Au risque du monde.
Les quatre volets de cette étude rédigés, quand on voudrait d’abord établir une sente qui en permette une vue globale, et d’en justifier le parcours, peuvent venir ainsi quatre mots et qu’on se dise qu’il ne faut que ces mots. Sans doute parce que le terrain de dialogue il faut d’abord l’établir, le révéler à soi-même. Ce qu’on a, de toujours, ressenti comme obstacle ou contrainte, mais avec cette certitude que le travail devait se faire à cet endroit précis, qu’à ce seul endroit était une chance peut-être d’aboutir, d’être agi par ce qui relevait de la plus profonde communion qu’en soi en ressente, la lecture comme longue et quasi native histoire, vient un moment où il s’agit de se hisser soi-même à comprendre en quoi ce qu’on trouvait comme légitimité à ce travail en assignait la décision esthétique à un choix mû par son objet lui-même, et en quoi cet écart on peut s’y tenir et le comprendre à condition d’en référer à l’histoire personnelle de ses lectures, du rapport qu’on a, quand bien même le mot ne réfère pas à un contenu absolu, mais à cet écart même, voyageant dans le temps et selon les œuvres, à la littérature.
Donc revenir d’abord à ces lectures, le chemin continu depuis l’émerveillement de gosse (mes premiers souvenirs conscients liés à la narration et à la poésie remontent à une expérience très brutale faite bien avant de savoir lire, et qui requérait déjà la mémoire et la voix : se lever pour réciter à sa propre mère en blouse blanche, devant son tableau noir d’institutrice de maternelle, une fable incluant justement une mère et son fils, des crapauds, un hibou dans l’arbre et la désobéissance de l’enfant crapaud — évidemment ça finissait mal —, j’étais là dans l’hostilité des autres, qui disaient chouchou, chouchou quand je vivais l’inverse, à Saint-Michel en l’Herm, Vendée, en 1957 sans doute, mais la littérature depuis est toujours restée pour moi ce risque de l’instant, ...