ressors de 5 jours d’écriture et de nuit — couché le plus souvent entre 5 et 6h avant l‘aube, puis rattaque vers midi, etc…
ce matin il pleut, sans doute pour toute la journée, très très peu de lumière dehors, le prunier goutte, et dedans, l’ombre… alors que toute cette semaine de travail le ciel était clair, froid, lumineux
ces temps-ci, plus ça va et plus ça m’échappe. j’écris des bouts par ci par là, à peine contrôlés. je suis également immergé dans le sonore. et puis ces bouts, tombés, par ci par là, sortis comme sans moi, sans préméditation, sans but, sans objectif, laissés, échappés complètement. sans être rattachés à aucun volume ou projet en cours, éparpillés. et puis ce sonore, obsessif, inclu dans la mastication, manducation de la lang…
sans doute tout cela progressivement s’organisera, non que cela prendra sens plus rationnel, mais se distribuera selon volumes, projets, constructions en cours, donnera forme probablement peu à peu à des “ensembles ”
immergé donc plusieurs nuits et jours, et vais remettre ça encore dans quelques jours. absolument seul, quelques sorties seulement pour faire quelques courses, respirer, faire la bise à des copains, mais sinon enfoui, des nuits et des jours… dans ce mûrissage lent, à l‘ombre, en arrière
oct 07
notes parcellaires (version 1)
suite à l’expérience www live de la semaine dernière, de cheminement textuel, graphique, avec environnement sonore dans le site sur grand écran... une piste clairement à creuser... dans la mise en scène de l’écriture, et d’un temps propre de navigation que l’on propose au spectateur, différent de son temps lorsqu’il surfe/lit lui-même... presque un film.
pas le txt juste posé, mais projeté. le txt projeté, il y a à inventer là.
le txt non plus seulement dé-posé, pro-posé, mais lancé en avant, dans ce même mouvement né dans le tube à souffle de la bouche lang vers le devant et dehors. la voix s’élève. le txt jeté en avant, le travail jeté en avant, reproduisant sa dynamique sa cinétique, dans ce mouvement de projection, dans ce mouvement fleurissant/ gravissant sur le mur blanc, calligraphiant le mur blanc.
le site en train de faire œuvre, objet… depuis long, ce n’est plus seulement un support et un outil, mais une forme en production, un lieu de matière, de pâte argile, de pâte mot. et, de là, de ce mouvement, emmener en et au mouvement, dans ce qui n’est plus forme fixe mais poussée. une gesture. d’où parcours de lecture, filmique, avec durée propre et environnement propre. une écriture, un parcours d’écriture surgissant par plans-séquences déroulés. des « blocs de mouvement durée » dit monsieur Deleuze.
le site est un corps : matière et chair, mouvement et poussée et respiration — siège de lang, mais désormais plus seulement posée, déposée, mais actée, dite, soufflée, respirée.
le site, et son corollaire : environnement sonore et visuel/graphique, n’accompagnent pas le texte (ce texte qui reste toujours la recherche et production centrale) mais le portent là où il s’avance. il n’y a pas illustration mais corps avec.
alors peut-être ces blocs de mouvement durée pourraient accueillir, faire corps avec cette vie animée de la lang soufflée respirée.
la lang n’a pas d’objet à illustrer en dehors de son avancée dans le monde (m’écrit Arnaud Maïsetti). c’est ce surgissement, cette élévation de la voix (miraculeuse) poussée par des masses d’énergie phénoménale vers le dehors dehors qui me semble l’aventure ultime et fondatrice. cette avancée de la lang vers dehors… cette avancée de la lang lorsque projetée au dehors…
fév 08
écrire comme on marche cela m’a toujours habité… ( — comme on marche dans la ville, sous la pluie, écrire sans s’arrêter, sans trop penser — rajoutait Duras)
parti d’un tout petit bout de texte en prose traînant dans mes poèmes, inutilisables pour eux, isolé… j’ai ensuite juste lancé l’écriture et l’ai laissée courir
c’est-à-dire d’abord dans la vitesse, écrit comme sans moi au-delà de moi autant que possible, glissant en avant de la pensée, plus vite
à ce moment là, j’écris peu à la fois, mais finalement assez souvent et ça va grosso modo dans la bonne direction — me semble en tout cas
si l’on joue le txt
un marcheur (sur un tapis roulant ?). de trois-quart. si tapis : invisible enfoui dans la scène. marcheur parfois les mains derrière le dos. rythmant sa marche du buste. parfois allongé ou grimpant. éventuellement bruit de pluie très léger en continuum et parfois très fort entêtant. en tous cas : un rythme. lancinant, de marche, de pluie ou d’autre chose.
avril 07
je n’accepte de porter que mon travail d’une matière de lang. ce travail d’une terre, organique, basale, rustre, racine. le reste ce sont les autres qui le construisent : le sens, la poétique, toutes ces choses là…
lisant, relisant Collobert, entre autre en prévision d’une résidence cet été... dans cette fin de XXème, de cette génération, elle, Koltès et Tarkos sans doute parmi les plus marquants...
Je n’arrive pas à dire ce que j’ai saisi tout à l’heure en marchant toute seule près de la Contrescarpe — rues désertes — je me suis sentie moi marchant tout entière, seule — Voilà, ...