hameau mort







« Il va me falloir revenir d’où je viens. »

Thierry Metz







L’envie d’aller servir un cognac à ses morts et de filer au cimetière en creusant l’obscurité à l’aide d’une lampe lui a traversé le crâne en une seconde.

Autour de lui, le bois craquait, la nuit était froide, la solitude battait des ailes. Seule une ombre froissée sous terre semblait en mesure de retaper le regard de cet homme qui, boitant, descendait, fiole en poche, la route du bourg.











Désemparé, évitant les flaques et jetant une frêle lumière en avant, il se déplace, se déhanche, titube dans nos mémoires.

Il arpente le hameau. Son talon cogne le sol. Il tire sur son ombre. Passe entre deux rangées d’arbres. Suit un long couloir sous la lune.

« Je vais, dit-il, porter d’interminables requiems à ceux qui dorment sous le marbre ».







Allongé, tout en os, (veste noire, chemise blanche) Titus, l’ex-barman, est visité à l’heure où le dernier café de la falaise éteint ses feux.

Il le revoit. Le recale dans ses œuvres. S’assoit sur la pierre. Ferme les yeux.

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