publie.net fête et applaudit la crise financière
Croissance, familles savoyardes et baskets à scratchs, . PDF écran et eBook (Sony/iPhone) 55 pages. Les 15 premières pages à feuilleter librement ci-dessus. Téléchargement texte intégral 5,50 euros.
Croissance, familles savoyardes et baskets à scratchs | Jean-Charles Massera
En ces temps de crise financière, passez chez les grands éditeurs : il ont tous le dernier livre qui explique tout, on se dépêche de réimprimer, on va tenter que la grande dèche du capitalisme soufflé laisse quelques miettes aux raisonneurs...
Alors à publie.net on fait pareil : on sort nos réserves... Elles étaient prêtes. Dans le grand flux oral manié par Jean-Charles Massera, la bourse, les mécanismes de l’argent, tout cela est reficelé par les protagonistes de la langue d’en bas, avec ses apostrophes, ses compressions, son regard direct depuis le parking du supermarché, les licenciements et la consommation de masse.
Voici donc, version révisée et mise à jour, une bonne antidote aux discours compassés sur fonds de réserve généreusement consentis par l’État. La littérature a toujours été ce rire noir.
De Jean-Charles Massera (voir bio biblio ci-dessous [1], on dirait qu’il est un chef de file, cela le ferait sourire et il déclinerait. Dire de lui qu’il a accompli ce qu’on attend d’un auteur de littérature, non pas reproduire le même, mais ouvrir à l’explication du langage et du monde une pièce qui jusqu’ici n’était pas accessible, c’est plus modeste, plus juste, mais ça ne rend pas hommage à la petite pichenette qu’il a donnée à cette histoire contemporaine de la littérature.
On peut s’en tenir finalement au livre, qui n’est pas son premier, mais le premier qu’il publie chez POL en 1998 : France guide de l’utilisateur : Les bulletins d’information, les notices d’utilisation, les articles de vulgarisation scientifique, les guides touristiques, les catalogues, les contrats d’assurance, la publicité... peuvent se lire comme un condensé des mythologies autour desquelles notre société s’organise (communication, authenticité, compétitivité, etc.). Ils alimentent l’imaginaire autour duquel se sont construites les années quatre-vingt-dix. Qu’ils soient mis en relation, qu’ils soient tressés avec des phrases relatant des situations ou des moments de vie spécifiques, privés, et l’on obtient un télescopage de registres lexicaux qui soumet des pensées, des comportements intimes, aux formes qui régissent la circulation des biens et des services, des employés, des usagers. Jusqu’à sembler les déterminer.... Suivront Amour, gloire et CAC 40, et les deux volumes de Jean de la Ciotat. Ou United emmerdements of New Order, qui peut aussi se lire comme un recueil de lois mis à l’épreuve des faits. Mise à l’épreuve où le code de déontologie de la police nationale et le code de la nationalité se réécrivent au fil de certains événements qui ont marqué l’actualité politique internationale et proposent une reconstitution de certains homicides et actes racistes perpétrés par les forces de l’ordre républicain. Ces forces de l’ordre républicain qui transfèrent dans un avion des Maliens ayant fait l’objet d’un arrêté de reconduite à la frontière ont le respect absolu de ces derniers qu’ils menottent, les pieds liés et qu’ils cherchent à endormir en leur plaçant un mouchoir imprégné sur le visage, quelle que soit leur nationalité ou leur origine, leur condition sociale ou leurs convictions politiques, religieuses ou philosophiques. United Emmerdements of New Order s’écrit dans la forme des lois, des codes et des réglements.
D’autres se sont risqués depuis dans ces zones de pratique littéraire où on se saisit à plein charroi des pans de langage qui circulent à la surface du monde, dans la totalité des usages techniques, juridiques, publicitaires, politiques ou idéologiques. On sait ce que les travaux notamment de Cadiot, Mauche, Lucot , Quintane doivent à ces techniques du cut-up, ce qu’elles décryptent du monde qu’elles ont pour objet de rendre lisse, inaltérable, inaccessible.
C’est ce qu’on retrouvera dans les trois textes laboratoires rassemblés ici sous le titre Croissance, familles savoyardes et baskets à scratchs : comment, avec nos pauvres outils de langue, affronter l’entreprise, ses rapports de force, la perversité des relations qui s’en induit.
Massera installe son atelier dans la totalité des usages de l’oral, que le même charroi recompose. Il nous redonne prise sur les pratiques lisses du monde, les plus dangereuses.
Ci-dessus, en feuilletoir, le troisième des textes. Et ci-dessous, un texte théorique sous forme d’entretien, publié par Jean-Charles Massera en 1994, au moment de son premier livre, où on trouvera son projet énoncé dans le même excès qui fait son travail d’aujourd’hui, la même profusion, le jeu des langues en mélange, et tous ces signes du monde qu’on appelle au texte pour les subvertir.
Jean-Charles Massera | Écritures de groupe
paru dans
Politiques, Quai Voltaire, Printemps 1994
Où va-t-on ?
Qu’il s’agisse d’écriture, de texte, de poésie ou encore de roman, la littérature est peut-être en train de manquer notre époque. Peut-être n’a-t-elle pas su négocier le virage des années soixante-dix avec la même lucidité et la même prise de risques que d’autres formes d’expressions. En art : peinture, sculpture ou encore photographie, conscientes de l’épuisement (la mort annoncée) de l’exploration et/ou du déplacement de leurs éléments constitutifs – et de leurs qualités inhérentes - ont souvent pensé leur renouvellement en termes d’élargissement, de dépassement . En littérature : excepté quelques timides mises en questions, le langage (entendu comme système de signes graphiques et vocaux) et son support (“évidemment” le livre, rarement la voix) est resté engoncé dans la certitude de son absolue autonomie, son autosuffisance. Cette croyance, si féconde jusque dans les années soixante-dix, ne semble plus en mesure de générer de projets significatifs.
Ce que l’on sait :
1. La langue : essentiellement une mise à distance du monde.
2. La “rémunération” de ses défauts : a été un fantasme nourricier.
3. “Seul écrit (fait de la littérature) celui que la langue hante comme une difficulté, un tourment [...]. On écrit pour répondre à la honte d’être sans langue à force d’user de la langue de tous. On écrit pour ne pas céder à cet affaissement abject. Écrire répond à un besoin de corriger le monde, pour se venger d’en être, d’y être, d’être l’otage des fictions qu’on tente de nous faire prendre pour la réalité. [...] Écrire c’est récuser le monde” …
Ce qui donne de grands textes. Alors nous n’en n’écrirons plus.
1994 : la seule originalité de la littérature réside peut-être dans une nouvelle forme “d’illisibilité” – illisibilité due à sa sortie (son abstraction) de toute actualité de faits et de pensée. Décontextualisation.
Lui redonner un projet... Petite sortie hors du langage, histoire de prendre l’air du temps. Chercher un point d’ancrage (d’où parler). Repérer certaines urgences contemporaines, certaines questions où un travail “littéraire” (soit un projet à définir) aurait une relative nécessité – en ce sens qu’il pourrait fonctionner comme modèle utilisable hors littérature. Recontextualisation.
“L’homme contemporain, tout comme il a été privé de sa biographie, s’est trouvé dépossédé de son expérience : peut-être même l’incapacité d’effectuer et de transmettre des expériences est-elle l’une des rares données sûres dont il dispose sur sa propre condition” ... L’homme contemporain coupé du défilement d’événements, coupé des autres... toute une puissance d’expérience, d’appréhension de l’environnement et des autres, mise en stand by : Anesthésie générale.
Vous allez nous proposer des expériences de substitution - des phrases qui se tourneraient lascivement vers leur lecteur d’un soir... style : Comment tu la trouves mon émotion en latex ? Non mais... regardez vos mains : elles n’ont jamais touché un corps de leur vie ! Croyez-vous que Genet se soit contenté d’enfiler des phrases dans le cul de ses amants ?
Dé-couper l’homme contemporain de l’environnement et des autres. Le réadapter à la vitesse du défilement et de transmission des composantes de son environnements. Le réadapter aux vitesses de ce qu’il perçoit comme une fragmentation de l’environnement : qu’il puisse à nouveau se situer (non se repérer), se placer entre (avec) les fragments de l’environnement.
Fragment... fragmentation... vous ne trouvez pas qu’on se complaît un peu trop dans ce cliché ?
Le fragment n’est pas l’éclat, le reste d’un tout. Il indique un non rapport entre différents éléments, et cela n’a rien de problématique. Soit un constat – ici de Jean-Luc Nancy : “Il y a derrière toute l’histoire de l’art depuis le romantisme une inquiétude du grand, [...] de l’art à dimension cosmologique et cosmogonique [...]. Cette inquiétude conduit d’une manière ou d’une autre au désastre [...]. À ce désastre aurait voulu répondre le “petit”, l’éclat météorite arraché à la chute sidérale. [...] Le petit fait couple avec le grand. Il ne cesse de renvoyer à lui”.
Plus modeste et moins archaïque : une (des) écriture(s)-mise(s) en place d’un sujet (Le terme propre reste à trouver. Il s’agit même de l’un des enjeux de ce projet). Notre sujet ? L’homme contemporain enrichi des qualités de la proposition que nous essayons de formuler ici. Un sujet qui ne serait ni défini dans et par la langue (“Personne est un corps de parole” ), en procès dans la langue, ni déterminé (que ce soit dans la langue ou hors d’elle). Chercher (écrire) un sujet capable d’effectuer des expériences. Le remettre en condition d’accès à l’expérience afin qu’il puisse à nouveau se penser comme être sentant. Lui proposer des conditions d’accès à une autre identité (ici encore, le terme propre reste à formuler) qui ne serait plus une individualité, une singularité absolue, fixe et définie. Ce sujet ne serait que pluriel : tel dans telle situation ou tel dans telle autre, tel avec tel sujet ou tel avec tel autre : en relations. Camden Lock... les puces de Londres... : Installation des corps en hiver. Un peu de bois vermoulu, deux trois marrons chauds et le tour de taille est joué. Chimique tout ça... Gratte l’environnement : c’est là qu’est l’désir. Étalage d’étoffes, bas nylon... portes jarretelles... fenêtres, balconnets... : halo d’atmosphères érotiques.... moiteur maternelle.... perles de sueur douce.... échancrure dans le brouillard... lèche vitrine toc. Le soleil se couche sur son pull. Cul et seins dans la laine.... haleine blanche.... : t’as pas froid ?... Gratte et articule... Notre sujet ? Pas vraiment élément d’un ensemble, plutôt espace entre des éléments et des personnes de situations. Le sujet comme espace d’articulations. Sujet de mises en relation. Façon de parler.
D’où parle-t-on ?
Tirer la langue de l’homme contemporain vers l’environnement et entre quelques-unes de ses composantes. Sortir d’une langue littéraire repliée sur elle-même. Le véhicule utilitaire contre “l’habitacle en dérive” . Mais avant de relier : définir d’où on parle. Là où se trouve notre homme contemporain... en suspension... quelque part entre ses modèles fuyant, ses groupes d’appartenance possibles, entre des représentations dans lesquelles il ne se reconnaît plus, entre quelques événements qu’il voit bien mais qui ne lui disent pas grand chose, entre plusieurs savoirs, idées, systèmes, cultures. Ne pas se complaire dans un constat de coupure. Repérer les espaces constitués totalement ou partiellement par un langage commun (sont exclus les langages spécifiques, propriétés d’autres formes de discours – scientifiques par exemple). Exemples : espaces culturels (la relation avec une démarche artistique, des loisirs à la mode...), espaces sonores (annonces publicitaires, émissions radiophoniques ou télévisées...), espaces abstraits constitués de signes (“espace monétaire”...), mais également certains espaces tangibles – marqués, délimités par des signes (signalisation autoroutière, affiches publicitaires...). Autant d’espaces à la surface desquels l’homme contemporain flotte sans jamais s’ancrer. Homme contemporain en suspension à la surface d’un parcours balisé : “points argent”, le direct de 7 H 45, “grandes surfaces”, inquiétudes dues aux mauvais “chiffres de l’année”. Le parcours ? Pixel d’une image qui lui échappe... L’homme contemporain ? Une boule de flipper percutant une balise pour être aussitôt renvoyée sur une autre. Échapper à ce guidage rythmé par des fictions calquées sur une politique d’occupation du temps et du territoire. Écrire/parler entre ces balises dans un espace d’entre-points de chute/renvoi. Écrire/parler dans la suspension (le vide) où se trouve l’homme contemporain : entre les fragments de savoirs, les traits culturels, les événements qui ponctuent sa journée. Essayer de voir si ce vide – cet entre, espace de transit, de mouvements - ne peut pas devenir le lieu de cristallisation de nouvelles manières d’être (d’effectuer des expériences, de pensée). Ne plus définir (décrire ou construire) l’environnement culturel (les environnements), mais en dégager certains traits de manière à leur injecter un sens reconstituant pour l’homme contemporain. Une écriture comme liant et non comme lieu, utilisable pour et par lui. Une certaine manière d’être dans la relation.
Une manière d’être dans la relation ?
Ni une connaissance (une tentative) de l’être, ni une identification. Trouver une manière d’être dans la distance qui nous sépare d’un événement par exemple. Ne pas chercher à annuler cette distance. Ne pas l’écrire. Ne pas dire le monde ou la distance qui nous en sépare – la langue (la coupure). Être (dans) la distance (l’écart) sans la nommer – s’en détacher. Quant à refouler (l’environnement) jusqu’à le dénommer, jusqu’à délester la langue de sa charge signifiante – la langue sans le monde, l’érotique du texte : quel intérêt si l’enjeu est la reconstitution du sujet ? L’être “ici-maintenant” ? effectif dans la seule production d’un texte – logique d’abstraction du monde.
L’être avec et l’être ensemble contre l’être en texte. Trouver une manière d’être ensemble dans sa relation avec l’environnement... Une manière d’être très jazz... se parler par rapport à un standard commun (l’environnement) dans la proximité (non dans la promiscuité muette) de ses différences et de ses singularités : manière d’être-band. Des structures et des éléments communs à plusieurs groupes ? Certes, mais : Extinction de l’être dans l’homogénéisation nivelante supprimant tout particularisme. Le rapprochement doit s’opérer à travers les sujets qui, en l’occurrence, fonctionnent comme liants, non à travers les qualités des composantes de leur environnement. Communauté de corps parlant une même langue avec ce que leurs singularités culturelles, pulsionnelles, etc, impliquent de cacophonie – ces contradictions produisant un morceau : free-langue regroupant des singularités fragmentaires. Miles Davis at Fillmore pour exemple.
Ne pas s’approprier l’environnement comme on s’approprie un standard : faire un bout de phrase avec lui. La relation avec l’objet (un événement, un concept, une mode, etc) n’est possible que dans une dimension vivable, habitable pour le sujet : comment être avec – non “qu’est-ce que c’est” ou “qu’est-ce que c’est pour moi”. Retenir d’la beat.. that guy qui bossait swing comme un dingue, dans un parking à garer des bagnoles dans des solos dingues, enchaînant dans des crissements de pneus des descentes d’enfer au dernier sous-sol, dégringolant complètement stone de la colline promise to the Frisco Bay.. speeding up to forget.. faire valdinguer la crasse des p’tits boulots, p’tits bourgeois, dans les cordes psychédéliques d’Hendrix, les free langues de Kerouac, Tom Wolf : visions rimbaldo-rock.. en roue libre in Frisco : chicanes, streets qui se dévalent, se montent up and down le long de taudis qui dansent, décollent dans des distorses dingues.. slaloms de ruelles, gratte-ciel, bicoques, roses, blanches green or blue... Phrase ne retenant de l’objet que ce qui est susceptible d’agir sur (avec) la puissance d’expérience du sujet – non sur son aptitude à connaître, assimiler : par exemple, la vitesse de sa communication. Adapter la vitesse de réception du sujet à celle de la transmission... trouver un rythme commun (un rythme d’approche) et un phrasé spécifique (faire corps - gangue - avec la transmission de l’événement) : la parler. Parler notre environnement - ne plus en parler.
À peine une attitude évidée de tout désir d’épaisseur, de définition. L’écriture d’une manière d’être dans la relation a quelque chose de non achevé, d’insuffisant... Nécessairement en deçà de tout ce que la situation contient de possibilités, de contingences... en deçà de la saisie de la totalité des qualités constituant les objets en présence. Nécessairement plus naïve (plus jeune) qu’une langue qui définirait. Phrases effleurant les éléments... quitte à ne retenir que l’arôme d’un objet : phrases aromatisées qui se passeraient juste à côté du goût... Dans l’être en situation, la langue peut-elle être autre chose ?... Nappage d’être variant d’une situation à une autre, maigre lien entre l’homme et son environnement.
Éviter le “style”. Parce qu’élaboré dans une perspective de différenciation par rapport au “sans style” (le commun), le “style” s’éloigne du corps d’expérience du sujet. Le corps n’est pas rare. Conserver l’idée du phrasé faisant corps avec, l’utilisation du “langage commun” que relève Roland Barthes dans l’écriture de ses “amis de Tel Quel” , mais ne plus “le (parler) avec son propre corps” . En jeu : le corps du sujet contemporain. Ne plus parler avec le corps d’un auteur, mais avec le corps commun - condition sine qua non d’une écriture comme liant. Réancrer notre homme.
Mais le corps... toutes ces décennies...
... a traversé différentes urgences. Nouvelles urgences. Parmi les pages culturelles... une page de pub s’adressant à notre corps, aux différentes composantes de notre intimité en la découpant, la fragmentant (“problème” par “problème”), en l’atomisant en de multiples recettes de mieux être et en abolissant la frontière intime/public : notre corps se voit non seulement exposé mais également dépossédé de toute capacité à sentir. La publicité ne renvoie pas à l’homme contemporain sa propre image - comme on a trop souvent tendance à le dire – mais quelque chose de très abstrait... signes sans rapports avec ce qu’il est ou pourrait être... Homme sans corps contemporain. Évidé, allégé pour mieux circuler.
Accepter la panoplie du parfait branché tout en refusant la transparence qu’elle implique. Ne plus sentir par procuration... ne plus transférer son corps dans l’image (la délégation). Urgence : reconstituer un corps (d’expérience). Redéfinir une “proximité à soi”. Une proximité à soi qui ne serait plus synonyme d’origine ou de repli sur soi, mais qui poserait certaines conditions sine qua non d’accès à l’expérience. Quelques phrases pour sentir à nouveau par son propre corps tout en conservant la panoplie. Inverser le mouvement de fuite vers l’abstraction ou le spectacle. Récupération.
Trouver un terrain de sensualité (d’entente) avec cette pub. Phrases moulantes (aux mesures du sujet) plutôt que flottantes (éliminant les formes) : quelques composantes ponctionnées dans l’espace publicitaire, quelques tics de classe, façons de parler propres à certains groupes socioculturels, façons d’appréhender et de transmettre : littérales, allusives, métaphoriques. Ensuite : simple injection d’intime – pulsions et traits d’humeur. Ne pas décrire ces composantes, ces traits. Les faire fonctionner dans les phrases : qu’ils participent de la manière d’être dans la relation. C’est ça un terrain de sensualité... un détail qui tombe bien... une voix ajustée à la température extérieure... un ralenti du débit d’énonciation fondant moelleusement dans une intonation d’enfant timide... une façon de ne pas se gêner.. de faire comme chez soi... de prendre l’air pour son loft... en relâchée.
Et pour vos phrases moulantes, les mots... les figures... vous les choisissez comment ?
Toutes les figures, tous les styles sont dans l’environnement contemporain. Inutile de les reproduire : s’en servir. 1994 : Époque de glissement de sens, de syllepses, de dérives jusqu’à l’abstraction... : Écrire avec - manières d’être avec - les figures et les styles de l’époque. Exemple : façon de passer d’un espace à un autre : d’un espace physique, localisable, à un espace abstrait – “espace monétaire”. Rien de tel pour désorienter un homme... pour l’indéfinir – Tu t’repères ? Figures du monde trop abstraites pour lui : trop larges. Leur redonner figure humaine. Des figures d’époque à la mesure de - utilisables pour/par - l’homme contemporain.
1994 : Chocs de registres, de champs lexicaux, d’images... : “espace passion”... Ne pas analyser les figures représentant l’environnement... ne pas les mettre à nu, ne pas les “révéler” dans un formalisme qui n’a aucune application hors langage. Ce qu’il ne faut plus écrire :
Le fantasme s’accorde en genre et en nombre au lectorat auquel il se rapporte. L’exemple de quelques mots déplacés dans une phrase figée... dans une phrase d’un soir : ... La mère active mais peu inventive veillait ensuite à ce que son époux s’abandonne dans la bouche de la petite – Vas-y fais en ce que tu veux... (genre : je sais plus très bien comment finir ce fantasme...). Ce qui en termes de marché donne : le fantasme s’accorde en genre et en nombre au lectorat qui rapporte. Femmes qui finissent mal... : tournées en compléments circonstanciels de temps en temps en lexies découragées par une coordination adversative dans la plupart des cas. Les rares fois où l’auteur délaisse ses lignes pour s’accorder avec une femme à laquelle il se rapporte : il passe la vitesse intermédiaire de séduction. Phrases diésées... garer ses émotions en double file... apex sémantiques un demi-ton en deçà ou au-delà de ce qu’elles attendent... subordonnées brusques (ouvertes en route) – finissant dans un paragraphe du Bon usage ou une aventure de substitution. Vulgaire écriture de la transposition : inutilisable pour le sujet.
À éviter : les associations ponctuelles de possibilités signifiantes... concubinages contre culture de deux résidus de phrases que tout sépare. Les associations de composantes d’environnement ne se feront pas par associations inconscientes, chocs d’images surgissant d’une logique autre. Elles pourront se faire par exemple en fonction d’une similitude dans la façon de métaphoriser (l’hétérogénéité, l’étrangeté à, de certains objets n’exclut pas une proximité dans le “style” de leur approche). Simplement que le choc d’éléments écrit soit une figure de reconnaissance pour le sujet, non une figure abstraite qui n’a de légitimité que dans sa propre logique ou dans une logique “idéologique”.
Ponctionner les quelques éléments que les relations nécessitent pour susciter telle ou telle possibilité de manière d’être. C’est cette nécessité qui doit déterminer le lexique d’une phrase et partiellement sa syntaxe... concentré de mots. Ainsi toute ressemblance avec des formes de langues ayant déjà existé serait purement fortuite (disparition d’une certaine ponctuation au profit des points de suspension, emploi exclusif de l’indicatif présent, suppression de nombreux termes de liaisons, d’adjectifs...). Adapter le rythme de la phrase aux arômes (objets de la relation – non décrits, non construits) qui défileront à la vitesse du son de la langue. Pour cela : remonter des phrases souples... une bonne série de points de suspension et surtout : ne plus jamais oublier le châssis. Oubliez le châssis au montage et essayez d’avancer... : Retour à la ferraille inerte garantie. Ce qu’il faut : alléger le châssis, en simplifier la structure... garder une place assise au lecteur. Soumettre le terrain à la souplesse de la phrase. Pendant le trajet : des éléments signifiants vous font signe ? N’hésitez pas à les prendre. Au retour : Récupération sélective. Les saisir dans une gangue. Les raccourcir au montage. Mise à l’épreuve des formes et des rythmes conducteurs. Coefficient de pénétration dans l’aire de compétence à définir : Essai en soufflerie : résistances – éléments offrant une trop grande prise au souffle : termes de liaisons pronoms articles de tous genres virgules points virgules points excroissances entre parenthèses etc. Fusion des fragments. Présentation du modèle : Coupes aérodynamiques. Lignes courtes. Phrases tombantes. Décélérations rapides : arrêt net sur l’effet. Soit quelques aspects techniques.
Si une syntaxe déjà expérimentée est efficace pour une manière d’être dans la relation : ne pas hésiter à s’en servir (il ne s’agit plus de “trouver une langue”, ni d’explorer le langage). Garder une place assise au lecteur ? La phrase, souvent sans sujet au sens grammatical du terme est à l’infinitif : mode de l’errance, de la mobilité du sujet (du lecteur) en procès, en recherche de sa manière d’être... mode de son engagement dans la phrase-manière d’être dans sa relation avec une idée, un objet, un événement, un autre sujet : Syntaxe relationnelle.
Pulsions, rythme, vitesse... on a déjà lu ça quelque part...
Ne pas chercher un rythme : utiliser les rythmes possibles de l’homme contemporain (pulsionnels, sensuels, nerveux ou autres). Essayer de les faire coïncider avec les cadres rythmiques et les vitesses de son environnement. Reprendre l’idée d’un rythme, d’une langue parlant une singularité de fait, de culture. Parler le faire et l’être. Pour les jeunes : Pique la peau des mots, hoquet sur asphalte chaud pour les trois fléaux : HAsh Smoke Coke, HAsh Smoke Coke, HAsh Smoke Coke. Danse sous le nez des badauds.. mots kystés. What ? Kystés : c’est l’son qui cache le contenu.. Électropuncture : HAsh Smoke Coke, HAsh Smoke Coke, HAsh Smoke Coke.. just pulsés.. lignes de misère.. T’as l’blues ? Rappe ta merde.
What ?
I tell you what : Flux de sons injectés.. Coup de blues à saisir dans les rues new-yorkaises. Lecteurs lents serrez à droite.
Un recueil de manières d’être dans une relation brève.
L’homme contemporain ne tient plus la distance du récit long (plusieurs vies professionnelles, sentimentales ; Paris Moscou ne fait plus un récit mais un trajet de quelques heures ; représentations, informations ou divertissements condensés en séries, en flashes, en clips). Il ne peut plus se situer (se projeter) dans une histoire, bombardé qu’il est d’événements impossibles à assimiler du fait de leur brièveté - en contraste avec leur ampleur supposée - et de leur simultanéité. Ce n’est plus sur l’axe continu (évolutif) qu’il peut se constituer. L’axe linéaire ne fait plus repère. Cependant : ne pas se complaire dans le constat de la fragmentation et de l’accélération événementielle. Au sujet de changer de vitesse, sans pour autant accepter la perte de sens et le dépérissement de l’expérience qui en résultent trop souvent. Ne plus subir les vitesses trop élevées, les simultanéités...
Mais le continu... tout de même...
Une répétition de dossiers à traiter, de trajets, de séries télévisées... Boucle et répétition. Soit le cadre rythmique de notre sujet. Quelques pages pour une manière d’être dans une relation : brièveté. Ni nouvelles, ni chapitres, ni poèmes, mais relations brèves. Un recueil de manières d’être dans une relation brève.
Et l’imaginaire... jamais... ?
L’incapacité d’effectuer et de transmettre des expériences se double d’une absence d’imaginaire, d’ailleurs. Absence de possibilités d’accès (de transformations) à un imaginaire. “Nous n’existons plus où nous sommes, nous n’existons qu’où nous ne sommes pas” écrivait Rousseau. Il semblerait qu’aujourd’hui nous n’existions même plus ailleurs. L’ailleurs cède désormais la place à l’ici - comme partout. Du Graal au reality show. À défaut de se mettre en place avec, de faire l’expérience de ce qui occupe sa journée, l’homme contemporain (le téléspectateur) cherche à voir ce qu’il ne peut plus effectuer – sentir – intervient dans une réalité qui est supposée être la sienne... Il ne se projette plus dans une fiction, une représentation, mais se reproduit dans ce qui lui renvoie une exacte réplique de ce qu’il pense être. De Raskolnikov au voisin qui passe à la télé.
Des possibilités d’accès à un imaginaire.
Accès qui résiderait dans l’articulation. Sujet-charnière... ouverture sur. Éviter de se perdre dans les moyens, les techniques supposées mener à l’imaginaire (le voyage – au détriment du but, les règles de fonctionnement du médium utilisé... les subtilités techniques d’un jeu interactif...). Ni une articulation écrivant l’articulation – intransitive, ni une articulation menant à un imaginaire absolu ou proposé par un auteur, mais des conditions d’articulations pouvant mener à. Non plus des conditions d’articulations uniquement internes au fonctionnement du langage, mais des conditions d’articulation/manière d’être... façon de parler.
Soit un sujet en situation : éléments épars, éléments coupés du sujet... écrire des phrases-manière d’être organisant un contexte d’être du sujet et des conditions de passage d’un sens à un autre : passage d’un donné à un imaginaire. L’exemple d’une copie de lycéenne à propos de ce type de figure :
L’auteur sélectionne un objet (un mot) de son choix et développe une grande partie des significations qu’il recèle en les essayant dans un contexte différent. Par exemple le linge devient le sens et l’auteur le lave dans une machine à laver pour qu’à la fin de la phrase il ne soit pas celui qu’on croyait au début. Dès que toutes les significations sélectionnées ont fini leur travail sur le texte on change le linge - qui du coup retrouve sa place dans la machine à laver - c’est-à-dire dans la métaphore.
Ou alors l’auteur pense au peintre Frank Stella en parodiant sa célèbre phrase “J’ai essayé de garder la peinture aussi bonne que quand elle était dans la boîte.” Il prend des éléments linguistiques simples, mais contrairement à l’Américain, il leur fait changer de couleurs en les installant dans un contexte étranger. C’est une installation à effet de sens.
Pour conclure, nous pouvons dire que ce texte est une mise en abîme de l’écriture (un travail de mots déplacés qui font rougir leurs partenaires d’une phrase), écriture qui vit aujourd’hui à retirer tout ce qui gêne – pronoms, articles, verbes un peu trop conjugués à son goût... et passe les plus claires de ses phrases en compagnies d’autres phrases au bord du prolongement visuel, de la fiction.
Le passage d’un sens à un autre qui nous intéresse s’opère dans/par le sujet : Replacer ce que l’on retient de tel ou tel objet dans le contexte de l’instant où le sujet se trouve en situation (contexte large : culturel, de génération, d’appartenance sociale ; et contexte spécifique : humeur, éléments et sujets en présence, etc). Non une appropriation, plutôt une mise en contexte. Le spécifique contre l’état. Sujet en situation. À chaque situation : un sujet (une manière d’être). Faire (être) avec.
Chaque situation pose des limites à la langue (cette dernière n’est plus la seule mesure de ses propres limites). Si telle personne entretient une distance ironique avec l’objet de la situation, les possibilités inhérentes au lexique, au rythme des phrases, à la syntaxe utilisés sur le moment tendant vers l’écriture d’autres attitudes : pathétiques, naïves, etc, ne pourront se développer. Si la façon de parler de telle autre n’inclut pas certaines parties du lexique que l’objet du moment contient ou implique : impossibilités de développer certains champs. Ne laisse pas les sens s’emporter. Bloque tout dès que tu sens que les possibilités de la phrase t’échappent.. dès qu’une phrase cherche à se finir au milieu d’un carnaval de métaphores, devant le lecteur ou en solo. C’est la situation qui fonde l’association de signes, d’images, d’éléments : syntaxe situationnelle.
Et vous là-dedans ?
Écrire dans les langues (les figures) de notre environnement une phrase que l’homme contemporain serait en mesure de parler - dans laquelle il pourrait se sentir comme corps parlant, étant, sentant : éviter la fuite (la perte) dans une extériorité l’annulant. Ce qui est visé : non une articulation (recomposition et acceptation) de l’hétérogène dans une phrase. Non une écriture totalisante, totalisant les hétérogénéités du monde, les gérant et en générant les implications. Philippe Sollers à propos de Paradis : “J’essaye de construire un ordinateur qui, à une question donnée, peut répondre par une série de réponses selon les situations du sujet dans l’histoire ou, plus exactement, de l’histoire dans le sujet” . Et plus loin : “... trouver une forme susceptible de traiter quasiment en direct, au coup par coup, constamment l’information telle qu’elle est en train de se faire. Donc il faut trouver le point de vue qui soit le plus aigu possible, le plus restreint – c’est-à-dire qui donne à chaque instant l’information la plus fondamentale, ça je crois que c’est le point de vue sexuel.” Soit une volonté de déchiffrement et de saisie du monde - volonté démiurgique. Sans poser la question des limites d’une telle entreprise, il s’agit de savoir si le sujet contemporain a besoin de s’expliquer, de connaître son rapport (ses positions possibles) au monde alors qu’il se trouve dans une position d’indéfinition et d’inadhérence à son histoire. En outre, la langue de Paradis, bien qu’ancrée dans l’environnement social du sujet-lecteur (“la forme que j’ai adoptée qui est celle du feuilleton est entièrement due à la contrainte sociale” ) – langue répétitive, saisissant de l’hétérogène, coupant des bribes de langages dans différentes strates (celles de la science, de la religion, de l’information ou d’une bonne branlette), en phase avec la télématique, etc... – parle le sujet, l’impose, l’écrit et le traverse (l’écriture “percurrente”). Cette langue commune est celle du sujet sans l’être. Elle reste celle de l’auteur... le démiurge dans le vent de l’époque. Elle produit le sujet. Elle n’agit pas comme modèle mais encore comme vérité. Une écriture qui parle la langue de l’homme contemporain tout en le privant de son utilisation.
Mon pauvre ! Vous ne parlez jamais des lecteurs... ! Pire ! Vous ne leur parlez pas. Comment voulez-vous qu’ils vous lisent si vous ne leur écrivez pas ?
Peut-être serait-il possible de donner à l’homme contemporain accès – utilisation ] à cette langue. Déplacer la proposition de Roland Barthes : “Le texte est une productivité. Cela ne veut pas dire qu’il est un produit d’un travail (tel que pouvait l’exiger la technique de la narration et la maîtrise du style), mais le théâtre même d’une production où se rejoignent le producteur du texte et son lecteur : le texte “travaille”, à chaque moment et de quelque côté qu’on le prenne ; même écrit (fixé), il n’arrête pas de travailler, d’entretenir un processus de production. Le texte travaille quoi ? La langue.” Le sujet doit être le sujet de la phrase-manière d’être, non dans la perspective d’une co-production du texte dans la mesure où celle-ci “déconstruit la langue de communication, de représentation, de représentation ou d’expression (...) et reconstruit une langue sans fond ni surface...” , mais dans celle d’une utilisation hors texte. Modèles d’être dans telle ou telle relation en articulant tels éléments d’une situation donnée. Déplacer également l’idée d’une production qui même “écrite” “travaille à chaque moment” vers une “production” qui même écrite ne serait pas “fixée” - une production qui agirait comme modèle, comme exemple, comme possibilité, comme représentation valant dans telle ou telle situation - utilisable dans telle ou telle autre... ailleurs. Une écriture qui poserait des conditions. Le sujet passe au centre de l’action littéraire en se faisant des relations.
Vous allez en revenir au vieux mythe de l’unité homme-monde...
Plutôt (se) composer avec les données du moment de la situation, histoire de se sentir un peu être... peut pas passer sa vie à flotter (regarder passer les trains sous anesthésie). Cette écriture n’a de valeur que pour le sujet - le temps et la situation de sa manière d’être avec. Écriture lisible l’espace d’une installation métaphorisante. Lorsque vous aurez tourné la page tout sera oublié. Écriture qui ne nous dit rien sur l’environnement ou l’homme contemporain. Ce qui est dit (à l’occasion) sur l’environnement ne peut en aucun cas être soumis à un quelconque critère d’acceptabilité, de validité ou encore de vérité. La littérature n’a plus rien à nous dire. L’unité est du côté de la croyance en un “Tout” (parti en fragments). L’homme concentré sur sa (ses) manière(s) d’être - non plus sur son être (sa plénitude ou incomplétude) - se fout de connaître sa position par rapport à une croyance.
Écriture de groupes
Il ne peut y avoir d’enchaînements de relations dans une linéarité. Coup d’œil sur les manières d’être dans une relation : en vrac. Il s’agirait donc de proposer trois types de relations : entre différents sujets ; entre le sujet et l’environnement fragmentaire ; entre certaines composantes de cet environnement fragmentaire.
Trouver un mode d’articulation. Par exemple : Regroupement par proximités de manières d’être dans la relation à des objets, idées, personnes, ou encore événements qui ne présentent que peu voire pas de points communs. Ou bien : Regroupement par environnements, idées, présentant des similitudes et suscitant par conséquent, soit des manières d’être similaires, soit des manières d’être différentes. Ou bien : ...
Une écriture/parler de groupes. Cependant, il s’ensuit une certaine linéarité (l’enchaînement de ces regroupements dans la logique du support livre - succession des pages, des chapitres et des parties). Mais les articulations proposées ne sont que des possibles. Le lecteur peut en imaginer d’autres dans la mesure où c’est sa représentation qui se joue. La constitution du sujet doit s’opérer dans la souplesse, la variation, la flexibilité de nos manières d’être afin de pouvoir parler ici et ailleurs, être ailleurs puisque notre époque n’est résolument plus du côté du fixé à jamais dans un état, une fonction, un lieu, une relation, un affect... Arrêter la phrase au moment où elle tourne (se fige) en fiction - ne pas se laisser définir. Éviter de projeter le sujet dans une linéarité, une image fixe. La constitution est à effectuer dans des ensembles de mouvements, de flux entre deux points de chute/renvois, entre deux cultures, deux fragments. C’est entre les micro-linéarités que chacune des manières d’être dans leur relation avec tel ou tel objet constituent, entre ces micro-axes, dans leur articulations par regroupements, hors de toute logique de succession, d’enchaînement linéaire, évolutif, que pourrait se constituer le sujet.
Mais la littérature tout de même... ce bond hors de la langue commune... cette langue qui nous assujettit au monde... à ses croyances, ses stéréotypes...
Mais qui vous a parlé de littérature ?
[1] Jean-Charles Massera (1965) vit et travaille entre Paris et Berlin.
Fiction
Gangue son, Méréal, 1994 (épuisé) France guide de l’utilisateur, P.O.L, 1998. United Emmerdements of New Order précédé de United Problems of Coût de la Main-d’œuvre, P.O.L, 2002. Jean de La Ciotat Confirme, (du Ventoux au Chrono des Balmes), P.O.L 2004 (publié anonymement) Jean de La Ciotat – La Légende, Éditions Verticales, 2007. A Cauchemar is Born, (Nouvelles) Éditions Verticales, 2007.
Pièces sonores
La vie qui va avec (en collaboration avec Vincent Labaume), France Inter, 1997. All You Need Is Ressentir (Part One) - Généalogie d’une déficience annoncée, France Culture, 2006. Jordan et les boulets (Le secret d’Alexia), France Culture, 2007. Ils Nous Ont Même, They Didn’t Even, production Palais de Tokyo, Paris, 2008.
Scène
Quelque chose en nous de général (le discours), « Nouvelles Scènes — I Love Dijon », Dijon. 2001. United Problems of Coût de la Main d’œuvre, mis en scène par Brigitte Mounier, première création , Lille, 2002. Alles Klar (le débat), Offener Kanal (sur invitation de Thomas Hirschhorn à l’occasion de la Documenta X), été 2002. Another Way Now Pourrait Supprimer 2800 villages d’ici cinq ans, mis en scène by Brigitte Mounier 2006 - 2007. We Are La France, mis en scène by Benoît Lambert, 2008. We Are L’Europe, Commande du Granit – Scène Nationale de Belfort, mis en scène by Benoît Lambert, 2009.
Essais
Amour, gloire et CAC 40, (Esthétique, sexe, entreprise, croissance, mondialisation et médias), P.O.L, 1999
La leçon de Stains (Pour une esthétique de la reconstitution), Pierre Huyghe The Third Memory Centre Georges Pompidou (Paris) Renaissance Society (Chicago), 2000.
Expositions
My Step is your Step, cassette audio destinée à être écoutée sur baladeur, réalisée lors de la quatrième édition de “Construction in Process” à Lodz, Pologne. (Version française et anglaise), 1993.
Laboratorium, Musée Provincial de la Photographie, Antwerpen, curated by Barabra Vanderlinden & Hans-Ulrich Obrist, Les Filles de Côté (Atelier d’écriture. CD audio réalisé par les étudiantes de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Tours), 1999.
Archeology of Engagement, 36 textes de fiction intégrés à l’installation Archeology of Engagement de Thomas Hirschhorn, MACBA, Barcelona, 2001.
Under The Résultats, affichage public in Biennale d’Art Contemporain, les Ateliers de Rennes : "Valeurs croisées", 16 mai - 20 juillet 2008.







