Saphir Antalgos

Cette nuit le rêve s’est fait connaître.

J’ai connu le rêve. Il m’a donné son nom et s’est couché sur moi.

Le rêve est un personnage. Professionnel et aquilin, type méditerranéen, grec pour être précis. Il a un nom et un prénom, comme tout le monde.

Le nom que le rêve m’a fait connaître je ne l’invente pas, il m’est apparu tel, comme une évidence d’état civil.

Son nom est Saphir Antalgos.

Tout d’abord il apparaît comme une personne que l’on peut regarder dans les yeux. Mais ses yeux je ne les vois pas. Ne donne que son profil, effilé, et son nom, Saphir Antalgos. Il apparaît comme ça, comme tout le monde.

Il apparaît comme une personne, une personne comme vous et moi, puis il s’affine. C’est comme s’il maigrissait à vue d’œil.

Voilà comment il procède : il apparaît pour disparaître.

Il devient de seconde en seconde de plus en plus subtil et fin, et incolore.

Et on assiste à cette métamorphose dans un état de passivité, sereine n’est pas le mot, anxieuse non plus. Un état de passivité sans attente.

Enfin Saphir Antalgos n’est presque plus rien. Plus qu’une mince feuille de papier. Ou de tissu très fin.

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