Huitième jour 

Jour du départ. Il devait neiger ce matin, selon les prévisions météo. Il fait seulement gris et assez doux. Voilà, c’est fini. Il me faut partir. Rien n’arrivera. Ne pouvait arriver. Juste conjuré de vieilles peurs en affrontant l’ancien monstre qu’avait été le le lac, et domestiqué, apprivoisé des mots : Léman, Suisse. M…  Morges.  

Rien, si ce n’est cette fulgurante vision survenue hier, durant les quelques secondes où, le temps aboli, j’avais de nouveau attendu ma famille, seul dans la cour de l’hôpital, devant ce petit bâtiment aux murs jaune paille, éclair d’une étoile située à des années-lumière et maintenant disparue, une lueur éblouissante qui avait mis trente-cinq années pour parvenir jusqu’à moi. Quelques secondes supplémentaires de désarroi, un minuscule moment d’éternité. 

 

 

Dans Le temps, lu hier un article sur une cheffe d’orchestre. Et aujourd’hui, dans Le matin, quotidien régional du Léman, une double page d’annonces érotiques qui n’étaient rien d’autres que du racolage par journal interposé, avec adresses et numéros de téléphone. Comme on s’en doutait, la féminisation des noms ne signifie pas davantage d’égalité ou de respect vis-à-vis des femmes, contrairement à ce que certaines pensent. Seulement une mesure de justice. La crispation, en France, autour de cette question, tient davantage, à mon sens, à l’histoire linguistique, à la vieille querelle des anciens et des modernes, Boileau au petit pied contre Furetière, ...

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