François Bon | Pour lire Rabelais

Partager

| Plus

Détails

Auteur : François Bon
Publication :01/11/2008
Langue :Français
Pages :174
ISBN :978-2-81450-164-5

Description

En proposant ici quatre longues études, plusieurs fois remaniées et révisées à mesure de ma propre avancée dans Rabelais – chacune portant sur un des quatre livres successifs –, j’ai voulu tisser à la fois une ébauche biographique de Rabelais et des enjeux successifs de son écriture, les situer dans une histoire globale des fractures et inventions de notre littérature. Beaucoup moins résoudre qu’évoquer les chantiers de recherches ouverts : bienvenue, il y a de la place !

Elles sont suivies d’un bref ensemble de textes portant sur des points séparés, la folie, le voyage, les formes.

Le paradoxe, on le sait, comparé à Cervantès ou à Shakespeare, c’est que Rabelais n’a jamais été un écrivain populaire, mais toujours une oeuvre ouverte pour ceux qui écrivent, Molière, La Bruyère, Diderot, Chateaubriand, Hugo, Balzac, Céline.... La seule éclipse c’est Proust : on lui pardonnera, il lisait suffisamment le 17ème siècle.

Mais aujourd’hui, il y a une urgence de plus à entrer dans ce qui reste toujours le continent méconnu, les fabuleux Tiers et Quart Livres. Nous traversons un mutation, des connaissances, de la géographie, du risque globalisé pour l’espèce humaine, une révision du concept du temps qui n’a pas de précédent – dans la simultanéité – par rapport à la crise de ce qu’on nomme (de plus en plus rarement, c’est vrai) Renaissance.

Et, de même qu’au temps de Rabelais, cela s’accompagne d’une mutation du livre (impossible de parler de Rabelais sans parler des formes et révolutions de l’imprimerie, c’est la nouvelle logique du livre qui donne sa possibilité de fiction au récit) qui bouleverse notre rapport même à l’écriture.

Quant à la langue, le temps est loin où une édition soi-disant bilingue (Maurice Rat, dans l’Intégrale Seuil) traduisait par du couscous dans une marmite l’expression du coscosson dans un bourrabaquin pour qu’on « comprenne » mieux : l’ancien français est comme une langue étrangère qu’on saurait d’avance, dit Valéry, voilà qui ouvre à plus de mystère, et surtout de plaisir. Qu’on ait toujours en tête que Rabelais mime ses récits parce qu’ils sont destinés à être lus à haute voix par celui qui tient le livre, à d’autres qui écoutent, et que l’utilisation juxtaposée des vocabulaires c’est parce qu’il n’est pas concevable, à l’époque, qu’un habitant de Languedoc comprenne les mots recevables par un Picard ou un Poitevin. Voir, dans intro au Quart Livre, réflexion sur la façon dont Rabelais donne littéralement à imaginer le mot phare, qu’il forge en français, même si l’étyumologie pharos n’est pas loin : « Haultes tours sus le rivaige de la mer, esquelles on allume une lanterne on temps qu’est tempeste en mer pour addresser les mariniers, comme vous povez veoir à la Rochelle & Aigues Mortes. » Pensez à cette obscurité qui va bien avec les mots, alors vous pourrez prendre vertige à Rabelais, sans se préoccuper d’appareils de bas de page. J’ai toujours comme projet, un jour, une version numérique de cet étrange ouvrage de Lazare Sainéan, occupant la totalité de la durée de la guerre 14-18 à composer son lexique en 2 tomes épais, La langue de Rabelais...

On vous souhaite du plaisir : ébauchés principalement de 1988 à 1994, ces textes, qui ont d’abord servi d’introduction à une édition de Rabelais (la première dans la ponctuation originale !) chez POL, je les ai constamment révisés, l’accompagnement de mon propre chemin vers ou avec Rabelais, ma propre trace pour entrer là où commande la folie, ou le mystérieux aboutissement dans l’inconnu du Quart-Livre.

En complément : Rabelais à haute voix, expérimentations dans le tiers livre (le mien ! – et redire qu’on vient volontiers le faire chez vous en direct, on a promené ces textes de Copenhague à Tokyo, de la Villa Médicis à la commune de Longeville en Vendée).

FB


Télécharger

Numérique 5,99 €
Incluant eBook PDF eBook ePub Liseuse en ligne  Verrous : aucun

S'abonner

Abonnement lecture seule publie.net, 12 mois
65,00 € ou 6,00 €/mois

Lecture en ligne seulement

Tout le catalogue

En savoir plus


Abonnement publie.net, 12 mois
95,00 €

Lecture en ligne + téléchargement

Tout le catalogue

En savoir plus


Autour du livre

Lautréamont offert External link Français

03 juillet 2010 05:29

En septembre 1996, la raison de ma laborieuse première connexion Internet (j'avais un modem Olitec 24 000 bauds, il fallait créer un compte Compuserve, puis se rendre sur l'université d'Aix-en-Provence où télécharger Netscape 1.0), ...