Carte mère

Chronologie

1848. Une révolution. Louis Napoléon Bonaparte, 1er président de la République Française. Naboléon, élu au suffrage universel. “ Le seul suisse à régner sur la France ». Le parti de l’ordre. . Magasin Bon Marché. ” Paris ! Paris ! / Dans une course furibonde / Nous accourons vers toi, Paris, / Vers toi, Paris, reine du monde, / Nous venons de tous les pays ». La Gare Saint-Lazare. Haussmann, préfet de la Seine. “ La transformation de Paris est le complément nécessaire des réseaux de chemins de fer dont je veux couvrir la France et qui, dans un temps donné et prochain, se souderont aux chemins de fer étrangers. »

1968. On ne parle plus de révolution. Des évènements. “ Sous les pavés, la plage ».1969. Sous les pavés, le RER A. Nation. Cases rouges, cellules de plastique. 2001 l’Odyssée de l’espace. Direction Boissy Saint-léger. Logement réservé. Encore enfant, au balcon, suspendu au dessus des voies. 1973. Auber rejoint Saint Germain en Laye. Giscard, Pompidou. Choc pétrolier. Le périphérique encercle Paris. Fluidifier et fermer. Mettre de la distance avec la banlieue en pleine croissance. 1977. Jonction Auber Nation. Gouverner pour deux français sur trois, ou trois sur quatre, ou quatre sur cinq. La carte orange. Métro, boulot, dodo. 1ère classe obsolète. Terminé, les wagons à moitié vide qu’on observe avec curiosité. Plus aucune trace de lutte des classes. 1981. L’alternance. Pendant les travaux, le commerce continue. Chatelet-les-Halles. On a bouché le trou. Fêtes de l’argent. ” C’est comme ça, lalalalala ». Interconnectés.





Etablir la liste des lieux où je me suis perdu :



- La gare de Lyon. En plein travaux. On perce le quai sous les grands tableaux des départs et des arrivées. Accéder directement aux correspondances (métro, RER) sans sortir de la gare. La foule aux heures de pointe. Une grande confusion en descendant des trains de banlieue. Ma mère, ma sœur et mon frère. Je les ai perdus de vue. Un moment d’inquiétude. Jusqu’aux portillons pour sortir de la gare. Un agent SNCF me vient en aide. Un contrôleur ou un poinçonneur. On me conduit jusqu’au commissariat. Ils m’interrogent. Retrouver ma mère. Assis dans un fourgon de police. De retour à l’école. Des histoires à raconter.



- Belleville. Chez mon oncle. Deux familles dans un trois pièces. Nous remontons le boulevard de la villette, mon frère, ma sœur et moi. Jouer à cache-cache ou à se faire peur. Je cours en avant pour les surprendre. L’attente. Ils n’arrivent pas. Je cours dans l’autre sens, puis dans une rue adjacente, revient sur mes pas, ne sachant plus très bien où je me trouve. Le quartier je le connais, mais la peur me fait perdre tous mes repères. Mon école que des programmes de construction de grands ensembles ont fait disparaître. Je pénètre dans le café le plus proche. Des clients au comptoir. Surtout des maghrébins ; les chinois n’ont pas encore investis le quartier. L’un d’eux me semble plutôt sympathique. Il me propose de me raccompagner, cherche à savoir où j’habite. Comme dans un mauvais rêve récurrent. Je ne suis pas si jeune, mais je demeure impuissant à dire quelle est mon adresse. Aphone. De déductions en recoupements. Me voilà chez moi. Ma tante nous reçoit. De la reconnaissance. Il désire une récompense. Une conversation animée. Je souffle.

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