D’un geste assuré, d’une bifurcation pouvant sembler anodine, La Nuit juste avant les forêts ébauche une parole en forme de demande essentielle, obscure et diffuse, profonde et lancinante – une demande au coin d’une rue soudain émerge du silence et de la nuit, se saisit du langage comme d’un corps et d’un lieu, le prend à témoin, et l’isole du monde – rend désirable l’exil impossible ; elle circule, se donne et se refuse. Arpentant le désir sous toutes ses formes, elle joue le commerce du temps afin sans doute de mieux retrouver le monde des appartenances possibles.