Vue de ma table de travail

Il y a un premier plan, au centre de quoi rayonne l’écran de l’ordinateur où s’inscrit la description du premier plan : c’est à travers (ou à la surface de) ce rectangle opalescent que les choses vues essaient de passer dans les mots, de se transformer en mots (mais « ces deux mondes sont étanches », selon Francis Ponge). À gauche, un pan de mur perpendiculaire. Perpendiculaire à quoi ? Aux « plans » arbitrairement, et virtuellement, découpés. Perpendiculaire à l’horizon. Des lambeaux d’un papier peint ancien, entre le blanc crème et le bleu horizon, justement, ont été intentionnellement conservés jusqu’à une hauteur d’environ 1 mètre sur ce mur, peint en blanc au-dessus, et sur lequel est accrochée (mais je n’en vois que le coin inférieur gauche) une reproduction du Fort carré d’Antibes par Nicolas de Staël. Je n’en vois que le coin inférieur gauche, mais je sais qu’il y a des gris de plomb, des blancs plumeux, des bleus qui répètent ceux du « petit pan de mur » et aussi ceux du paysage marin au 3ème plan. L’ordinateur est posé sur un panneau de bois sombre (une porte couchée sur des tréteaux) revêtu d’une plaque de liège. À sa gauche il y a un téléphone d’un modèle assez ancien, bleu, ...

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