Daniel Bourrion | Incipit

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Détails

Auteur : Daniel Bourrion
Publication :09/09/2008
Langue :Français
Pages :75
Collection :Zone risque
ISBN :978-2-81450-154-6

Description

C’est une veine, peut-être la plus dure, dans notre corps langue.

La langue s’y ramasse en énergie, et circule. Elle irrigue les parties vives, celles qui sont au contact du monde.

S’il n’y avait pas cette question sur le monde au dehors, il ne vaudrait pas la peine d’interroger ce dehors, et d’explorer qui on est, pour le représenter, le penser.

Ce sont de très vieilles permanences. Je suis moy-mesme la matiere de mon livre, disait Montaigne : mais, comme chez lui, ce qui se dit ici n’est jamais directement soi, mais peindre. Et dire le plus simple, les voix, les visages, parce que là sont les forces les plus crues.

Cette veine court dans nos bibliothèques jusqu’à aujourd’hui : elle a passé de Faulkner à Bergounioux, chez qui Incipit prend son exergue. Elle n’est pas rurale par essence, elle ne n’ignore pas ni ne contourne les villes : nous les pratiquons, les vivons. Mais on n’a pas le choix d’où l’affrontement est à cru, et c’est parce que c’est un affrontement nu, que la langue se retourne contre elle-même, exhibe ses réserves : la syntaxe seule parle.

Comme en publiant sur publie.net Michel Falempin, Faux airs, il y a l’immense plaisir d’avoir affaire à cette langue honorée comme aussi comme matière, nappe, couleur. La beauté parfois peut seule dire l’intensité du noir. Il y a les morts, évidemment, derrière l’épaule de celui qui parle. Ici, c’est eux qui sont étendus sur la table à écrire, les morts – dans publie.net, voir aussi le texte de Jacques Josse, Dormants. Il y a besoin de tous ces croisements pour présenter ensemble visage de langue devant la mémoire.

Les images de folie qui courent sous ce texte (voir ci-dessous) ne sont pas si loin de certains chapitres des Vies minuscules.

Le chemin qui va de l’expérience personnelle et à l’engagement d’écrire, à ces objets d’étendue, d’architecture, est un chemin par étapes. Daniel Bourrion les a passées une à une : il a publié dans différentes recueils et revues (et tient à rendre hommage à la revue Diérèse qui avait accueilli des extraits d’Incipit.

L’atelier de Daniel Bourrion est à ciel ouvert : Terres.... A découvrir Incipit dans son ampleur, c’est bien le paradoxe om nous oeuvrons tous : la littérature est aussi bien dans l’expérience blog que dans l’expérience lente du texte long. Mais elle doit rester indivisible là où nous lui manifestons sa présence, dans cet espace ici de transmission.

FB

A lire aussi, de Daniel Bourrion, sur publie.net : En ce soir.


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