l'hébreu et m' a donné l'envie de m'y mettre ... raisonnablement.
Au Festival Passages qui à Nancy invite des troupes à l'est de l'Europe , il y aura cette année deux spectacles israëliens réalisés principalement par une comédienne : Smadar Yaaron. Elle travaille à Saint Jean d'Acre. Ses spectacles très critiques, très inquiets sur la paix sont d'une rare et belle émotion.
Il y a en Israël une capacité critique des cinéastes, des écrivains, des gens de théâtre qui m' a beaucoup impressionné.
Le long de la plage de Tel Aviv , j'ai croisé un groupe d'arabes israëliens au bord de la mer qui restait habillé quand plus loin des israëliens bronzaient en maillots de bain.
Dans une librairie dite d'extrême gauche , le vendeur m'a dit que dans deux ans un pouvoir dur s'installerait en Israël.Chez lui j'ai acheté de beaux livres de photos sur l'histoire de ce pays aussi grand que la Meurthe et Moselle.
Ma soeur me dit toujours que s'il y avait la paix ce pays serait un paradis.Quand elle m'a dit ça j'ai repensé à ce que me disait Bernard Noël pendant la guerre d'Irak . Il me disait : "ils bombardent le paradis". C'est vrai que l'Irak se trouve entre le Tigre et l'Euphrate.
Qui a raison de bombarder qui et quoi ? Chaque fois cette question en Israël.
Ma soeur voudrait la paix.
Le vendeur de la librairie voulait la paix.
Aaron Appelfeld rencontré à Tel Aviv aussi veut la paix.
Je n'ai pas parlé des élections en France.
Je suis allé au marché aux puces de Jaffa. J'ai acheté es olives et du pain au marché de Tel Aviv.
Sûr, ce moment du pain et des olives était un moment de paradis.
En rentrant à l'hôtel j'ai découvert que j'avais perdu ma carte bleue.... Je croyais pourtant avoir tellement tout prévu cette fois-ci!!!