Joachim Séné | La Crise
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DescriptionLe combat est inégal, mais ce n’est pas d’aujourd’hui. La domination politique s’appuie sur le verbe. Le combat social, l’inégalité, la fuite devant les ombres s’appellent politique quand ils deviennent discours, adresse, détournement des mots. Pour cela que nous avons à honneur d’accueillir ici des auteurs comme Bernard Noël : notre tâche à nous, artisans de langage, ne serait pas aussi dans ce territoire, où s’atteler à ce qui maltraite la langue, ou la ravale à bien peu, en lui demandant de dissimuler ou affadir ce qu’on maltraite des hommes et des choses ? Il ne faut rien laisser passer. Le discours politique devient un robinet d’eau tiède, si on le sépare du renversement critique. Lorsqu’un mot devient une vague image dans les journaux ou sur les ondes, il évacue ce qu’il contient. Une photo prise au passage, d’un tag sur un mur de métro : la crise. Joachim Séné prend la photo pour une hésitation. Dans la phrase taguée, la crise c’est chaque fin de mois, le tagueur a hésité sur le s à la fin : fin de moi ? L’entrée dans la langue alors n’est pas politique. Elle n’est en quête que d’elle-même, de notre visage dans l’utilisation des mots. C’est le troisième texte de Joachim Séné que nous accueillons : on y retrouve son jeu majeur de détournement, combinaison, contrainte. Mais ici ce jeu s’oublie, il y a du cri, et c’est le verbe qui est rage même dans les anagrammes de la toute fin. On a besoin de ces textes : c’est nous-mêmes qu’ils rehaussent. Pour présentation et autres travaux de Joachim Séné, lire son Journal écrit et ses Fragments, chutes et conséquences. |
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