Si tu vas à Calatayud…

C’est une chanson. Une chanson espagnole. Une chanson que me chante en espagnol Rosario. Rosario est ma collègue d’espagnol. La scène se passe au lycée, dans l’ancien bocal aux fumeurs où les fumeurs continuent de se retrouver. Non pour fumer (l’établissement est déclaré non-fumeurs, c’est écrit à l’entrée), mais par habitude, pour marquer leur différence, narguer ceux qui s’obstinent à les regarder comme d’affreux meneurs ou simplement comme des parias. Et que les anciens fumeurs considèrent en retour comme un tas de réacs (le gros des non-grévistes se trouve en effet de l’autre côté de la vitre). Ce n’est donc pas une porte que je franchis mais une frontière pour parler ce jour-là à Rosario.

Il y a peu, mais cela paraît des lustres, on pénétrait dans un brouillard.

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