Nos rencontres modernes

De Baudelaire à Duras.

La rencontre ?

Un modèle et une tentation, celle d’un monde qui s’ouvre sur un avenir. Pourtant l’évidence de la rencontre a été largement secouée par la modernité. Elle la questionne. Elle interroge son déroulement, son authenticité. Elle prend acte de son épuisement, et de son caractère d’évidence. La modernité vient mesurer les lendemains. Quels lendemains ? Impossible de faire le tour d’une telle question. On préfèrera une autre stratégie, celle du motif : quelques pistes lancées autour de Baudelaire et de Duras pour ouvrir un autre regard sur ces rencontres qui n’ont peut-être plus lieu.

Deux figures (tutélaires) forme d’introduction

Roland Barthes envisage dans ses Fragments du discours amoureux la rencontre comme un « temps heureux » qui se situerait entre « le premier ravissement » et les futures « difficultés du rapport amoureux ». C’est ce temps étrange et fragile que Jean Rousset explore également dans le romanesque, mettant en valeur la puissance narrative de ce moment.

La rencontre.

Le temps d’un regard, d’une aspiration et d’un basculement. Quelque chose se dérobe : le corps, la voix, l’esprit. Un tremblement qui envahit en jaillissant d’un plissement de joie. Quelque chose ouvre un avenir. Douceur du commencement et temps du rebond amoureux pour Barthes, pouvoir d’engendrement et d’enchaînement pour Jean Rousset.

La forme de la rencontre, c’est le regard. Evoquant le Dom Juan de Saint-Réal, Rousset en résume l’enjeu :

« La ...

Vous êtes en mode prévisualisation. Acheter ce livre