François Salvaing | Du réel, de l’imaginaire, de l’écriture

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Détails

Auteur : François Salvaing
Publication :14/03/2008
Langue :Français
Pages :50
Collection :L'Atelier des écrivains
ISBN :978-2-81450-071-6

Description

L’idée est venue de ces propos de François Salvaing :

Quand j’écris une nouvelle, je cherche " la foudre ". Une trajectoire nette, vive, fulgurante, qui va vers sa fin, parfois avec des méandres, mais toujours avec un mouvement souterrain imparable. Il arrive que ce soit seulement en cours de route que je découvre ce que l’histoire a de foudroyant... Quand je m’ensable, c’est que la nouvelle n’est pas bonne, alors je l’abandonne.

Par rapport à ce feu, le roman ressemble à de l’eau libre, avec des digressions possibles, des dérives, des bras morts. Mais si je n’avais pas écrit de nouvelles, mes romans ne seraient pas ce qu’ils sont, en particulier le plus récent, La Boîte (Fayard), au trajet net, un ensemble de segments aux histoires entremêlées... Peut-être même ces romans-là n’auraient-ils jamais été.

Je suis un écrivain "hors norme", qui change constamment de curiosités, de domaines à explorer. De purs désastres (Balland, 1990, et Folio), c’est la tentative d’organiser des textes (parfois très brefs, cinq à dix lignes) autour d’un thème : l’invasion, la conquête et l’enlisement du conquérant, avec une couleur historique corrodée par des éléments anachroniques. La Marée du siècle (Fayard, 1997) est un recueil de nouvelles qui ont pour seul point commun le " je " des différents narrateurs et narratrices. Au contraire de Purs désastres, l’effet recherché est l’effet de réel. J’ai compris avec ce recueil qu’il ne faut pas alors reproduire simplement les choses, si étonnantes soient-elles. Tout se joue dans l’écriture avec une "présence" nouvelle, l’apport de l’imagination, parfois même la perversion sur l’histoire.

Chaque auteur, entre deux livres, en cours de livre, revient à son chantier, prend distance, devient lui-même son lecteur.

Pour François Salvaing, il y a un enjeu de plus : la confrontation avec le réel est direct. Qu’il s’agisse du trajet politique et de l’organisation politique (Parti), de la hiérarchie dans les relations sociales policées du monde en costume cravate (La Boîte), d’une retraversée d’enfance via portrait de ville (Casa), ou de ce livre qui résultait d’une année de rendez-vous hebdomadaire en audience correctionnelle à Paris, Vendredi, 13ème chambre, ma compréhension du réel qui m’entoure inclut ce dont François Salvaing en a rendu visible.

Dans son ordinateur, ces entretiens, articles, interventions, sont regroupées dans un dossier qu’il intitule Papiers défroissés.

Les trois études qu’il a retenues pour publie.net concernent directement le regard (le premier texte est sur l’objectif de photographie, et qui s’ensuit pour l’écriture de l’existence même de la photographie), et la genèse des livres : le réel source, le fondement imaginaire, et comment ce qui en catalyse se réinvente hors de soi-même, de façon unique et non reproductible, en chaque livre, gardant pourtant ces trois tenseurs.

J’insère ci-dessous, en exemple, deux articles de © L’Humanité, Alain Nicolas sur Casa et Michel Guilloux sur Parti.

Et on se reportera aux formes brèves pour Salvaing conteur avec réel, dans Les deux Roger.


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