Carlos Castaneda | Le feu et le silence



À la fin de chaque livre de Carlos Castaneda, dont le premier remonte maintenant à vingt ans exactement , le lecteur a le sentiment que le cycle s’achève et que rien de plus ne pourrait y être ajouté. Et, pourtant, chaque nouvel ouvrage prolonge, éclaire, transforme les précédents. C’est ainsi qu’après Le Don de L’Aigle, où le maître et initiateur de Castaneda à la « sorcellerie » yaqui, Don Juan, quittait le monde avec son groupe — « le clan du nagual », en un adieu qui semblait définitif —, Carlos Castaneda, avec un septième et un huitième tomes, Le Feu du dedans et La Force du silence, réussit la gageure d’ouvrir plus encore les perspectives et de nous donner, dans l’approfondissement d’un certain nombre de notions déjà connues — « voir », « le corps de rêve », « l’Aigle », etc. — une véritable cosmogonie d’une cohérence et d’une ampleur impressionnantes.

Don Juan disparu réapparaît dans l’acte de remémoration que constituent ces livres. Remémoration, non pas souvenir. En effet, si les quatre premiers tomes se développent dans l’espace du souvenir, puisqu’ils rapportent ce que Don Juan appelle les enseignements relatifs au « côté droit », ...

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