François Bon | Diptyque Chaissac

les peintres nous apprennent aussi la langue

Diptyque Chaissac, François Bon. Assemble Chaissac Gaston, vice-président du club des échappés de la vie moderne, et Grands gestes effrayeurs, Gaston Chaissac écrivain.
PDF écran, PDF eBook 48 pages.
ISBN 978-2-8145-0040-2.
Les premières pages à feuilleter librement ci-dessus.
Téléchargement texte intégral 5,50 euros.

révision et nouvelle mise en page, 26 décembre 2009

 

François Bon | Diptyque Chaissac

Gaston Chaissac, cordonnier. Pratique aussi l’accordéon diatonique. Rencontre en sanatorium un peintre qui l’initie. Vient jusqu’au coeur de la peinture avec une intuition précise, argumentée, moderne. Epouse une institutrice de Vendée. Totalement isolé du monde artistique, développe une correspondance avec des peintres, dont Dubuffet, des galeristes. Utilise alors la lettre comme un jeu construit, multiplie les interlocuteurs, parfois imaginaires. S’impose comme un très grand peintre de son temps, toléré par l’institution en le qualifiant d’art brut. Continue d’intervenir comme peintre dans son immédiat microcosme, totems sur des souches d’arbres, volets repeints. Publie une partie de sa correspondance chez Gallimard sous le titre Hippobosque au bocage. Meurt à la Roche-sur-Yon en 1964.

J’ai un lien biographique bien sûr à Chaissac, époux de l’institutrice laïque de Vix et fréquentant le curé de Damvix, tandis que mon grand-père athée de Damvix corrigeait le certificat d’études avec madame Chaissac. Mais c’est bien plus : l’interrogation même sur l’art, sur le chemin qu’on a à faire pour le rejoindre, quand non seulement on vient de ces pays, mais que leur teneur humaine même devient le terrain de notre travail.

Je ne suis pas le seul à avoir dû m’expliquer de ces figures : Eric Chevillard aussi a écrit sur Chaissac. Mais celui-ci nous lègue un continent de provocations, notations, réflexions, et son écriture elle-même est un atelier d’art.

De la grandeur de Chaissac, à nous de prendre le risque d’irradiation.

Beaucoup de ces lettres désormais sont reprises, par une multitude de micro-éditeurs : il n’a pas la réputation bourgeoise, Chaissac, pas droit aux oeuvres complètes. Quand j’ai écrit ce premier texte, Didier Ottinger, alors conservateur du musée des Sables d’Olonne, m’avait donné accès aux archives rassemblées sous forme de photocopies, j’avais toutes ces lettres à ma disposition, comme un secret impossible alors à porter au jour...

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Voir aussi version html sur tiers livre, et, dans Tumulte, le fils de la dormeuse.


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