Le joug
L’écrivain est celui qui chasse une image qui le hante.
L’écrivain est littéralement « le possédé ». Ce qui le possède, rien ne peut le décrire, le dire, le signifier. Rien ne s'oppose à cela. Rien ne se ramène à cela. C’est l’ineffable. L'indiscernable. L'étrangement familier.
La possession représente la littérature. La littérature se définit par la lecture et par l’écriture. La lecture et l’écriture ne peuvent que cerner la béance du monde qui est la hantise de l’écrivain (et du lecteur).
La béance est aussi le point, le lieu et le moment, qui est un trou noir.
Pascal Quignard inlassablement ressasse cette approche du point crucial. Du point de vérité. Ce point représente le revirement, l’effarement, le saisissement. C’est lui que nous nous passionnons à traquer, à décrire, à cerner ; c'est lui que nous ne cessons de suivre, comme un électron.
Je conçois que tout Pascal Quignard provient et retourne à ce point.
Ce point est ineffable, ...