L’illisible et le corps

Un des enjeux possibles d’une lecture philosophique de l’œuvre de Pierre Guyotat pourrait être de s’interroger sur ce que sa pratique de l’écriture implique comme rapport à la langue : en effet, il s’agit peut-être d’un des rapports à la langue les plus extrêmes qui ait été tenté depuis longtemps. De quelle extrémité s’agit-il ? L’on a vu comment le rapport à la langue chez Guyotat se place radicalement du côté de l’obscène, d’une volonté de prise en charge de tout ce que la langue peut faire de pire. Faire de pire : il s’agit bien d’un « faire » en effet, puisque la langue de Guyotat est une langue qui se fait, et se fait en touchant aux extrémités de ce que peut une langue. Guyotat opère une fiction de langue, une fiction de langue qui s’élabore par déchirure de la langue usuelle, à même la douleur et la jouissance des corps ; c’est une fiction de langue qui naît précisément de la douleur et de la jouissance de corps, ...

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