Éric Hazan | La voix de son Maître

La langue que nous parlons n’est pas un instrument mais l’air que nous respirons. Elle nous habite aussi bien que nous l’habitons, elle fait nos pensées nos valeurs, nos discours alors même que nous croyons la maîtriser et l’utiliser. Francis Ponge parlait de « tous ces grossiers camions et monuments qui constituent bien plus que le décor de notre vie », autrement dit, de tous ces lieux communs, de tous ces modes de penser et valeurs instituées qui nous parasitent à notre insu. Et, à peu près à la même époque, dans son analyse de la langue du Troisième Reich, LTI, Victor Klemperer écrivait : « Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, ...

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