Cécile Portier, bnf | Saphir et Antalgos, travaux de terrassement du rêve
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DescriptionDans une approche opiniâtre de ses rêves, leurs risques, leurs fuites, leurs dangers, quelles ressources pour la fiction, notre imaginaire secret du monde, notre perception de nous-mêmes écrivant ? Terrassement c’est un mot à double usage : la première phase d’un chantier, la préparation du sol pour les fondations, et puis aussi l’affrontement du monstre, sa mise à terre. Et c’est peut-être toute l’ambiguïté du rêve. Ce texte ne travaille pas, alors, sur le rêve, mais avec. En quoi les affronter, ce qu’ils disent sur la ville, sur le corps, sur l’autre – avec les déformations de perceptions, les voix et les morts, les fuites et paralysies, les obsessions animales –, nous aident à cerner le territoire de risque, là où se jouera l’écriture ? L’écriture ne peut se contenter d’être la transcription du rêve : on a ceux de Swedenborg, du romantique Jean-Paul, on a rêves de Baudelaire (et ce long commentaire de Michel Butor...), de Kafka, on a La boutique obscure de Georges Perec. Mais on a aussi la science des rêves, le savoir des exercices nécessaires : c’est l’écriture, qu’on regarde, et comment elle vous traverse, ce qu’elle exige de vous, non comme convocation mais plutôt comme dépossession, comme abandon. Le texte qu’on propose ici est plutôt un chemin, où l’énigme s’accroît à mesure que le récit s’ordonne, avance. Il joue de ses strates d’écriture : les récits de rêve intégrés à même le discours de la narratrice qui commente, se construit dans le danger qu’elle nomme. Et c’est incisé de textes bruts : cartes de visites punaisées à même le texte, pour entrer avec toute la ville dans cette dénomination Saphir Antalgos : reprenez, en même temps que vous lirez ce texte, le Paysan de Paris d’Aragon, et les signes et inscriptions relevées dans le passage sous verrière... La convocation du surréalisme, celui de Nadja et du Paysan, est ici délibérée : mais c’est bien dans notre présent qu’on le rejoue. Cécile Portier, après l’ENA, a travaillé au CNC et maintenant à la BNF. Elle a publié au Seuil, collection Déplacements, Contact. Lire son blog, où on retrouvera cette même préoccupation du fantastique à même le quotidien, la prégnance du corps comme chemin d’écriture : Petite racine. Lire aussi Limaille (éloge du petit texte). Sur Saphir Antalgos, la lecture de Sereine Berlottier dans remue.net. |
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