Le récit souterrain de sa restitution ?

Dehors et dedans de la parole

« (...) ici je n’arrive pas à te dire ce que je dois te dire, il faudrait être ailleurs (...) »39.

Lancinante, cette demande en forme d’excuse, lancinante et sans issue, cette volonté de ne pas être ici, et cette incapacité à formuler ce qui doit se dire, mais qui ne peut pas, ici, se dire. Car ici n’est pas l’endroit de dire, ici est l’endroit où l’on montre où l’on va dire plus tard, et ce que l’on va dire plus tard : l’espace d’une parole qui n’ouvre que les chemins du possible, du vrai et du lointain – le dedans de la parole où il ne sera pas besoin de parler, juste de s’asseoir dans une chambre à l’abri de la pluie, s’allonger sur le sol dans une forêt. Que raconte ce texte ? Rien d’autre que cette impossibilité – cette douleur de ne pas pouvoir raconter. Et cette envie de le faire, plus que tout.

« Pour ma part, j'ai seulement envie de raconter bien un jour, avec les mots les plus simples, la chose la plus importante que je connaisse et qui soit racontable, un désir, une émotion, un lieu, de la lumière et des bruits, n'importe quoi qui soit un bout de notre monde et qui appartienne à tous. »40



Dans l’avancée du texte, surgissent des micro-récits, qu’ils soient des anecdotes, des souvenirs, des fables, des conseils narrativisés à l’aide de l’expérience. Sourd alors l’émergence d’un récit plus latent, moins évident – parce qu’invisible, mais diffus : un récit plus large qui serait celui de leur impossibilité. Le récit vague et indistinct d’un récit à venir : aménageant l’ailleurs, séduisant juste ce qu’il faut l’auditeur pour l’attirer, ...

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