Robert Frank n’a pas inventé l’autobiographie photographique. Bien avant lui, d’autres avaient déjà rendu la pratique courante, comme Jacques-Henri Lartigue et ses instantanés familiaux, ou encore Edward Weston dans ses
Carnets
. À vrai dire, il est probable que toute volonté de réunir une autobiographie n’ait été consciente chez Robert Frank, qu’en 1972 avec la première édition de
In lines of my hands
(Dans les lignes de ma main). Cependant avant même que le souci de Robert Frank pour regrouper son travail autour d’un concept de compilation ou de rétrospective, ne se manifeste sous la forme d’une édition, ou même d’un film, il apparaît clairement que dès ses débuts, chacune de ses images porte indéniablement le sceau de sa propre existence.
Bien que Robert Frank s’attaque à son projet qu’il intitule Les Américains, dans lequel il entend photographier les Américains avec leur vie quotidienne pour écrin, il saisit déjà le medium un peu à la manière d’un miroir, pour se regarder lui-même, ...